Dans ta tête (un exercice d’empathie) :: dead end

1 2 3 et 4

Elle m’avait lancé ça entre deux french kiss comme on propulse un sachet de ketchup à côté de la frite d’un chum en trip de bouffe. À ce moment-là, mon esprit s’est comme scindé en deux parties bien distinctes et j’ai eu de la misère à les ramener ensemble. Le monde parallèle avait fait place à une réalité qui me serrait désagréablement les couilles en même temps qu’elle les gonflait sans bon sens. Dans ma tête, j’étais passé de la première vitesse à la cinquième en shiftant comme un éclair, mais avec le break à bras jacké ben raide. Des idées twisted me venaient de toutes les parties de mon corps de gars qui aurait pu faire découvrir la pénétration à une jeune intello pendant que mes lèvres laissaient échapper quelque chose comme :

-Je ne suis pas assez pur pour toi Patty.

J’ai dit ça comme pour me ramener en un morceau pis mettre un vrai break à mes pensées même si les pneus continuaient de spinner dans le vide. Quand elle est partie sans rien dire,  je me disais la même chose que le personnage principal du film American Beauty après cette scène qui me rappelait étrangement ce que je venais de vivre :

This is my first time…

-You’re kidding!

-I’m sorry, I still want to do it, but I wanted to tell you in case you’d wonder why I wasn’t better.

-….

-what’s wrong? I thought you said I was beautiful

-You are beautiful. You are so beautiful. I would be a very lucky man!

-I feel so stupid!

-Don’t!

-I’m sorry…

-Don’t be sorry, it’s ok. Everything is ok.

« I’m a good man » qu’il se disait après avoir refusé de coucher avec la jeune femme naïve, juste avant que son malin voisin ne braque son gun sur sa nuque. Sauf que Patty c’était la jeune femme naïve pis le voisin malin en même temps. Son silence avait comme laissé une pression sur ma nuque qui avait durée plusieurs mois et qui se ravivait à chaque fois que nos regards se croisaient à la job.

***

On va souvent marcher dans le cimetière du Mont-Royal le dimanche après-midi, Anna et moi. Même si l’impression de marcher sur des morts me fait toujours un drôle d’effet dans la plante du pied, ça m’apaise de côtoyer doucement le sommeil éternel en tenant la main d’une Anna silencieuse et paisible plutôt que d’avoir à gérer le trop plein d’émotions d’une fille comme Patty.

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