From the Outside

Je me demandais…Est-ce que l’autisme est un trait de caractère universel de « famille »réunie? C’est juste que….

Ma soeur observait méticuleusement la constitution atomique de son assiette pendant que mon oncle Marc racontait le pourquoi du comment du « hey voyons » qu’il n’avait pas besoin de vin pour être calme et que ma tante Annie lui disait sans même savoir s’il était en train de parler « ferme donc ta gueule crisse Marc » (bis ad infinitum). Mon grand-père chantait, en tous les cas c’est ce qu’il avait dit qu’il ferait,  « Le petit bonheur » de Félix Leclerc dans le micro du resto Italien, je me disais « hey grand-papa, le micro ne se mange pas », pendant que mon beau-père se virait les yeux à l’envers comme pour montrer l’orbite et se contorsionnait les pouces comme pour dire « hey, regarde, je me tourne les pouces, là ».

Mon oncle André postillonnait, genre comme autour des chutes Niagara mais plus chaud et franchement plus visqueux. En fait, je crois qu’il parlait, mais j’étais tellement préoccupée par mon saumon sauce à l’aneth que je lui demandais sans arrêt du fond de mon écoeurantite, mais dans ma tête  tout de même : « vends-tu des parapluies calice? » Ma mère était rouge comme sa sauce tomate Arabiata et faisait des longueurs entre les tables pendant que ma tante Micheline, debout derrière sa chaise, les bras en l’air, criait « wouhou! wouhou! » sans raisons apparentes. Elle semblait célébrer ses aisselles pi moi qui était devant ben, ça m’tentait pas pentoute!

Ma tante France parlait de la sensibilité de son colon après un repas comme celui que nous étions en train de manger et de sa difficulté à faire la différence entre la venue d’un pète et d’un étron pendant que mon cousin regardait le faux foyer avec un point d’interrogation dans le front, mais il était comme choqué  parce que « crisse, y fait trente, c’est quoi le rapport ».

Ma cousine Jeanne replaçait son rack à seins compulsivement dans son chandail léopard pendant que mon oncle Bernard se faisait ses propres films érotiques en captant les jambes, les craques de seins pi les craques de fesses pour celles qui avaient des pantalons tailles basses, genre, il était pas subtil pentoute.

Les tables étaient dégueulasses et je plaignais les serveurs qui allaient torcher le coin où mon cousin Julien avait décidé de manger son Tiramisu d’une seule traite ou encore celui où mon oncle Denis avait décidé d’agglutiner ses kleenex bien souillés parce que le rhume des foins « rouaaah groah herhumm », ben c’est pas drôle tsé. Ma tante Irène testait son nouveau flash sur nous autres donc on a quand même passé pas mal toute la soirée à sourire en essayant de cadrer dans la petite boiboîte numérique : « attends minute, y’avait trop de lumière ». Et là je me disais que « non seulement nous sommes autistes, mais nous allons tous devenir aveugles » […]

Maudit que je suis pas du monde ces temps-ci! Je les aime tsé, pi j’exagère. Patty, calice :

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10 Commentaires

  1. Anne

    hahahahhaa! Je suis crampée, sérieusement, j’ai mal au ventre. Ça fait longtemps que je n’ai pas ri comme ça, merci Patty! Je voyais chacune des images dans ma tête, c’était comme si j’y étais. 🙂
    Toute une famille! (Je rigole, je sais bien que tu t’amuses ici!)

    • Patty O'Green

      Tout le plaisir est pour moi, Anne haha 😉 God, j’étais tellement sur les nerfs ce soir-là. Le pire, c’est qu’avant de partir, j’étais vraiment comme à boutte de nerfs, un peu névrosée, genre, et mon oncle est venu me voir pour me dire à quel point il me trouvait zen et épanouie…

      Tout est une question de perception! haha 😉

  2. Charlotte

    « ferme donc ta gueule crisse Marc » (bis ad infinitum)
    « vends-tu des parapluies calice? »
    pis la fameuse célébration des aisselles!!!

    God damn! T’es déchaînée à soir !!! Hahaha!!

    En tout cas, je suis crampée et ça fait du bien ! J’avais vraiment l’impression d’être là et moi aussi, je voyais tout ce beau monde là dans ma tête !!! pouahaha!!

  3. Marc

    hahahaha! C’est comme ça les soirées familiales pour moi aussi. Je veux dire, tout le monde semble se replier sur eux-mêmes, mais en ajoutant l’effet de masse, ça donne vraiment ce style de tableau. Moi j’aime cette partie où tu parles de ta tante qui raconte ses problèmes intestinaux : « de sa difficulté à faire la différence entre la venue d’un pète et d’un étron ». 🙂

    • Patty O'Green

      Salut Marc! Je ne veux pas rire d’elle, mais comme on ne se voit que pour des repas familiaux, c’est comme jamais approprié de parler de son problème, ça nous coupe tous l’appétit. 😉

  4. Luc Pierre (dit le Salaud)

    hahahahahahahahahahahahha!!!

    Je compatis!

    N’est-ce pas choquant? Il m’arrive souvent d’observer ma famille et de m’étonner que je puisse venir de cette lignée d’attardés. Mais bon. On a juste à nous dire qu’on brise le cycle de perpétuation génétique de la morronnerie…

    • Patty O'Green

      hahaha! Oui ben, je suis pas certaine pour ma part que je peux briser le cycle. J’ai l’impression que « from the outside », j’ai l’air de ça moi aussi, la névrosée qui fait des sourires pour le flash de matante et qui regarde tout le monde sans rien dire…;)

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