quick memo 40 (fin)

Lors de ma formation professorale de yoga, on nous demandait de faire des 40 jours de kriya. Un kriya, c’est un enchaînement de mouvements qui sont souvent reliés par un thème. Ce thème peut être une émotion ou encore une partie du corps, par exemple, il y a des kriyas pour les reins, pour les poumons, mais aussi pour la colère ou encore pour développer des relations authentiques…etc. Pendant 40 jours, on fait le même enchaînement de mouvements en restant conscient.es de ce qui émerge, sans jugement. On observe les changements, les résistances, les peurs, mais aussi les joies. On ne saute pas un seul jour. On ne se donne pas d’excuses. Peu importe ce qui arrive, on le fait.

Le yoga ne doit pas se faire uniquement à l’intérieur des frontières bien illusoires du petit tapis. Le tapis, ce n’est que le début. Après, il faut aller dans le monde. Le yoga est dans le regard, les relations, l’écriture… J’ai envisagé un 40 jours de quick memos comme une pratique de yoga : écrire chaque jour, peu importe. En fait, le « kriya » n’était pas d’écrire chaque jour pour moi-même, mais d’écrire pour partager sans me décentrer, ni me censurer : en restant complètement dans mes souliers. Je ne sais pas si j’y suis arrivée, mais je sais que j’y ai mis, chaque jour, de la conscience afin de ne pas glisser dans le regard de cet autre intériorisé.

Capture d’écran, le 2019-10-22 à 19.22.35

En général, quand on commence un 40 jours de yoga, on est excité.es. C’est le début d’une aventure. Mais après deux semaine, on se demande pourquoi on le fait. Le mental déferle : on juge, on critique et on tourne tout à l’absurde. Ce mur de jugements, il faut le traverser pour entrer véritablement dans le kriya, pour en comprendre toutes les subtilités et expérimenter le switch auquel il nous permet d’accéder. À l’inverse, quand le 40ème jour approche, on redoute la fin. C’est à cause de l’attachement au kriya, à la discipline, à un nouveau sens que l’on donne à nos journées. Le kriya est une présence que l’on doit désormais intégrer. C’est ce que je ressens aujourd’hui. Rien ne m’empêche d’écrire ici plus souvent, mais le 40 jours (son exigence) est terminé.

Pour finir, un petit quick memo écrit ce matin, entre deux évaluations d’arbre :

Je me souviens qu’au début, la weirdness du kundalini, son rapport à la répétition, à l’engagement intime, à la conscience de soi et au courage face à la différence m’évoquaient les pratiques artistiques de Marina Abromovic, Jana Sterbak ou Laurie Anderson. Je me demande si cette manière d’entrer en relation avec le monde n’est pas la seule manière qu’on peut trouver pour dire Adieu à l’enchevêtrement incessant de nos âmes. Comme pour dire « désormais, il n’y aura que mes quêtes ». Celles qui nous poussent à faire les choses différemment 40 jours de suite, par exemple, et qui nous donnent de l’espace pour un renouvellement. C’est une recherche de frontières, mais pour protéger notre vastitude qui, en aucun cas, ne demande à être colonisée.

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