L’exode

« Ben voyons, tu ne peux pas me laisser comme ça. »

J’étais barwoman dans une base de plein air. J’entretenais des conversations pénibles avec les clients désespérés lors des « week-ends célibataires » pendant que d’autres abrutis forniquaient dans les bois.  Parce que je considérais que ça faisait partie de mon travail de merde. Parce que je voulais faire du tip. Parce que j’allais faire un long voyage de deux mois dans le Sud de la France en septembre. Parce que je n’avais rien d’autre à faire à l’heure où tout le monde forniquait et que le bar devait rester ouvert.

« Nous deux, c’est comme Moïse et son bâton. »

J’avais remarqué un énorme tatou dans son dos plus tôt dans l’après-midi alors que je faisais le service sur la plage. Un drapeau du Québec tatoué dans le dos : je crois qu’il n’y a rien de pire qu’un fanatique nationaliste pour me rebuter. Il faisait des bombes au bout du quai pendant que je vendais de la bière et des popsicles à des vieux cochons.

« Nous deux, Moïse et son bâton, nous allons séparer les eaux cette nuit »

Attends : Moïse, son bâton, les eaux…Je suis quoi moi, dans ton histoire?

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