Aux grands cons les grands moyens?

Parce que selon une étude très « sérieuse » (je mets toujours ce mot entre guillemets, c’est plus fort que moi), il y a un lien direct, voire nécessaire entre la situation démographique du Liban (dix femmes pour sept hommes) et la soudaine popularité des implantations mammaires et des chirurgies plastiques dans ce même pays.

Damn it! Ce qu’il ne faut pas faire pour augmenter ses chances d’accéder au rituel de l’amour éternel, je veux dire, le mariage! Je ne les juge pas, détrompez-vous, je suis capable de mettre mes petits pieds de québécoise outremontaise -et libanaise de quatrième génération, côté paternel- dans les souliers de ces femmes que la pression sociale, disons en partie masculine (en partie puisqu’il serait ridicule de généraliser),  fait agir de la sorte. L’enjeu est que je n’arrive pas à me mettre dans leur peau, en fait, je ne voudrais surtout pas être dans leur peau et ressentir la douleur qu’engendrent les lames du bistouri dans les parties les plus sensibles de mon jeune corps et risquer de perdre ne serait-ce qu’une parcelle de ma sensibilité épidermique au profit d’un beau galbe en plastique.

Je me suis retrouvée trois fois, nue et inconsciente, sur la table du boucher, dont une fois la semaine dernière (ce qui explique mon big load de textes, je suis en convalescence). Mais je n’en avais pas fait le choix « philosophique ». Je ne me suis pas rendue à l’hôpital en chantant « ce soir je serai la plus belle pour aller danser hé hé hé…hé hé », Non!

Pour moi, Mademoiselle Swan (téléréalité de chirurgies esthétiques transformant les participantes à un point tel qu’elles ne se reconnaissent pas dans le miroir) était du Gore total, une émission d’horreur des plus cauchemardesques. Elles ont les mêmes élans schizophréniques, les filles, dans les films d’horreur ; elles se regardent dans le miroir en hurlant : « Is she me? Am I her? aaaah ».

La douleur qui irradie dans mon poignet gauche, au moment même où j’écris ces lignes, me dit qu’on se fait charcuter lorsqu’on n’a pas le choix, lorsqu’on est malade, lorsqu’on a mal. Et c’est sans doute pour les même motifs qu’elles le font, à bien y penser, ces libanaises… Ah! Je ne sais pas pourquoi, mais ça m’attriste :

2 Commentaires

  1. Anne

    Très sentie ce post, et on comprend pourquoi : tu sors d’une chirurgie et tu es d’origine libanaise (de loin), ça m’a quelque peu ébranlée cet article dans la presse (je crois que c’est là que tu as vu ça)…

    « Et c’est sans doute pour les même motifs qu’elles le font » ça me fait réfléchir ce que tu dis, je n’avais jamais pensé à cela de cette manière…

  2. Patty O'Green

    Oui, effectivement, c’était un article dans la Presse.

    Eh bien, je me pose la question… Peut-être que ça se présente véritablement comme une nécessité pour elles, c’est la seule manière que je m’explique une souffrance auto-infligée. Et jusqu’à un certain point, je crois que je comprends…

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