Crazy Wide Eyed Loner

Si peu à voir avec un entraînement de crawl dans les piscines chlorées montréalaises, c’est plutôt quelque chose comme une randonnée en forêt. Mais dense, la forêt, et sans cartes d’orientation ni balises. Je veux dire, tu me donnes un lac à explorer et c’est pas long, deux minutes après, tu vas voir une petite corde qui relie mon pied à une bouée, juste pour te rassurer. Je traverse, that’s it, peu importe la distance, les fonds visqueux, les barbottes ou les sangsues, je veux dire, j’y vais sans même penser à quoi que ce soit. Je fais ça depuis toujours, enfin, j’ai l’impression. It feels like home, more than anywhere. Pourquoi? Je n’en sais crissement rien, je veux dire, je n’y pense même pas.

« Tu n’as pas peur d’avoir une crampe Patty? »

« Hein? Ce sont les seuls moments où je ne ressens AUCUNE peur ».

Pour me prouver? Non tellement pas, c’est comme vital, tu comprends? Je sais pas, je m’étais dit, « non, je ne vais pas me baigner, il fait trop froid et je suis maquillée et peignée et on est avec ta famille pour un souper de fruits de mer, devant le beau lac, sur la belle terrasse », puis le quai m’a dit quelque chose, je veux dire, j’ai comme sauté dans l’eau et disparu au large. Mais je n’ai pas pu mettre au bout de mon pied une petite corde et au bout de la corde, une petite bouée, comme pour te rassurer : il n’y en avait pas. Genre, « bye bye » à ton mononc’ pis à toute la gang. Tous en chœur :

« Qu’est-ce qu’elle fait là, elle ? »

Ça m’appelle ç’t’affaire-là

et je deviens wild, being part of something, je veux dire, de plus grand que moi. Pour rien, en tous les cas, rien d’extraordinaire, mes plus bas instincts. Je reviens une heure et demi plus tard avec le mascara qui coule, les lèvres mauves et les cheveux ébouriffés, je veux dire, objectivement, je fais dur, mais, you know, je me sens tellement bien.

I’m sorry, I really am : « I’m just a loner, a crazy wide eyed loner on a doomed mission to Venus to battle with the 3 headed mega beast but on the way I caught cornflakes disease. » (Drop Dead Fred). Puis je m’assois et je mange mes fruits de mer, je veux dire, avant je lève mon verre de vin blanc, les yeux plein d’endorphines, vers toi et les autres, mais en m’adressant à la vie, je dis :

22 Commentaires

  1. marc

    Je suis d’accord avec toi les lacs sont irrésistibles🙂 Je ne supporte pas de me baigner dans les « piscines chlorées » comme tu dis, ça m’écoeure même un peu pas mal. Mais un lac, c’est différent…Comme tu dis, c’est l’impression de faire partie de quelque chose, mais aussi c’est l’inconnu.

    Ça faisait longtemps que je n’avais pas entendu parler de fais de l’air fred et la citation est trop cool!

    • Patty O'Green

      Irrésistibles, tu l’as dit!🙂 Parfois, j’ai l’impression que la ville me rend un peu folle, comme assoiffée de nature alors quand je débarque en nature, je cherche comme une symbiose, c’est pourquoi je ris un peu de moi dans ce post.

      haha. « Fais d’l’air Fred » c’est le nom en français…Quel ami imaginaire, il a vraiment toujours des super répliques celui-là!

      • marc

        Je veux pas avoir l’air biz, mais crois que c’est bon signe, somme toute, de devenir fou en ville😉 Mais dans le bon sens de « fou » aussi. Ça me prend toujours au moins 3 jours en nature avant de réaliser l’effet de la ville sur mon cerveau!

  2. Charlotte

    hahaha! Fais de l’air Fred!!! Jte jure on doit partager la même biblio de film!!

    Ah si tu savais comment j’aime l’eau … et que j’en ai peur en même temps. J’arrive à me baigner dans un lac mais je dois avoir pied. Quand je touche plus, je me sens pas à l’aise, je panique un peu et je retourne vite où c’est plus ferme sous ma voûte plantaire! Mais j’aime tellement me baigner. On se sent dans un autre monde.

    Bon, je retourne au boulot!! Suffit les rêveries !

    • Patty O'Green

      C’est vrai, tu connais toi aussi Drop dead Fred? À chaque fois que j’en parle dans mon entourage, personne ne connaît ça, et là j’en parle sur un blog et deux personnes de suite le connaissent. Les répliques qu’il donne à Élizabeth sont tellement les plus hot!

      Ah oui perdre pied…Il y a quelque chose de vraiment « laisser-aller » là-dedans tu ne trouves pas. Bon, ouin, va donc travailler là! pis moi aussi🙂

      • Charlotte

        Oui sûrement.. donc tu es en train de me dire que j’arrive pas à me laisser aller?

        C’est mon principal constat ces derniers temps.

        On a tous des trucs à améliorer! Faire confiance à la vie et me laisser aller à être moi-même, avoir moins peur, j’imagine que ça fait partie de ces trucs-là!😉

      • Charlotte

        Et j’avais oublié de répodnre à ça mais oui .. je connais Fais de l’air Fred!! Ma soeur et moi (elle était toute petite à l’époque) on l’a écouté vraiment souvent!! hihi! (jai pas trouvé ta réponse dont tu me parlais sur mon post…)

    • Patty O'Green

      D’où viens-tu mon cher Clarence hahaha!? Cette expression évoque comme deux choses étranges qui découlent l’une de l’autre : « je n’ai plus d’argent pour payer mon loyer » et « j’ai faim, ça finit pu ». Sérieusement, je n’ai jamais entendu cette expression. Intrigante tout de même, enfin, pourquoi « fonds » au pluriel?

  3. Patty O'Green

    @ Marc : oui, je comprends ce que tu veux dire, rien de biz…Suis née en ville, j’aurais jamais cru que la campagne me plairait autant avant d’y vivre pour plusieurs mois! J’adore la ville là! Mais rien comme plonger dans un lac🙂

    • Patty O'Green

      Ah, c’est ben cute, avec le petit bonhomme triste! Tu es comme Charlotte alors!!!🙂 Vous avez probablement la même conception du vide…

      Je n’ai pas cette notion, j’ai peur de plein de choses, mais ça, non. Sais pas pourquoi…Je veux dire, pour moi c’est la meilleure sensation du monde (ne pas avoir les pieds sur terre au sens littéral et…figuré tant qu’à y être). Je pense que j’ai plus peur de marcher dans la rue que de me mettre en plein milieu d’un gros lac!

      • Marie

        Je pense que j’aime juste pas ne pas être en contrôle… je suis incapable de dealer avec le vide sous mes pieds. Oui, comme Charlotte.

        Mais je fonce en déchainé sur tous les autres aspects de ma vie, est-ce que ça compte?!?

    • Charlotte

      Même même chose ! Voilà.. qqun qui me comprends.

      Je suis toujours la seule au lac à pas aller super profond, ou alors jdois m’accrocher au dos de quelqu’un et espérer fort qu’un être marin viendra pas nous bouffer!! hihi!

  4. Patty O'Green

    @ Marie : Ah je comprends! Euh oui, ça compte encore plus je trouve!!! haha🙂 Et je n’en doute pas une seconde, ça se voit à travers tes posts!!! Il y en a qui sont plus confortables dans le vide, d’autres dans le plein. Je veux dire, je suis certaine que tu es bien dans une foule de monde, moi, j’ai du mal un peu, c’est dans ce genre de situation que j’ai l’impression de ne pas toucher par terre, que je ne me sens pas groundée…En fait, c’est toujours à double tranchant ne pas avoir les pieds sur terre…;)

  5. Patty O'Green

    @ Charlotte : Damn non! Je te dis pas ça! Ce serait un peu intense et prétentieux de ma part haha, je te connais à peine!!! Et comme tu le sais, j’adorrrrre ta spontanéité alors, je serais un peu mal placée pour te dire que tu ne te laisses pas aller🙂 Comme je le disais à Marie, c’est tellement contextuel le laisser-aller. J’y arrive in the middle of nowhere, mais autrement, assez rarement! On a tous des points sur lesquels on a du mal à se laisser-aller. Mais par rapport au lac, je fais un lien très précis avec le fait de se laisser aller à l’inconnu…(Moi c’est le connu qui me fait peur et dans lequel j’ai du mal à avancer haha).

    • Charlotte

      ah! mais non !! c’est pas prétentieux! jte lai dit javais du mal à me laisser aller !

      je pense que c’est principalement la peur de déplaire. d’énerver. de taper sur les nerfs. ou d’être plate.

      j’ai jamais voulu faire des vagues. toujours voulu me fondre. pas être vue. tsé, être transparente là😉

      depuis quelques années, ça change. je prends plus ma place. mais encore de la misère à me laisser aller totalement. à faire confiance surtout. c’est ça dans le fond, c’est une question de confiance je crois. Envers soi et envers les autres.

      mauzuss de confiance.. pas facile. et si facile à tout déboiter!! j’aimerais me bâtir une confiance comme une forteresse, quasi imprenable, avec quelques faiblesses oui, mais forte, présente.

      la confiance tout découle de là. une fois que tu l’as envers toi, tu l’as envers le reste. j’y arrive difficilement. mais je travaille là-dessus!!🙂

      • Patty O'Green

        « je pense que c’est principalement la peur de déplaire. d’énerver. de taper sur les nerfs. ou d’être plate. »

        Arrgh! Je comprends tellement, on est fou les humains avec nos blocages!

        Oui, faire confiance, il y en a qui travaille pour vivre, moi j’essaie de faire en sorte que la vie travaille pour moi, comment? Je lui fais confiance, anyway, j’ai rien à perdre!!!

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