Catégorie: Rêve

Trouver sa voix : petit guide pratique pour cesser de crier tout bas

Texte de ma communication-témoignage présentée à la table-ronde « Témoignages, oralités, visualités » lors du colloque Des voix qui s’élèvent à l’UQAM jeudi dernier.

Dans son texte « L’écriture comme une hache », la poète Carole David est la seule à avoir souligné l’absence de ma mère dans mon livre Mettre la hache, un livre qui porte pourtant sur l’inceste. Ainsi, elle écrit « La mère absente n’est évoquée qu’une seule fois ». Aujourd’hui, j’avais envie de remédier à cette absence et de vous raconter quelque chose au sujet de ma mère. Quelque chose que me rappelle le thème de ce colloque. Quelque chose qui est au cœur de mes propres processus de création : tous les jours ou presque, ma mère travaillait sa voix. Elle le faisait à l’aide d’un livre qui a inspiré le titre de cette communication : Trouver sa voix, petit guide pratique de travail vocal.

 

Trouver sa voix.jpgOn ne lit pas un tel guide comme on lit n’importe quel livre, c’est-à-dire en silence et de manière linéaire : non! On choisit quelques passages, puis on les répète chaque jour pour un certain temps, à haute voix, avec les indications prescrites et la mise en situation qui nous est suggérée. Tout ça, on le fait dans l’attente d’une transformation. Ainsi, il y avait un exercice qui demandait à la lectrice de répéter à maintes reprises l’expression « y’a quelqu’un? ». Elle se servait du

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comme d’un élan et insistait sur le

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en faisant résonner le tout dans sa cage thoracique. Cela donnait quelque chose comme

« y’a quelqu’unnn? »

Ainsi, à ma mère qui travaillait sa voix, seule dans sa chambre, ma sœur et moi répondions toujours en riant :

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Puis elle continuait, elle insistait :

« y’a quelqu’unnn? »

J’ai réalisé récemment, en fouillant dans ledit livre, que cet exercice portait le nom du magasin vide. L’auteur l’annote de la manière suivante :

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La castration vocale. Au sens de la voix sonore, mais aussi de l’expression  d’une voix sous toutes ces formes, voilà l’un des phénomènes qui m’habitent, contre lequel je m’exerce dans ma pratique d’auteure. Il est difficile de trouver sa propre voix. Il faut dire qu’elle n’est pas une structure objective donnée une fois pour toutes. La voix est un comportement corporel ou intellectuel acquis. Ce qu’il y a dans notre corps, nos expériences, par exemple, se trouvent dans notre voix, quelque part, comme des tensions, des inflexions, mais aussi des habitudes de langage, des croyances. C’est à la fois ce qui fait sa singularité, mais aussi la possibilité de la changer.

Bien avant d’écrire Mettre la hache, je me suis intéressée au cri, car il me semblait qu’il s’agissait-là de la voix brute et que dans ce cas précis, le son de notre propre voix peut nous surprendre. Le cri a quelque chose d’incontrôlé et de non filtré par la pensée. En 2013, j’ai donc élaboré un petit projet qui consistait à faire l’inventaire des endroits où je m’étais permis de crier à Montréal sur une carte Google.

Trouver sa voix (4).jpgOn y retrouve l’adresse de chez ma mère, on y retrouve aussi l’hôpital Sainte-Justine où j’assume avoir crié lors de ma naissance. Il y a également un local de l’UdeM où je suivais des cours de chant et la Maison de naissance Côte-des-Neiges où j’ai mis mes enfants au monde. Constatant qu’il y avait très peu de lieux où j’avais crié, j’ai commencé à répertorier les endroits où j’avais eu envie de crier, où je m’étais retenue : à l’épicerie PA où les gens se foncent dedans avec leur panier, à l’UQAM pendant que je rédigeais ma thèse dans un petit local pas de fenêtre. Les points GPS y sont beaucoup plus nombreux. C’est qu’on ne peut crier que dans certaines circonstances! Au fil de la création de mon inventaire, je réalisais que, la plupart du temps, comme bien d’autres gens, et dans bien des situations, je refoulais le cri, je criais tout bas. Ma voix « brute », physique ou écrite, je la retenais.

Surtout, je me confinais à une voix à laquelle je m’identifiais, dans le contexte où je me trouvais. Dans le contexte universitaire, je me dissimulais derrière ma voix universitaire, sérieuse et soutenue, que j’avais peaufinée au fil des années, mais qui n’était pourtant jamais assez. Durant l’aventure du doctorat, je me suis intéressée à ma voix en tant qu’historienne de l’art en rapport avec les œuvres que j’analysais, puisqu’il s’agissait d’œuvres web, souvent engagées, interactives. Fallait-il que je m’efface? Fallait-il que je m’exprime? Où devais-je me situer pour analyser des œuvres interactives? Comment j’allais placer ma voix (pour reprendre une expression de technique vocale)? Je tendais irrémédiablement vers les œuvres qui, selon moi, avaient le pouvoir de transformer mon rapport au monde. Comment allais-je pouvoir en parler avec une voix figée, immuable, détachée, retenue? Si ces œuvres s’animaient ainsi pour moi, pour les comprendre, je devais participer, m’engager et, dans certains cas, prendre le risque de la vulnérabilité : prendre le risque que ma voix change.

C’est ce que j’ai fait pour analyser l’œuvre web Mouchette.org de Martine Neddam, par exemple. Pour ceux et celles qui ne la connaissent pas, c’est une œuvre en ligne qui remixe la Mouchette du film de Robert Bresson et qui met en scène une petite fille suicidaire. Au fil de la navigation, il y a de nombreux signes qu’elle aurait été abusée.

Trouver sa voix (5).jpg L’œuvre offrait par des procédés de logins à tous et à toutes la possibilité de devenir Mouchette, d’ajouter du contenu. Puisqu’il n’était plus possible de l’incarner lors de la rédaction de ma thèse, j’ai entamé un dialogue avec le personnage par blogue interposé. J’y ai mis des photographies de moi, enfant, cadrées comme celles qu’on retrouve sur le site Web de Mouchette.org puis ces photos se sont retrouvées sur son blogue à elle et ainsi de suite.

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Je lui ai écrit des lettres, lui parlant à mon tour d’expériences de mon enfance, intégrant des éléments importants de l’œuvre, que j’ai publiées sur mon blogue.

Trouver sa voix (7).jpgPeu à peu, j’étais en train d’analyser l’œuvre, de faire émerger du sens, de manière très investie. Cet aspect de l’analyse me permettait d’approfondir mon expérience de l’œuvre, en créant une connexion avec elle. Ce type d’expérimentations plaçait, chaque fois, pour chaque œuvre, ma voix. Avec ces interventions, mes analyses, il me semble, n’en étaient que plus conséquentes. Du moins, j’avais l’impression qu’elle rendait justice à la profondeur et à la complexité des œuvres et à leur engagement.

Parallèlement à la rédaction de ma thèse et à cette correspondance, j’avais une pratique active de blogueuse, je devenais de plus en plus Pattie O’Green. C’est en me créant cette nouvelle voix que je suis arrivée à écrire un livre sur l’expérience douloureuse de l’inceste. On dit que le pseudonyme m’a servi à briser le silence dans Mettre la hache, en partie parce qu’il me permettait de dissimuler ma véritable identité. Cette idée revient souvent, et ce n’est pas complètement faux, mais selon ma propre expérience, je dirais plutôt que le pseudonyme a été une des stratégies utilisées pour me créer un espace de silence : un magasin vide dans lequel je pouvais élever la voix, comme dans l’exercice que faisait ma mère. C’est en déliant mon écriture de toutes mes habitudes que j’ai pu peu à peu créer cette voix. Le pseudonyme n’avait rien d’une dissimulation, c’était vraiment le point de départ d’une création, une manière d’ouvrir les possibles. Je parle de ce phénomène dans Mettre la hache, lorsque je décris l’utilisation du pseudonyme chez la blogueuse et artiste hypermédiatique Penelope Trunk, aussi victime d’inceste :

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Je cherchais aussi à faire en sorte que les lecteurs et les lectrices ne puissent pas me contourner. Pour cela, il aurait fallu qu’ils soient capables de me cerner. On aborde souvent un livre par le genre auquel il appartient. En travaillant sur Mettre la hache, j’essayais de ne pas appartenir à l’un d’entre eux. J’ai vu que mon livre était dans la section roman de Renaud-Bray, je l’ai trouvé en Poésie au Port de tête, après tout, il y a le mot slam dans le titre. On parle également de témoignage, c’est comme cela que Catherine Perrin en est arrivée à me poser une question croustillante sur ma sexualité à Radio-Canada. On parle aussi d’autofiction et cela m’effraie, car les auteures d’autofiction, comme je l’ai écrit dans un livre collectif sur Nelly Arcan, ne sont

 

Trouver sa voix (9).jpg Je ne voulais pas qu’on m’entasse dans une catégorie.

Je ne voulais pas non plus être la bonne Québécoise francophone qui prend bien soin de sa langue, alors j’y ai mis des anglicismes. Je ne voulais pas qu’on me campe dans l’oralité, ou dans le langage universitaire. Il y a donc, dans mon livre, les deux. Ce n’est pas par snobisme ou par rébellion ou par désir de grande innovation que je tentais de m’évader de toutes ces filiations, c’est que je me disais que tout ça serait du bruit pour ne pas entendre ma voix.

Je me suis en quelques sortes positionnée en guerrière, car je ne voulais pas non plus faire partie de la grande famille des victimes d’abus sexuels. J’ai changé de nom pour ne plus faire partie d’une famille, du moins le temps d’un livre:

Pas de famille

=

Pas d’inceste

ni de comportements incestueux! L’inceste est une dynamique qui s’installe dans un contexte où l’on ressent une familiarité, une appartenance de part et d’autre. L’inceste est partout. Ce sont des gestes qui sont gardés secrets par une forme d’honneur, par peur de perdre l’appartenance. Je ne voulais pas être prise avec l’impression de devoir faire honneur à une appartenance quelconque. Je voulais rendre mon livre, mon espace de création, complètement infertile à tout ce que me rappelait l’expérience de l’inceste. Et essayer qu’au lieu de l’aveuglement des appartenances on puisse faire place à une véritable écoute.

Camille Toffoli écrit si justement au sujet de Mettre la hache :

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Voilà, je ne voulais surtout pas rassembler, mais offrir la possibilité d’une voix qui ne crie pas tout bas derrière les autres, au même diapason que les autres, ou encore pire, devant les autres ou en fonction des autres. Je ne dis pas qu’il n’est pas important de se rassembler, bien au contraire, mais j’avais une autre démarche dans ce cas précis. Faire vibrer quelque chose en l’autre? oui. Quelque chose qui l’amène un plus vers sa propre voix? Oui. J’aime bien l’idée qu’on lise Mettre la hache comme on revient dans une cabane, tel que l’écrit Julie Delporte dans une lettre qui m’est adressée dans la revue Moebius. Une cabane, pour reprendre ses mots, où l’on n’a pas « besoin de mourir pour atteindre le silence ». Une cabane où elle me raconte être allée pour disparaître, pour refaire ses énergies.

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Et de l’énergie, nous en avons besoin. Dans un texte plus récent « Accoter les aurores » en finale du livre collectif Faire partie du monde j’imagine une utopie. J’ai travaillé ce « genre » justement pour retrouver cette énergie qui propulse nos luttes. J’y décris un Montréal avec une nature qui explose, 100 ans plus tard. On aurait fait de l’autoroute métropolitaine un couloir vert pour les grands mammifères, on aurait inauguré une piste de ski de fond qui part du Mont- royal jusqu’au Jardin botanique, on aurait déterré des rivières et fait sauter par la même occasion tout plein de frontières que la nature ne connait pas. Je laisse entendre, dans ce texte, que cela aurait été possible parce que plusieurs auraient appris à disparaître. Des horticultrices, dans ce cas précis.

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Apprendre à disparaître, quel paradoxe! C’est complètement contre-intuitif. Je parle de trouver sa voix, de se mobiliser, de s’engager, de risquer la transformation. Mais justement, disparaître, c’est pour pouvoir agir, se manifester, mais à partir du « silence », plutôt que de réagir et par conséquent de devenir cet état de réaction au bruit ambiant. On ne peut mener une lutte bien longtemps lorsqu’on a l’impression de la tenir à bout de bras. On ne peut créer grand chose lorsque les bras sont toujours pleins. Dans mes pratiques actuelles en Kundalini, en horticulture et en écriture, je me questionne sur la possibilité de trouver un équilibre entre le sentiment d’urgence pour mettre fin à des situations d’injustice, que ce soit sur le plan environnemental ou social, et le courage d’un retour au silence pour créer des espaces, réels ou mentaux, où on peut séjourner, s’énergiser, vivre, sans être hantées par nos appartenances ou nos résistances. Sans verser non plus dans le cynisme ou l’indifférence.

Il me semble que pour mener des luttes contre tout ce qui nuit à ce que j’appellerais le vivant, à sa diversité, il faut aussi savoir se recueillir et se fondre un peu dans ce vivant, l’apprécier. Se souvenir qu’une véritable lutte, celle qui nous drive, ne s’inscrit pas contre quelque chose, mais POUR quelque chose. Enfin, ce sont mes préoccupations actuelles, car je vois mes compères tombées une à une et leur visage dit quelque chose comme cette jolie phrase de Julie Delporte « toutes mes femmes sont fatiguées ». J’essaie, en quelques sortes, de voir comment on pourrait conjuguer les luttes avec une forme d’abandon, réconcilier le fait de se manifester avec le fait de disparaître. En fait, j’essaie de voir si on ne pourrait pas vivre de manière permanente dans une cabane, en silence, tout en étant dans l’action, dans le monde.

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Pleine lune en Verseau

« the moon rides to the blue seas alone.« 
Virginia Woolf, The Waves

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Les mers sont lisses et sèches sur la lune. Comme elle, nous étions avides parce que nous ne pouvions rien avoir, nous ne pouvions rien identifier comme nôtre, pas même une petite réussite. Ce soir, nous la regarderons s’éclipser alors qu’elle traverse la constellation du Verseau, que Mercure rétrograde et que le désir d’accueillir la disparition devient plus fort que celui de la possession. Nous comprendrons que la lune ne jalouse pas nos mers, mais qu’elle les chevauche pour mieux dénuder les fonds marins, pour révéler ce qui reste en permanence, pour attirer notre attention sur ce qui est sans compromis. La pleine lune en Verseau tire les eaux, puis s’éclipse quelques instants afin que nous quittions la surface et que nous cessions d’inventer des histoires ayant pour prémisse l’horizon, l’illusion. Et, avec elle, nous apprendrons la plénitude même dans l’absence.

☆ Horoscope novembre 2017- Trouve ta witch « Decide what is sacred to you… » Starhawk ☆

« …and put your best life energies at its service. Make that the focus of your studies, your work, the test for your pleasures and your relationships. Don’t ever let fear or craving for security turn you aside.  »

Starhawk, The Spiral Dance

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Une fois par mois, je m’assois et j’étudie l’alignement des planètes des prochains 30 ou 31 jours à venir pour toi. J’intuitionne, avec mes livres d’astrologie antirubrique de magazine pis mes antennes ultra-cosmiques, un horoscope avec des guidelines, des choses à réfléchir, des idées à approfondir pour ton signe et ton ascendant. Ce mois-ci, ça se passe sur le thème de

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L’Halloween est finie, mais ce n’est pas le temps d’abandonner la sorcière en toi. Je parle de celle qui sait comment se guérir et guérir les autres, de celle qui sait utiliser son intuition pour ouvrir le monde, pour le rendre plus grand toujours plus grand. Je parle de celle, qui, simplement, connaît les forces des herbes, des encens et des objets qui l’entourent, celle cultive son rapport énergisant avec la nature et qui sait trop bien que la magie est concrète, qu’elle n’est rien d’autre qu’un rapport lucide aux différentes réalités qui se côtoient. Elle ne redoute pas le bûcher, au contraire, elle a confiance en la nécessité de ses actions.

Ce mois-ci, je t’ai concocté quelques affirmations qui, je l’espère, t’aideront à trouver la witch en toi et t’indiqueront où exercer tes pouvoirs. Je t’ai ajouté des herbes à infuser et  une huile essentielle à diffuser.

Witchcraft takes its teachings from nature, and reads inspiration in the movements of the sun, moon, and stars, the flight of birds, the slow growth of trees, and the cycles of the seasons.

Starhawk

Éléments marquants :

On a déjà commencé le mois dans la vitalité, l’énergie, la force avec une pleine lune en Taureau le 3 novembre passé, durant la nuit. Mercure brûle dans la constellation de la liberté, celle du Sagittaire, le dimanche 5 novembre. Le mardi 7 novembre, Vénus visite le Scorpion. Vesta roule chez le Scorpion à son tour le 15 novembre. La nouvelle lune du 18 novembre est en Scorpion. Le 21, le soleil illumine la constellation du Sagittaire.

*Le féminin est employée pour envoûter le texte

 ☆ ☆ ☆

♈ Bélier

En ce mois de novembre, j’entraine mon esprit à se concentrer sur l’essentiel afin de ne pas dissiper ma précieuse énergie dans des projets, des sorties, des discussions qui me ralentissent, qui m’amortissent. Je me souviens que j’ai des alliées, réelles comme fictives, qu’elles sont précieuses, spécialement lors de mes prises de décision. Je les consulte sans orgueil, ni censure. Je sais que je dois apprendre à cultiver ma patience pour ressentir la paix intérieure et connecter avec mon véritable pouvoir : celui de dire ma vérité. De la vivre, aussi. Avec courage, comme toujours. Je me lie à ceux et celles qui l’accueillent, mais aussi à ceux et celles qui remettent en question mes croyances. Je me questionne sans me critiquer ou me marteler. Je m’accueille avec une nouvelle sérénité et c’est dans ce calme profond, au milieu de la forêt que je visite ou au cœur de laquelle je m’imagine régulièrement, que je reconnecte avec ma witch et son pouvoir de créer.

Herbes à infuser : Lavande et camomille

Huile essentielle à diffuser : Oranger

 

♉ Taureau

En ce mois de novembre, j’apprends à rassembler les mondes : mes mondes qui sont en apparence parallèles. Ma sensibilité et ma férocité. Mon calme imperturbable et mon angoisse profonde. Mes larmes et ma colère. Je cherche un terrain d’entente dans mon corps. Un lieu où tout ça peut s’harmoniser. Je recherche l’équilibre qui me permettra de sortir de mes montagnes russes pour regarder la mer à perte de vue sans ne penser à autre chose qu’à la beauté de ce que je vois, de ce qui m’habite aussi. Chaque fois que quelque chose me perturbe, je retourne à cette image : la mer. Je suis un signe de Terre, mais j’apprends aussi à être « eau » : forte et fluide à la fois. Je « décontracte » mon identité et j’apprends à me reposer, physiquement et mentalement. Je retrouve ma witch dans l’apprivoisement de cette vastitude.

Herbes à infuser : mélisse et une pincée de valériane

Huile essentielle à diffuser : Lavande

 

♊ Gémeaux

En ce mois de novembre, j’apprends une nouvelle forme de détachement. Je laisse circuler les pensées obsessives, les sentiments prenants. Je ne me détache pas pour devenir apathique, au contraire. Je me détache pour mieux m’engager dans le monde à partir de qui je suis, à partir de mes besoins, pour mieux connecter avec les autres par la suite. Je suis patiente avec moi: je reconnais qu’il est difficile de se défaire des vieilles habitudes mentales comme celle de vouloir tout comprendre, tout analyser. Je me détache en me disant que c’est une question de survie : je dois cultiver mon énergie et accueillir ma vérité plutôt que d’essayer de comprendre en vain tout ce qui habite les autres. Je les laisse venir à moi et me divulguer ce qu’ils souhaitent. Je ne prends pas personnels les rejets ou les échecs, je me recentre sur moi, sur mes projets. Je visite régulièrement les parcs ou la nature pour m’asseoir au pied d’un arbre à qui je confie tous mes soucis. C’est là que je retrouve ma witch et, avec elle, ma joie de vivre.

Herbes à infuser : Thym citronné et camomille

Huile essentielle à diffuser : Eucalyptus radié

 

♋ Cancer

En ce mois de novembre, je me donne tous les droits d’être casanière. Je reconnais que je retrouve mes forces auprès de ceux et celles que j’aime et au milieu de mes affaires. Je ne me culpabilise pas avec cette idée qu’il faut faire des choses utiles ou productives, car je comprends que cette pensée ne me propulse pas vers l’avant, mais qu’elle amoindrit mon énergie et m’éloigne de qui je suis. Je retrouve mon centre et je crée à partir de mon foyer. Je comprends que les gens qui s’éloignent de moi ne le font pas contre moi, mais simplement parce que chacun aime prendre la mesure de sa liberté, de son espace. Je m’imagine leur offrir cet espace dont ils ont besoin sans me sentir heurtée par la distance, l’absence. Je me recentre, je lâche la performance et je m’amuse avec mon sens du fashion. J’essaie des nouvelles affaires avec mon linge, mes meubles ou ma déco. Ça a l’air anodin, mais c’est avec des choses comme ça que je retrouve ma witch, son pouvoir et sa magie.

Herbes à infuser : Hibiscus et fleurs de framboisiers

Huile essentielle à diffuser : Sapin baumier

 

 ♌ Lion

En ce mois de novembre, j’apprends à faire confiance à mon intuition. Je me recentre dans mon corps, dans ses sensations pour déterminer mes envies et mes besoins. Je sors de ma tête et je laisse les drames de côté pour apprivoiser ce qui se déroule dans le moment présent. Je réalise que les gens sont multifacettes et que je n’ai pas à les rejeter en bloc parce que certains traits de leur caractère me rebutent. J’apprends à voir leur beauté, leur qualité, ce qui me permet à mon tour de cesser de me laisser envahir par la critique intérieure. Je deviens moins exigeante et je comprends que cela me permet de m’ouvrir à davantage de possibilités sans entraver ma rigueur intellectuelle. Je comprends que ma force et ma lucidité ne reposent pas sur le jugement des autres, mais sur l’accueil et la compréhension des différentes situations dans lesquelles les autres et moi-même nous trouvons. Je fais l’effort de repartir à neuf chaque matin pour voir le monde de manière renouvelée, ce qui m’empêche de m’enfoncer dans des situations qui me prennent mon énergie et m’empêchent de me guérir. Je prends conscience du cycle des saisons, de la lune et du soleil, car c’est dans la conscience du renouveau que je retrouve ma witch et, avec elle mon enthousiasme.

Herbes à infuser : Menthe poivrée et un peu d’ortie

Huile essentielle à diffuser : Cèdre

 

♍ Vierge

En ce mois de novembre, je m’efforce de mettre entre les mains de l’univers les petits détails concernant mon quotidien, mes relations, mes projets. Si le fait de m’y attarder me donne l’impression d’avoir du contrôle sur ma vie, je réalise aujourd’hui que cela m’empêche de profiter pleinement de chaque instant, de savourer mes avancées et d’entamer de nouvelles choses qui correspondent davantage à qui je suis.  J’apprends à me soucier des autres sans m’acharner sur leurs faiblesses, sans m’approprier leurs problèmes. Je reconnais que, dans le détachement, je suis davantage en mesure de les soutenir et de les aimer. Je garde en tête que le détachement n’a rien à voir avec l’apathie dans laquelle je verse parfois pour ne pas ressentir. J’apprends plutôt à trouver mon équilibre dans l’empathie. Je réalise que je n’ai pas à avoir peur d’être empathique, que cela ne veut pas dire d’absorber les émotions des autres, au contraire, cela requiert que je me préoccupe d’abord de moi-même, que je développe ma propre force. Je me rends régulièrement près d’une source d’eau, réelle ou imaginaire, et je lui confie mon souci des détails. C’est comme cela que je retrouve ma witch et, avec elle, mes guts.

Herbes à infuser : Sauge et trèfle rouge

Huile essentielle à diffuser : Arbre à thé

 

♎ Balance

En ce mois de novembre, j’apprends à effriter l’image que je me suis construite pour retrouver mon véritable centre d’énergie. Je réalise que le décalage entre qui je suis et ce que je cherche à projeter ne m’apporte pas la paix intérieure, au contraire, cela m’angoisse. Je m’efforce chaque jour de m’exprimer avec authenticité. Je prends le temps de respirer et de me connecter à ce que je ressens vraiment. J’agis à partir de ce guide que représentent mon corps et les multiples sensations qui l’habitent. Ma conception de l’amitié se limite souvent au fait de me lier à des gens que je considère « comme moi » ou de la « même valeur ». Tout ça, je l’évalue de l’extérieur. J’échange peu à peu cette conception erronée de l’amitié pour cultiver la connexion. Je ne me fie pas aux apparences et je laisse la chance à de nouvelles personnes d’entrer dans ma vie pour m’enrichir et m’énergiser. Je garde près de moi une roche que j’ai trouvé ou acheté quelque part. Je la tiens dans ma main et lui lègue mon souci des apparences, car c’est lorsque celui-ci me quitte que je retrouve ma witch et, avec elle, le bonheur de la découverte.

Herbe à infuser : Cardamome

Huile essentielle à diffuser : Petit grain bigaradier

♏ Scorpion

En ce mois de novembre, je m’efforce d’effriter les couches de protection qui m’empêche d’être spontanée, d’aller vers les autres. Je réalise que je ne suis pas en danger quand je m’expose au rejet et qu’il me faut apprendre à le ressentir une bonne fois pour toutes. Je tente de nouvelles choses avec courage, sachant qu’en cas d’échec, il n’y aura pas de conséquences majeures sinon des émotions à prendre soin. Je réalise que je suis capable de les vivre, ces émotions, de respirer dedans et de passer à autre chose. Je comprends que ma manière de vouloir atteindre mes objectifs et de vouloir obtenir de la reconnaissance, est erronée. Ce n’est pas à s’accrochant à un but ou en faisant mille et une stratégies que l’on finit par être appréciée et reconnue pour qui l’on est. Je fais donc l’effort de rester authentique quand je pose des actions et émets des opinions. Je me place dans mon cœur et je ne force pas les choses. J’aligne mes intentions, je pose des actions bien dirigées et je laisse la vie faire son travail. De cette manière, j’apprends à me faire confiance, à moi, aux autres et à la vie. Je retrouve ainsi ma witch et, avec elle,  mon énergie vitale.

Herbe à infuser : Menthe poivrée

Huile essentielle à diffuser : Ylang ylang

♐ Sagittaire

En ce mois de novembre, je remets en question ma définition de la réussite qui, bien malgré moi, repose trop souvent sur l’acquisition d’emplois, d’objets et même de personnes. Cette manière de voir m’empêche de connecter à mon véritable pouvoir qui est bien plus subtil que le charme que j’exerce sur les autres. J’aime être populaire, mais ce n’est pas en versant dans la complaisance que les liens se tissent de manière véritable et durable. Au contraire, il se peut que les gens les plus authentiques se détournent de moi puisqu’ils redoutent mon côté caméléon et séducteur. Or, au fond de moi, je recherche ardemment la connexion. Si je ne le fais pas déjà, c’est un bon moment pour apprendre à méditer. Idéalement au pied d’un arbre. Ce genre d’exercice me permet de me recentrer sur l’essentiel et d’aller vers les autres à partir de qui je suis. J’apprends à accueillir avec amour le fait que certaines personnes ne tombent pas sous mon charme, que d’autres me méprisent. Je leur donne le droit et, en même temps, je m’autorise à ne pas avoir envie d’être en contact avec certaines personnes moi aussi. De cette manière je retrouve ma witch et utilise mon énergie avec plus de finesse.

Herbes à infuser : Mélisse citronnée

Huile essentielle à diffuser : Jasmin

 

♑ Capricorne

En ce mois de novembre, je prends conscience de la nécessité qui m’habite depuis trop longtemps : celle de m’accrocher à quelque chose ou à quelqu’un. Je ne supporte pas le vide ou la véritable solitude parce que cela m’oblige à faire face à des émotions intenses qui pourtant m’appartiennent. Je réalise que je dois apprendre à les apprivoiser, même si ma vie est relativement stable et que mes besoins sont comblés. Je sais que cette douleur existe et ma fuite régit subtilement mes actions dans le monde. J’apprends à aimer les autres de manière plus détachée en reprenant tranquillement mon pouvoir, en reconnaissant ma responsabilité face à mon bonheur et à mes besoins. Avant d’accuser quelqu’un d’autre ou une situation pour la manière dont je me sens, je prends le temps d’identifier mon besoin et de voir les différents possibles quant à la manière de le combler. De cette manière, je retrouve mon pouvoir dans le monde. Je suis en contact avec ma witch et mon énergie me propulse vers ce qui m’anime véritablement

Herbe à infuser : fleurs de tilleul

Huile essentielle à diffuser : Pamplemousse

 

♒ Verseau

En ce mois de novembre, je prends conscience que j’ai besoin de détachement pour réaliser les projets qui me tiennent à cœur, mais aussi pour mener mes luttes, petites et grandes. Je comprends que le détachement n’est pas de l’apathie, qu’il me permet de m’engager sans me vider de mon énergie. Je ne me soucie pas des détails, car je fais confiance en la vie pour les prendre en charge. Je m’occupe d’agir en fonction d’intentions que j’apprends à clarifier afin de manifester dans le monde ce qui m’anime le plus. Je me dépouille des voix de l’adversité, réelles ou fictives, avant de prendre des décisions importantes. Je retrouve ainsi mon centre qui brille indépendamment de ce que pensent les autres. Je me détourne volontairement des débats que je ne saurais remporter et utilise mon énergie là où les combats sont utiles. Je comprends que je n’ai pas besoin de détruire quoi que ce soit avant de construire ce qui pour moi contribue à l’édification d’un monde meilleur. Je retrouve ainsi ma witch et mon véritable pouvoir d’action.

Herbes à infuser : pissenlit et trèfle rouge

Huile essentielle à diffuser : bois de rose

 ♓ Poisson

En ce mois de novembre, j’apprends à m’ouvrir et à être plus flexible. Je sais que la fluidité fait partie de ma nature, mais récemment, je ne parviens pas à l’atteindre. Je perds ainsi contact avec mon pouvoir et la magie de la vie, de ses synchronies. Je suis prise par trop d’angoisse lorsque je sors du cadre que je me suis imposé pour me protéger des autres, de leurs besoins que je voudrais trop souvent combler. Je leur redonne mentalement chacun la responsabilité de leur vie, car cela me permet de sortir de mon cocon pour voir s’épanouir un de mes plus grands dons : celui de l’intuition. Je m’efforce de respirer profondément lorsque des nouvelles situations m’insécurisent. Je comprends que je suis capable de faire de chaque lieu en ce monde ma maison. Cela, je le fais en me créant des frontières, des filtres à travers lesquels les énergies nuisibles ne pourront pas entrer. J’en prends conscience peu à peu sans être trop exigeante envers moi-même. Peu à peu, au fil de l’édification de ces frontières, je retrouve ma witch et mon pouvoir dans le monde.

Herbes à infuser : Mélisse et valériane

Huile essentielle à diffuser : Lavande

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giphy

Yet to reclaim the word witch is to reclaim our right as women to be powerful.

Starhawk

 

Les vents stellaires

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Tout était ancré dans les nuages si l’on peut appeler ça un ancrage. Les arbres déchargeaient leurs racines dans les cumulus qui traçaient des éclairs pour rejoindre la croute terrestre. J’avais toujours pensé que les choses étaient solides et durables sous mes pieds, mais là, je réalisais qu’elles n’étaient que de brèves et intenses lueurs ramifiées. On creusait naïvement les fondations de nos maisons dans ces amas naturels de gouttelettes d’eau. En dessous de nos habitations, il y avait des squelettes humains qui tombaient, qui rentraient dans le sol pour aller rejoindre le manteau terrestre. Tout ce qu’on érigeait tenait sur la disparition de nos ancêtres. En suspension dans l’atmosphère, il fallait maintenir l’équilibre entre nos ascendants et notre ascension, il fallait accueillir la mort comme notre propre fondation. Sinon, on allait s’écrouler pour de bon. Le feu du soleil traversait les lignes des stratus. Les rayons se liquéfiaient durant le processus. Je réalisais que ce que j’avais toujours appelé « la pluie » était en fait des particules de lumière. Elles cherchaient à rejoindre la nappe phréatique après avoir recueilli les odeurs subtiles de notre peau. Moi qui suis confuse depuis des mois, j’apprenais que la clarté était toujours accessible à qui savait reconnaitre son prisme dans les offrandes du ciel.

Je pensais que j’étais en chute libre dans le monde que je redécouvrais, mais une sensation de légèreté m’a rappelé que j’étais supportée par le même parachute que mon fils m’avait dessiné. C’était peut-être pour me montrer que la vie se trouvait dans l’atmosphère et pas seulement sur la Terre. Elle provenait de l’univers qui nous renvoyait tout le temps sa lumière et, avec elle, sa chaleur. Les photons portaient le message qu’à notre naissance, on étaient des feuilles d’automne déjà rougies, détachées de leur rameau. On étaient arrivées pour préparer la dormance de nos mères, la semence de nos filles. On avait d’abord été bercées durant des milliards d’années par les vents stellaires, pis transportées jusqu’ici pour réapprendre la liberté dans la pesanteur et la douleur. Le même souffle sidéral nous offrait la grâce de mourir sur nos nervures avant de retourner dans l’aventure. Je me suis réveillée en me demandant pourquoi, mais POURQUOI, j’avais tant de mal à me déposer.

Les possibles

Je t’ai dit que c’était terrible parce que je réalisais que je ne voulais pas m’engager dans la vie et ça t’a fait sourire à cause de tous mes diplômes, de tous mes projets, pis de nos enfants, pis du fait que tu aies été le seul homme dans ma vie, mais je t’ai dit que tu comprenais mal ce que je voulais dire, que dans ma tête, je ne m’engageais pas, que je vivais au CARREFOUR DE TOUS LES POSSIBLES, que c’était dans ce carrefour que je voulais m’enraciner, là où je n’avais pas à faire de choix, là où je n’avais pas besoin de prétendre avoir un contrôle sur ma vie. Je t’ai dit que je me sentais prise dans une sorte d’ÉTHER de potentialités avec mes CRISTAUX pis mon crisse de TAROT, un ÉTHER duquel je ne savais pas comment sortir et que c’était pour ça que je voulais qu’une ARCANE MAJEURE ou qu’un ALIGNEMENT DE PLANÈTES choisisse pour moi, que c’était ça l’affaire, que ce n’était même pas une question de liberté, parce qu’au contraire,

« JE SUIS LIBRE COMME L’AIR SO PUT ME IN A FUCKING BOX I WON’T COMPLAIN JE TE JURE MAIS SCELLE LES JOINTS BEN COMME FAUT POUR PAS QUE J’ME FAUFILE »

Tu m’as dit BON BON BON, calme-toi, je suis là pour toi. J’ai dit : non. Arrête. Je t’ai quitté. T’as dit ouin pis.

L’autre jour, j’ai rêvé que j’étais dans une PISCINE, que le ciel était BLEU. Je me suis même dit « c’est les tropiques ici, c’est MERVEILLEUX». Toi tu étais sur le bord, tu réparais nos affaires. Je me vautrais sous l’eau, je veux dire, tu sais comme j’aime nager, comme j’aime être immergée. À un moment, je me suis rendu compte qu’il y avait une TOILE sur la piscine, que je ne pouvais même PAS VOIR à l’extérieur. Je me suis dit que tu l’avais mise là pour me protéger, comme d’habitude. J’étais euphorique. Je me roulais dans l’eau chaude : rien ne pouvait m’arriver. Je n’avais même pas peur de manquer d’air. Je pouvais encore m’imaginer le ciel BLEU. TOUT ÉTAIT POSSIBLE. À un moment, j’ai nagé jusqu’au bord de la piscine et j’ai soulevé la TOILE. Tu t’es penché avec un sourire bienveillant. Je t’ai demandé si le ciel était toujours aussi BLEU. Tu as ri chaleureusement en me disant doucement « pas vraiment, non : c’est l’hécatombe ici, Pattie !». J’ai soulevé un peu plus la TOILE et j’ai regardé le ciel : les nuages noirs, OPAQUES, bougeaient vraiment, mais vraiment trop vite. Ils s’accumulaient vers nous. C’était terrifiant. Tout allait exploser, tout allait nous emporter, tout allait nous détruire. Je suis sortie à la course me mettre à l’ABRI. Il faisait froid. Je tremblais. T’étais calme, tu rangeais lentement nos affaires en me lançant des regards rassurants. C’est qu’il y avait quelque chose qui se jouait entre moi et la tempête. J’étais comme connectée à elle. Je savais exactement à quel moment il y aurait des coups de tonnerre, je veux dire, je les sentais venir dans tout mon corps. Tout devenait irrémédiable. On aurait dit que LA TEMPÊTE, C’ÉTAIT MOI. J’avais tellement fucking peur.

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