Jalouse avec toi

Il y a longtemps que j’avais envie d’écrire quelque chose à propos d’elle. Parce que j’imagine qu’il y a quelque chose de l’archétype dans cette ELLE. Je ne sais pas. Je ne suis pas cette ELLE. En tout cas, pas à temps plein comme elle. Au début, je ne savais jamais si je devais l’envier, l’admirer ou la plaindre. Récemment, j’ai commencé à l’aimer. Je me suis dit que peu de gens devaient l’aimer avant de l’envier ou de l’admirer. Et même quand les gens lui disent qu’ils l’aiment, ils ne peuvent s’empêcher de faire son éloge. Parce que c’est comme si c’était la seule manière de l’aimer.  L’encenser. Publiquement. Qu’elle reste une étoile intouchable. Mais tout près. J’ai compris qu’il s’agissait de son mode de vie. De survie. Qu’elle créait ça de toutes pièces. Sûrement sans s’en rendre compte. Il fallait qu’elle l’entende tous les jours : tu es une étoile. Et les gens répondent à  ce genre de commande vitale de tout leur corps. 

TELLEMENT VIVVVVANTE. TELLEMENT BRRRRILLANTE. WAAAH.

Gossant, han?  

De quoi tu parles? T’es jalouse, Patty? À un moment donné, j’ai commencé à la plaindre. C’est inévitable : à chaque fois qu’elle fait quelque chose, et même si elle a fait ce quelque chose avec d’autres gens, tout le monde ne parle que d’ELLE. Je veux dire : les gens ne parlent pas de ce qu’elle a créé ou pensé. Ça, ils s’en fichent. Ils l’encensent, ELLE. L’image de « ELLE », je veux dire.  En laissant tout ce qu’elle avait à proposer dans la bouette. Et les gens qui ont participé aussi. Oh, on en dit quelques mots de ses réalisations et 

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Fée marraine est de retour. Elle lui met une belle rorobe pis toute le kit. 

Madone 3D

Au début, j’étais tout le temps fâchée. J’essayais qu’elle ne s’en rende pas compte. J’avais l’impression que la seule manière d’être en contact avec elle était de graviter autour d’elle. D’attendre un petit rayon. Puis elle s’emparait de moi avec des mots gentils, élogieux. La gentillesse se transforme parfois en emprise. Elle était presque en train de créer chez moi sa propre addiction. D’une gentillesse qui décide pour les autres. Elle avait décidé de qui j’étais. Et ça faisait un peu partie de son image. Je faisais un peu partie de son image. Mais ce n’était pas moi. Même si c’était gentil. Même si c’était beau. Ce n’était pas pour moi. C’était pour elle.

Elle. Elle. Elle.

 

Il n’y a rien de pire  au monde que l’ambivalence d’une gentillesse.

Maudit qu’on se sent seule au monde face à ça.

cendrillonremix

Je lui parlais de ça, hier soir, à lui. J’ai hésité à lui en parler parce que je me doutais qu’il allait interpréter mon discours comme de la jalousie. T’es jalouse? Non, la jalousie est silencieuse. Elle a honte, la jalousie. La jalousie ne cherche qu’à se cacher. Bon, ok, je suis jalouse. Mais dans ce cas, la jalousie est une nécessité. La jalousie est la dernière arme d’une résistance. La jalousie est mon petit masque de zoro.  C’est beau, la jalousie. Je deviens jalouse, du moins aux yeux des autres, quand je vis dans mes guts. Puisqu’on ne me laisse que deux choix : danser la java DEVANT elle ou être jalouse AVEC elle, je préfère être jalouse. Pourtant, je ne veux pas ce qu’elle a. Je veux juste vivre ce que j’ai, c’est-à-dire, beaucoup plus de malaises que d’extases en sa présence. Parce que je veux la voir pour de vrai. Parce que je veux l’aimer.

En tout cas, si j’ai l’air jalouse de toi un jour, dis-toi que c’est parce que je suis avec toi.

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