Les petits mondes

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Elle y allait full pin pour obtenir tout ce que je voulais comme si elle pourrait un jour retirer tous les éléments de mon champ de possibilités, mais j’ai toujours vécu dans l’abondance, pas dans l’abondance matérielle nécessairement, mais dans l’abondance de possibilités justement, 

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Au fil des années, j’ai découvert qu’il y avait deux camps ; le mien avec personne dedans parce que je ne hang pas tellement avec des gens qui se campent ailleurs que dans le bois et le sien avec ceux et celles qui voyaient quelque chose comme un oxymore quand on était côte à côte pis je pense que ça nous donnait du style. 

Je m’imaginais qu’il devait y avoir des genres de prescriptions sectaires non dites, du style qu’il ne fallait pas fraterniser avec moi en tout cas pas trop et surtout pas devant elle. Ça avait l’air d’un d’impératif déguisé en solidarité pour les insécures chroniques ou, pire encore, d’une volonté morale humaine trop humaine. Je disparaissais soudainement de leur liste de courriels, de leurs abonnés sur Twitter ou de leurs hyperliens de blogue dès qu’ils entraient dans son petit monde ; d’autres fois, ils se mettaient carrément à m’ignorer, mais tellement fort qu’ils oubliaient d’avoir l’air indifférent en échangeant des petits regards sournois avec elle quand je prenais la parole et c’était ça le plus 

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Le fuel de son petit feu de joie, c’était les relents de mon caractère de marde avec lesquels elle faisait des shows de boucane pour s’assurer que je ne me tire pas une bûche, ce qui aurait sans doute effriter un peu son petit monde. Au début je me disais, mais pourquoi, pourquoi, pourquoi elle fait ça, et elle a bien failli faire en sorte que je m’haïsse, pis après j’ai compris qu’elle n’était pas le genre de personne qui avait accès à plus qu’un petit monde, un petit monde qui reflète l’image qu’elle voulait projeter, c’était une question de survie. Il fallait qu’on gravite autour d’elle, mais moi je m’étais promis de vivre en apesanteur loin des petits mondes pour le restant de mes jours après avoir vedger dans l’orbite d’un pervers narcissique pendant vingt ans, 

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Mais il semblait qu’elle vivait une injustice fondamentale parce que je ne voyais pas à quel point elle était merveilleuse et charmante (DUDE CUT ME A SLACK J’ESSAIE DE FEEDER MON BRAIN ICITTE), mais on m’a dit que c’était parce que j’étais jalouse d’elle que je ne voyais pas le joyau ;

WTF DIRE ÇA À UNE JEUNE FEMME QUI A DES CRAVINGS INTELLECTUELS

C’est à ce moment-là que je me suis mise à trouver tout ça tellement pitoyable que je suis sortie de mon BRAIN pis que j’ai pogné les nerfs comme une adolescente de 13 ans qui vient d’avoir ses règles et qui ne respire pas sa smoke ; une ado ça ne fait pas de petit feu de camp en cachette, ça se fait pogner sur le Mont-royal en train de se soûler pis de lancer du gaz à lighter dans un feu de joie tellement grand qu’on peut le voir du haut de la montagne noire dans les Laurentides. Ça fait que j’ai donné du fuel à la patente en faisant l’équation primaire « elle = manipulation » pis je pensais que ça allait faire le même effet qu’«E=mc2 » pis que tout le monde allait changer de paradigme pis comprendre comment ça marche la force gravitationnelle autour d’un trou noir. Je pensais que tout le monde allait comprendre que dans des cas comme ça, on finit toujours par assister à notre propre spaghettisation pour être propulsés dans une tout autre réalité. Je niaise, je ne pensais plus pantoute rendu là, j’étais juste à boute de la bêtise humaine, surtout de la mienne ça fait que je l’ai mise au carré tant qu’à y être.

Si je raconte ça, c’est pas parce que je rumine ou de quoi de même, j’avais comme oublié, mais la vie est fucking weird parce que dans l’espace-temps hyper relatif de quatre mois, y’a trois personnes qui m’ont fait des excuses pour un genre de rejet à mon égard alors qu’ils étaient sous l’emprise de ce petit monde qui a implosé à force de gravité. Il a implosé comme tous les autres petits mondes qui révolutionnent en ne révolutionnant pas grand-chose autour d’un individu. Et même si j’avais full bien tolérer leur rejet (pas PANTOUTE, je braille ma vie chaque fois, mais toujours entre parenthèses), j’ai ressenti quelque chose de merveilleux qui a réduit l’entropie pour toujours parce que les excuses disaient quelque chose comme : I’m out of there c’était shitty t’es dans mon cœur change pas ton caractère de marde tu me manques peace love on se voit quand. J’ai dit sorry mais j’ai plus envie d’être exécrable pour veiller à la pérennité des petits mondes pis l’amitié me draine comme pas possible ces temps-ci m’aimes-tu pareil. Oui. Cool! A+. @+.

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3 Commentaires

  1. gaïa

    Wouah ! Patty tu as une écriture bien personnelle et j’adore ! Un beau billet d’humeur. Cela me rappelle des souvenirs. L’enfance, cette période cruelle où la cour de récré sert de laboratoire aux expériences de sociabilisation diabolisante. 😉

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