Catégorie: Rêve

☆ Horoscope novembre 2017- Trouve ta witch « Decide what is sacred to you… » Starhawk ☆

« …and put your best life energies at its service. Make that the focus of your studies, your work, the test for your pleasures and your relationships. Don’t ever let fear or craving for security turn you aside.  »

Starhawk, The Spiral Dance

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Une fois par mois, je m’assois et j’étudie l’alignement des planètes des prochains 30 ou 31 jours à venir pour toi. J’intuitionne, avec mes livres d’astrologie antirubrique de magazine pis mes antennes ultra-cosmiques, un horoscope avec des guidelines, des choses à réfléchir, des idées à approfondir pour ton signe et ton ascendant. Ce mois-ci, ça se passe sur le thème de

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L’Halloween est finie, mais ce n’est pas le temps d’abandonner la sorcière en toi. Je parle de celle qui sait comment se guérir et guérir les autres, de celle qui sait utiliser son intuition pour ouvrir le monde, pour le rendre plus grand toujours plus grand. Je parle de celle, qui, simplement, connaît les forces des herbes, des encens et des objets qui l’entourent, celle cultive son rapport énergisant avec la nature et qui sait trop bien que la magie est concrète, qu’elle n’est rien d’autre qu’un rapport lucide aux différentes réalités qui se côtoient. Elle ne redoute pas le bûcher, au contraire, elle a confiance en la nécessité de ses actions.

Ce mois-ci, je t’ai concocté quelques affirmations qui, je l’espère, t’aideront à trouver la witch en toi et t’indiqueront où exercer tes pouvoirs. Je t’ai ajouté des herbes à infuser et  une huile essentielle à diffuser.

Witchcraft takes its teachings from nature, and reads inspiration in the movements of the sun, moon, and stars, the flight of birds, the slow growth of trees, and the cycles of the seasons.

Starhawk

Éléments marquants :

On a déjà commencé le mois dans la vitalité, l’énergie, la force avec une pleine lune en Taureau le 3 novembre passé, durant la nuit. Mercure brûle dans la constellation de la liberté, celle du Sagittaire, le dimanche 5 novembre. Le mardi 7 novembre, Vénus visite le Scorpion. Vesta roule chez le Scorpion à son tour le 15 novembre. La nouvelle lune du 18 novembre est en Scorpion. Le 21, le soleil illumine la constellation du Sagittaire.

*Le féminin est employée pour envoûter le texte

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♈ Bélier

En ce mois de novembre, j’entraine mon esprit à se concentrer sur l’essentiel afin de ne pas dissiper ma précieuse énergie dans des projets, des sorties, des discussions qui me ralentissent, qui m’amortissent. Je me souviens que j’ai des alliées, réelles comme fictives, qu’elles sont précieuses, spécialement lors de mes prises de décision. Je les consulte sans orgueil, ni censure. Je sais que je dois apprendre à cultiver ma patience pour ressentir la paix intérieure et connecter avec mon véritable pouvoir : celui de dire ma vérité. De la vivre, aussi. Avec courage, comme toujours. Je me lie à ceux et celles qui l’accueillent, mais aussi à ceux et celles qui remettent en question mes croyances. Je me questionne sans me critiquer ou me marteler. Je m’accueille avec une nouvelle sérénité et c’est dans ce calme profond, au milieu de la forêt que je visite ou au cœur de laquelle je m’imagine régulièrement, que je reconnecte avec ma witch et son pouvoir de créer.

Herbes à infuser : Lavande et camomille

Huile essentielle à diffuser : Oranger

 

♉ Taureau

En ce mois de novembre, j’apprends à rassembler les mondes : mes mondes qui sont en apparence parallèles. Ma sensibilité et ma férocité. Mon calme imperturbable et mon angoisse profonde. Mes larmes et ma colère. Je cherche un terrain d’entente dans mon corps. Un lieu où tout ça peut s’harmoniser. Je recherche l’équilibre qui me permettra de sortir de mes montagnes russes pour regarder la mer à perte de vue sans ne penser à autre chose qu’à la beauté de ce que je vois, de ce qui m’habite aussi. Chaque fois que quelque chose me perturbe, je retourne à cette image : la mer. Je suis un signe de Terre, mais j’apprends aussi à être « eau » : forte et fluide à la fois. Je « décontracte » mon identité et j’apprends à me reposer, physiquement et mentalement. Je retrouve ma witch dans l’apprivoisement de cette vastitude.

Herbes à infuser : mélisse et une pincée de valériane

Huile essentielle à diffuser : Lavande

 

♊ Gémeaux

En ce mois de novembre, j’apprends une nouvelle forme de détachement. Je laisse circuler les pensées obsessives, les sentiments prenants. Je ne me détache pas pour devenir apathique, au contraire. Je me détache pour mieux m’engager dans le monde à partir de qui je suis, à partir de mes besoins, pour mieux connecter avec les autres par la suite. Je suis patiente avec moi: je reconnais qu’il est difficile de se défaire des vieilles habitudes mentales comme celle de vouloir tout comprendre, tout analyser. Je me détache en me disant que c’est une question de survie : je dois cultiver mon énergie et accueillir ma vérité plutôt que d’essayer de comprendre en vain tout ce qui habite les autres. Je les laisse venir à moi et me divulguer ce qu’ils souhaitent. Je ne prends pas personnels les rejets ou les échecs, je me recentre sur moi, sur mes projets. Je visite régulièrement les parcs ou la nature pour m’asseoir au pied d’un arbre à qui je confie tous mes soucis. C’est là que je retrouve ma witch et, avec elle, ma joie de vivre.

Herbes à infuser : Thym citronné et camomille

Huile essentielle à diffuser : Eucalyptus radié

 

♋ Cancer

En ce mois de novembre, je me donne tous les droits d’être casanière. Je reconnais que je retrouve mes forces auprès de ceux et celles que j’aime et au milieu de mes affaires. Je ne me culpabilise pas avec cette idée qu’il faut faire des choses utiles ou productives, car je comprends que cette pensée ne me propulse pas vers l’avant, mais qu’elle amoindrit mon énergie et m’éloigne de qui je suis. Je retrouve mon centre et je crée à partir de mon foyer. Je comprends que les gens qui s’éloignent de moi ne le font pas contre moi, mais simplement parce que chacun aime prendre la mesure de sa liberté, de son espace. Je m’imagine leur offrir cet espace dont ils ont besoin sans me sentir heurtée par la distance, l’absence. Je me recentre, je lâche la performance et je m’amuse avec mon sens du fashion. J’essaie des nouvelles affaires avec mon linge, mes meubles ou ma déco. Ça a l’air anodin, mais c’est avec des choses comme ça que je retrouve ma witch, son pouvoir et sa magie.

Herbes à infuser : Hibiscus et fleurs de framboisiers

Huile essentielle à diffuser : Sapin baumier

 

 ♌ Lion

En ce mois de novembre, j’apprends à faire confiance à mon intuition. Je me recentre dans mon corps, dans ses sensations pour déterminer mes envies et mes besoins. Je sors de ma tête et je laisse les drames de côté pour apprivoiser ce qui se déroule dans le moment présent. Je réalise que les gens sont multifacettes et que je n’ai pas à les rejeter en bloc parce que certains traits de leur caractère me rebutent. J’apprends à voir leur beauté, leur qualité, ce qui me permet à mon tour de cesser de me laisser envahir par la critique intérieure. Je deviens moins exigeante et je comprends que cela me permet de m’ouvrir à davantage de possibilités sans entraver ma rigueur intellectuelle. Je comprends que ma force et ma lucidité ne reposent pas sur le jugement des autres, mais sur l’accueil et la compréhension des différentes situations dans lesquelles les autres et moi-même nous trouvons. Je fais l’effort de repartir à neuf chaque matin pour voir le monde de manière renouvelée, ce qui m’empêche de m’enfoncer dans des situations qui me prennent mon énergie et m’empêchent de me guérir. Je prends conscience du cycle des saisons, de la lune et du soleil, car c’est dans la conscience du renouveau que je retrouve ma witch et, avec elle mon enthousiasme.

Herbes à infuser : Menthe poivrée et un peu d’ortie

Huile essentielle à diffuser : Cèdre

 

♍ Vierge

En ce mois de novembre, je m’efforce de mettre entre les mains de l’univers les petits détails concernant mon quotidien, mes relations, mes projets. Si le fait de m’y attarder me donne l’impression d’avoir du contrôle sur ma vie, je réalise aujourd’hui que cela m’empêche de profiter pleinement de chaque instant, de savourer mes avancées et d’entamer de nouvelles choses qui correspondent davantage à qui je suis.  J’apprends à me soucier des autres sans m’acharner sur leurs faiblesses, sans m’approprier leurs problèmes. Je reconnais que, dans le détachement, je suis davantage en mesure de les soutenir et de les aimer. Je garde en tête que le détachement n’a rien à voir avec l’apathie dans laquelle je verse parfois pour ne pas ressentir. J’apprends plutôt à trouver mon équilibre dans l’empathie. Je réalise que je n’ai pas à avoir peur d’être empathique, que cela ne veut pas dire d’absorber les émotions des autres, au contraire, cela requiert que je me préoccupe d’abord de moi-même, que je développe ma propre force. Je me rends régulièrement près d’une source d’eau, réelle ou imaginaire, et je lui confie mon souci des détails. C’est comme cela que je retrouve ma witch et, avec elle, mes guts.

Herbes à infuser : Sauge et trèfle rouge

Huile essentielle à diffuser : Arbre à thé

 

♎ Balance

En ce mois de novembre, j’apprends à effriter l’image que je me suis construite pour retrouver mon véritable centre d’énergie. Je réalise que le décalage entre qui je suis et ce que je cherche à projeter ne m’apporte pas la paix intérieure, au contraire, cela m’angoisse. Je m’efforce chaque jour de m’exprimer avec authenticité. Je prends le temps de respirer et de me connecter à ce que je ressens vraiment. J’agis à partir de ce guide que représentent mon corps et les multiples sensations qui l’habitent. Ma conception de l’amitié se limite souvent au fait de me lier à des gens que je considère « comme moi » ou de la « même valeur ». Tout ça, je l’évalue de l’extérieur. J’échange peu à peu cette conception erronée de l’amitié pour cultiver la connexion. Je ne me fie pas aux apparences et je laisse la chance à de nouvelles personnes d’entrer dans ma vie pour m’enrichir et m’énergiser. Je garde près de moi une roche que j’ai trouvé ou acheté quelque part. Je la tiens dans ma main et lui lègue mon souci des apparences, car c’est lorsque celui-ci me quitte que je retrouve ma witch et, avec elle, le bonheur de la découverte.

Herbe à infuser : Cardamome

Huile essentielle à diffuser : Petit grain bigaradier

♏ Scorpion

En ce mois de novembre, je m’efforce d’effriter les couches de protection qui m’empêche d’être spontanée, d’aller vers les autres. Je réalise que je ne suis pas en danger quand je m’expose au rejet et qu’il me faut apprendre à le ressentir une bonne fois pour toutes. Je tente de nouvelles choses avec courage, sachant qu’en cas d’échec, il n’y aura pas de conséquences majeures sinon des émotions à prendre soin. Je réalise que je suis capable de les vivre, ces émotions, de respirer dedans et de passer à autre chose. Je comprends que ma manière de vouloir atteindre mes objectifs et de vouloir obtenir de la reconnaissance, est erronée. Ce n’est pas à s’accrochant à un but ou en faisant mille et une stratégies que l’on finit par être appréciée et reconnue pour qui l’on est. Je fais donc l’effort de rester authentique quand je pose des actions et émets des opinions. Je me place dans mon cœur et je ne force pas les choses. J’aligne mes intentions, je pose des actions bien dirigées et je laisse la vie faire son travail. De cette manière, j’apprends à me faire confiance, à moi, aux autres et à la vie. Je retrouve ainsi ma witch et, avec elle,  mon énergie vitale.

Herbe à infuser : Menthe poivrée

Huile essentielle à diffuser : Ylang ylang

♐ Sagittaire

En ce mois de novembre, je remets en question ma définition de la réussite qui, bien malgré moi, repose trop souvent sur l’acquisition d’emplois, d’objets et même de personnes. Cette manière de voir m’empêche de connecter à mon véritable pouvoir qui est bien plus subtil que le charme que j’exerce sur les autres. J’aime être populaire, mais ce n’est pas en versant dans la complaisance que les liens se tissent de manière véritable et durable. Au contraire, il se peut que les gens les plus authentiques se détournent de moi puisqu’ils redoutent mon côté caméléon et séducteur. Or, au fond de moi, je recherche ardemment la connexion. Si je ne le fais pas déjà, c’est un bon moment pour apprendre à méditer. Idéalement au pied d’un arbre. Ce genre d’exercice me permet de me recentrer sur l’essentiel et d’aller vers les autres à partir de qui je suis. J’apprends à accueillir avec amour le fait que certaines personnes ne tombent pas sous mon charme, que d’autres me méprisent. Je leur donne le droit et, en même temps, je m’autorise à ne pas avoir envie d’être en contact avec certaines personnes moi aussi. De cette manière je retrouve ma witch et utilise mon énergie avec plus de finesse.

Herbes à infuser : Mélisse citronnée

Huile essentielle à diffuser : Jasmin

 

♑ Capricorne

En ce mois de novembre, je prends conscience de la nécessité qui m’habite depuis trop longtemps : celle de m’accrocher à quelque chose ou à quelqu’un. Je ne supporte pas le vide ou la véritable solitude parce que cela m’oblige à faire face à des émotions intenses qui pourtant m’appartiennent. Je réalise que je dois apprendre à les apprivoiser, même si ma vie est relativement stable et que mes besoins sont comblés. Je sais que cette douleur existe et ma fuite régit subtilement mes actions dans le monde. J’apprends à aimer les autres de manière plus détachée en reprenant tranquillement mon pouvoir, en reconnaissant ma responsabilité face à mon bonheur et à mes besoins. Avant d’accuser quelqu’un d’autre ou une situation pour la manière dont je me sens, je prends le temps d’identifier mon besoin et de voir les différents possibles quant à la manière de le combler. De cette manière, je retrouve mon pouvoir dans le monde. Je suis en contact avec ma witch et mon énergie me propulse vers ce qui m’anime véritablement

Herbe à infuser : fleurs de tilleul

Huile essentielle à diffuser : Pamplemousse

 

♒ Verseau

En ce mois de novembre, je prends conscience que j’ai besoin de détachement pour réaliser les projets qui me tiennent à cœur, mais aussi pour mener mes luttes, petites et grandes. Je comprends que le détachement n’est pas de l’apathie, qu’il me permet de m’engager sans me vider de mon énergie. Je ne me soucie pas des détails, car je fais confiance en la vie pour les prendre en charge. Je m’occupe d’agir en fonction d’intentions que j’apprends à clarifier afin de manifester dans le monde ce qui m’anime le plus. Je me dépouille des voix de l’adversité, réelles ou fictives, avant de prendre des décisions importantes. Je retrouve ainsi mon centre qui brille indépendamment de ce que pensent les autres. Je me détourne volontairement des débats que je ne saurais remporter et utilise mon énergie là où les combats sont utiles. Je comprends que je n’ai pas besoin de détruire quoi que ce soit avant de construire ce qui pour moi contribue à l’édification d’un monde meilleur. Je retrouve ainsi ma witch et mon véritable pouvoir d’action.

Herbes à infuser : pissenlit et trèfle rouge

Huile essentielle à diffuser : bois de rose

 ♓ Poisson

En ce mois de novembre, j’apprends à m’ouvrir et à être plus flexible. Je sais que la fluidité fait partie de ma nature, mais récemment, je ne parviens pas à l’atteindre. Je perds ainsi contact avec mon pouvoir et la magie de la vie, de ses synchronies. Je suis prise par trop d’angoisse lorsque je sors du cadre que je me suis imposé pour me protéger des autres, de leurs besoins que je voudrais trop souvent combler. Je leur redonne mentalement chacun la responsabilité de leur vie, car cela me permet de sortir de mon cocon pour voir s’épanouir un de mes plus grands dons : celui de l’intuition. Je m’efforce de respirer profondément lorsque des nouvelles situations m’insécurisent. Je comprends que je suis capable de faire de chaque lieu en ce monde ma maison. Cela, je le fais en me créant des frontières, des filtres à travers lesquels les énergies nuisibles ne pourront pas entrer. J’en prends conscience peu à peu sans être trop exigeante envers moi-même. Peu à peu, au fil de l’édification de ces frontières, je retrouve ma witch et mon pouvoir dans le monde.

Herbes à infuser : Mélisse et valériane

Huile essentielle à diffuser : Lavande

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Yet to reclaim the word witch is to reclaim our right as women to be powerful.

Starhawk

 

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Les vents stellaires

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Tout était ancré dans les nuages si l’on peut appeler ça un ancrage. Les arbres déchargeaient leurs racines dans les cumulus qui traçaient des éclairs pour rejoindre la croute terrestre. J’avais toujours pensé que les choses étaient solides et durables sous mes pieds, mais là, je réalisais qu’elles n’étaient que de brèves et intenses lueurs ramifiées. On creusait naïvement les fondations de nos maisons dans ces amas naturels de gouttelettes d’eau. En dessous de nos habitations, il y avait des squelettes humains qui tombaient, qui rentraient dans le sol pour aller rejoindre le manteau terrestre. Tout ce qu’on érigeait tenait sur la disparition de nos ancêtres. En suspension dans l’atmosphère, il fallait maintenir l’équilibre entre nos ascendants et notre ascension, il fallait accueillir la mort comme notre propre fondation. Sinon, on allait s’écrouler pour de bon. Le feu du soleil traversait les lignes des stratus. Les rayons se liquéfiaient durant le processus. Je réalisais que ce que j’avais toujours appelé « la pluie » était en fait des particules de lumière. Elles cherchaient à rejoindre la nappe phréatique après avoir recueilli les odeurs subtiles de notre peau. Moi qui suis confuse depuis des mois, j’apprenais que la clarté était toujours accessible à qui savait reconnaitre son prisme dans les offrandes du ciel.

Je pensais que j’étais en chute libre dans le monde que je redécouvrais, mais une sensation de légèreté m’a rappelé que j’étais supportée par le même parachute que mon fils m’avait dessiné. C’était peut-être pour me montrer que la vie se trouvait dans l’atmosphère et pas seulement sur la Terre. Elle provenait de l’univers qui nous renvoyait tout le temps sa lumière et, avec elle, sa chaleur. Les photons portaient le message qu’à notre naissance, on étaient des feuilles d’automne déjà rougies, détachées de leur rameau. On étaient arrivées pour préparer la dormance de nos mères, la semence de nos filles. On avait d’abord été bercées durant des milliards d’années par les vents stellaires, pis transportées jusqu’ici pour réapprendre la liberté dans la pesanteur et la douleur. Le même souffle sidéral nous offrait la grâce de mourir sur nos nervures avant de retourner dans l’aventure. Je me suis réveillée en me demandant pourquoi, mais POURQUOI, j’avais tant de mal à me déposer.

Les possibles

Je t’ai dit que c’était terrible parce que je réalisais que je ne voulais pas m’engager dans la vie et ça t’a fait sourire à cause de tous mes diplômes, de tous mes projets, pis de nos enfants, pis du fait que tu aies été le seul homme dans ma vie, mais je t’ai dit que tu comprenais mal ce que je voulais dire, que dans ma tête, je ne m’engageais pas, que je vivais au CARREFOUR DE TOUS LES POSSIBLES, que c’était dans ce carrefour que je voulais m’enraciner, là où je n’avais pas à faire de choix, là où je n’avais pas besoin de prétendre avoir un contrôle sur ma vie. Je t’ai dit que je me sentais prise dans une sorte d’ÉTHER de potentialités avec mes CRISTAUX pis mon crisse de TAROT, un ÉTHER duquel je ne savais pas comment sortir et que c’était pour ça que je voulais qu’une ARCANE MAJEURE ou qu’un ALIGNEMENT DE PLANÈTES choisisse pour moi, que c’était ça l’affaire, que ce n’était même pas une question de liberté, parce qu’au contraire,

« JE SUIS LIBRE COMME L’AIR SO PUT ME IN A FUCKING BOX I WON’T COMPLAIN JE TE JURE MAIS SCELLE LES JOINTS BEN COMME FAUT POUR PAS QUE J’ME FAUFILE »

Tu m’as dit BON BON BON, calme-toi, je suis là pour toi. J’ai dit : non. Arrête. Je t’ai quitté. T’as dit ouin pis.

L’autre jour, j’ai rêvé que j’étais dans une PISCINE, que le ciel était BLEU. Je me suis même dit « c’est les tropiques ici, c’est MERVEILLEUX». Toi tu étais sur le bord, tu réparais nos affaires. Je me vautrais sous l’eau, je veux dire, tu sais comme j’aime nager, comme j’aime être immergée. À un moment, je me suis rendu compte qu’il y avait une TOILE sur la piscine, que je ne pouvais même PAS VOIR à l’extérieur. Je me suis dit que tu l’avais mise là pour me protéger, comme d’habitude. J’étais euphorique. Je me roulais dans l’eau chaude : rien ne pouvait m’arriver. Je n’avais même pas peur de manquer d’air. Je pouvais encore m’imaginer le ciel BLEU. TOUT ÉTAIT POSSIBLE. À un moment, j’ai nagé jusqu’au bord de la piscine et j’ai soulevé la TOILE. Tu t’es penché avec un sourire bienveillant. Je t’ai demandé si le ciel était toujours aussi BLEU. Tu as ri chaleureusement en me disant doucement « pas vraiment, non : c’est l’hécatombe ici, Pattie !». J’ai soulevé un peu plus la TOILE et j’ai regardé le ciel : les nuages noirs, OPAQUES, bougeaient vraiment, mais vraiment trop vite. Ils s’accumulaient vers nous. C’était terrifiant. Tout allait exploser, tout allait nous emporter, tout allait nous détruire. Je suis sortie à la course me mettre à l’ABRI. Il faisait froid. Je tremblais. T’étais calme, tu rangeais lentement nos affaires en me lançant des regards rassurants. C’est qu’il y avait quelque chose qui se jouait entre moi et la tempête. J’étais comme connectée à elle. Je savais exactement à quel moment il y aurait des coups de tonnerre, je veux dire, je les sentais venir dans tout mon corps. Tout devenait irrémédiable. On aurait dit que LA TEMPÊTE, C’ÉTAIT MOI. J’avais tellement fucking peur.

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