Catégorie: Ne veut pas de toi

sous mon radar

J’ai tellement cherché, je te jure, je n’ai pas trouvé. Je n’ai pas trouvé de petit spot au milieu de nulle part, pour pouvoir m’ancrer dans mon corps. Dans une grotte, une hutte, un igloo sur une ILE INCONNUE pour vivre loin du monde, pour « être » sans être AU MONDE, je veux dire sans appartenir à TOUT LE MONDE. À l’abri de 

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Un vaste océan comme frontières physiques, je veux dire comme frontières psychiques surtout. Mon espace vital dépourvu des besoins des autres, défini par UNE BULLE D’AU MOINS 1000 KM DE DIAMÈTRE. Parce que les autres ont tellement de besoins, ils sont bourrés de besoins qui ne peuvent être comblés que par quelqu’un d’autre, je veux dire PAR MOI! Et moi, je voudrais juste une petite ile, mais vraiment une toute petite ile, ce pourrait être un ramassis de cochonneries dans le vortex de déchets du Pacifique Nord, pourvu que leurs attentes passent SOUS MON RADAR

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une mare de machos

Je marchais avec mon amie Sarah sur la rue Ontario, on s’en allait au resto, on traversait une MARE DE MACHOS, une mare d’oiseaux,

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ils se sont TOUS mis à chanter, ça sifflait en notre honneur et je me disais « OKAY : ESTI QUE ÇA M’ÉCOEURE! », mais que c’était comme ça, qu’on était des petites proies, parce qu’on était minces, parce qu’on portait des SKINNY JEANS, parce qu’on était comme des JELLY BEANS. Pis je me suis retournée vers leur d’entre eux, parce qu’il me regardait d’une manière WEIRD, d’un regard qui veut DÉTRUIRE, comme un coup d’œil avant de me DÉMOLIR, c’était aussi son genre de sourire et Sarah m’a dit qu’il était plein de désir, que son regard anticipait du PLAISIR. J’ai commencé à me dire que c’était moi la WEIRD, que je ne distinguais pas, dans le regard du gars, le désir de jouir de celui de me voir MOURIR. Je me suis rappelée que j’avais été violée, que mon interprétation en était sans doute toute IMBIBÉE, que c’était peut-être pour ça que je me sentais harcelée, pis après, je me suis dit non, ce n’est pas vrai,

CE N’EST PAS VRAI, BON!

Mon radar est FULL AIGUISÉ et j’ai bien l’intention de m’y fier. Je reconnais le sourire de l’emprise, je le distingue des lèvres éprises. Je fais aussi la différence entre le chant de l’oiseau de PROIE et celui, plus discret, de l’émoi. Mais il ne faut pas dénoncer ces évènements-là. Hystériques que nous sommes, on nous le dit À CHAQUE FOIS. N’empêche qu’on ne respire pas gros, quand on traverse une MARE DE MACHOS.

Tellement rococo

J’ai passé des heures. Assise au coin de la table de la cuisine. Avec des verres de lait. Pis mon laptop. Des heures à me demander si j’avais le droit de les haïr. J’ai cherché sur Internet. Avec mes cheveux de PETITE PUNKETTE. Et mon pyjama à pattes. Zippé jusqu’au cordon. Avec un beau petit capuchon. Le tout fermé avec un GROS cadenas. La clé accrochée autour du cou de Teddy Bear. Mon toutou qui fait « Awr Awrrrr Ave Maria ». Chaque fois qu’on touche à SON UTÉRUS EN OR!

 

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I WON’T change my clothes unless I can hate them, bon!

Je voulais voir si d’autres les haïssaient. C’est viscéral. C’est généralisé. Y’a des métastases partout. La véritable révolution est en train d’émerger sur les forums de femmes. Parce qu’elles y passent la nuit. À plat ventre sur le sofa du salon. Avec un PETIT GAZOU dans la bouche. Pis leur laptop dans l’utérus. À se demander si elles ont le droit de les haïr. Hunting for the best quotes dans une page Web. Encastrée dans un fond d’écran aux motifs floraux en or

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Sur les forums, les meilleures citations ont deux ou trois LOL dedans. Les meilleures citations torturent la langue comme elles tortureraient l’esprit de ceux qui les liraient avec mépris. Les meilleures citations créent une chaise longue sur le bord des lèvres de leur rédactrice. Les meilleures citations passent directement du FOIE à la page Web. Puis de la page Web à un autre FOIE. Les meilleures citations mettent de la bile dans ton BEAU gazou en or

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Comme ELLES, j’haïs le mot maternité quand tu le postillonnes. Comme pour t’immiscer dans mon pyjama à pattes. Une chance que j’ai un GROS cadenas en or. Avec plein de fioritures. Et de mini-miroirs déformants. Qui te font ressembler au lion de MGM. Qui fait toujours un peu sursauter. Même si l’on sait que l’essentiel va commencer. Au moment où il va arrêter de gueuler dans son anneau d’or.

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Don’t put your shit on me!

J’ai PARFOIS l’impression que le féminisme est une sorte de déguisement de mauvais goût : un genre de costume de clown triste pour agresseurs insidieux (*je n’exclus pas le féminin). C’est un peu comme dans le temps, je veux dire, quand les pantalons pattes d’éléphant servaient de passeport pour fourrer le plus possible. L’évasement au bas de la jambe certifiait que l’ « amour » était le moteur d’une relation sexuelle purement territoriale. Moi je trouve ça débile, comment dire, un homme qui revendique la maternité, SA maternité, avec des arguments féministes. J’appelle ça un ostie de trou du cul. Pour être plus élaborée, c’est un personnage de cirque dont le maquillage excessif éveille l’envie irrésistible qu’il se casse solidement la gueule en tombant avec son trapèze, je veux dire, en s’effondrant avec son appareillage conceptuel de marde auquel il s’accroche avec tant d’agilité pour contempler le monde à l’envers.

I’m in such a good mood today! 🙂

sounds of truth

Leur urgence de le materner. Y mettre des kilomètres. « She isn’t likely to kidnap your baby, but like most of them, she would LOVE to displace you as the object of your child’s affection ». Y mettre des centaines de kilomètres. « This is totally true, I’ve seen this before, just let her do it« . Y mettre des milliers de kilomètres. « It sounds true to me as well, Patty« .  Y mettre des kilomètres et un océan.

Tell me : What’s the SOUND of TRUTH?

Y mettre Mars, Jupiter, Saturne, Uranus. « Cut the apron strings, Patty! » Pleurer sur les anneaux de Neptune à l’ombre de Galatée. Qu’ils me laissent, qu’ils NOUS laissent dont le temps, EUX. Y mettre le temps. Le temps d’y mettre la suite no 3 de Bach pour qu’il s’endorme dans mes bras.

Y mettre une galaxie

Y mettre

Image : oeuvre de Geneviève Cadieux (elle s’illumine le soir sur le toit du Musée d’art contemporain de Montréal, ce sont les lèvres de la mère de l’artiste, ça représente la voix maternelle qu’on écoute de moins en moins, d’où le jeu de mots dans le titre « voix lactée »)