Fanzine de Noël [Euphorbia pulcherrima]

Avec des collègues d’horticulture, on a concocté un petit fanzine humoristique et engagé à propos de la plante de Noël, le poinsettia. Au départ, c’était pour la vente des Amis du Jardin botanique de Montréal, mais il nous en reste encore une dizaine. On les vend 2$ sur Etsy (par ici). Tu les trouveras aussi à la Librairie La Flèche rouge, sur Ontario. Pitche toi, comme ça tu vas découvrir que le poinsettia est une plante merveilleuse et attachante qui se garde toute l’année. On ne devrait pas la mettre dans la poubelle après Noël !

Tu peux offrir le fanzine en cadeau avec la plante à ton mononcle ou à ta matante. En plus, avec les croisements génétiques pis toute, tu peux facilement trouver un poinsettia ROSE FLUO pas loin de chez vous. 🙂 

stream of consciousness #1 Énorme

T’es tellement gracieux, je me sens énorme. Pas énorme dans le sens de grosse, ni dans le sens de spectaculaire. Je suis énorme de malaises, énorme d’un glitch entre ma vie intérieure et le mouvement de mon corps dans le monde. J’agis beaucoup, mais comme tu sais, le plus dur, c’est de ne rien faire, de ne pas résister au flux qui, de toute manière, continue. Le plus dur c’est de ne rien faire sans s’amortir. Et de prendre le temps de ressentir.

Vingt minutes pour méditer. Vingt minutes pour courir. Vingt minutes pour lire. Je mesure le temps parce que c’est comme ça que je me donne de l’espace pour être patiente. J’ai toujours su retarder au maximum la récompense, mais là, tu me fais réaliser que je n’ai jamais appris à ne pas l’espérer. Parce qu’être patiente, c’est toujours attendre quelque chose. Je ne veux être ni patiente, ni impatiente. Je veux accueillir comme dans rencontrer intentionnellement et honnêtement les gens, les choses, les situations.  Accueillir sans ressentir l’exigence féminine d’être avenante ou plaisante.

Pour tout dire, ces jours-ci, je suis un peu dégoûtée par les débats sur la science et la pseudoscience. Les deux comportent des représentations du monde qui m’animent, qui font appel à mon imagination. J’aimerais voir les gens tout accueillir, mais aussi tout analyser comme des fictions. La véritable guérison, pour moi, c’est le fait de vivre en adéquation complète avec la représentation du monde qui nous habite, dans le fin fond du fond des tripes. Pour cela, il faut bien qu’elle soit un peu accueillie.

Et je sais bien aussi que j’ai eu l’air ridicule de faire une ode (humoristique, han) à l’homéopathie l’autre jour sur ce blogue, mais c’est qu’elle me fascine, cette « discipline ». Son histoire, ses chercheurs marginaux et acharnés, dont l’un d’entre eux a par ailleurs été nobélisé, qui affirment que l’eau à une mémoire, que ses effets sont vibratoires. Je n’ai pas de données probantes, mais je n’ai qu’à m’assoir près d’un océan, à tuner les 65% d’eau qui me constituent avec les ondulations des vagues pour entendre les bruits des temps les plus reculés.

Je sais que toi, tu m’écouterais te raconter tout ça : tu ne serais pas sur la défensive, tu ne me ridiculiserais certainement pas. Ta rigueur, elle est ailleurs. Dans la conscience, et dans le corps. Je t’admire de vivre selon ce que tu ressens avec le principe de ne pas nuire aux autres, de rester dans l’amour. Cette posture suscite tellement le mépris aujourd’hui. On accuse les gens comme toi de se conforter, de s’illusionner. Pourtant, c’est vraiment un défi, ce que tu fais. Je n’ai jamais rencontré un homme, ni une femme d’ailleurs, avec une aussi grande capacité d’accueil que toi. En plus, t’es féministe, je veux dire, ça va de soi : t’es empathique.

En même temps, je te regarde et j’ai peur des raccourcis intellectuels. C’est pour ça que je lis tout le temps. J’étudie sans arrêt. Je remets tout en question. Je n’accepte pas la médiocrité, ni la suffisance. Mais je sais que cette médiocrité n’est pas moindre à l’université ou dans la communauté scientifique. Il y a longtemps que je ne vis plus dans cette naïveté. La médiocrité n’est pas une question d’intelligence, de classe sociale, d’éducation, de genre, c’est une question de niveau d’empathie.

J’ai aussi peur de la rigidité. Ce que tu appelles « intégrité ». Je trouvais ça étrange que l’une puisse ressembler à l’autre. Plus j’y pense, plus j’y vois du sens. L’intégrité, c’est quelque chose d’intact, d’inaltéré, d’absolu. Je me demande comment l’on peut être intègre sans être rigide. Comment l’on peut vivre son intégrité tout en demeurant souple, ouvert d’esprit, en restant conscient de la malléabilité de l’identité.

Je me dis qu’être intègre, au fond, c’est surtout reconnaître que notre rapport au monde passe par une représentation, une construction. En ce sens, je trouve que certaines personnes, et ce sont souvent celles qui parlent le plus fort, manquent franchement d’intégrité, et par conséquent, de créativité. Ça les rend vraiment petites. C’est dommage.

C’est comme les jalousies féminines. Je les ressens souvent. Ça nous rend tellement petites et tellement énormes en même temps. Quand ça arrive, je me tiens droite, j’ouvre mon cœur, je souris chaleureusement à mes collègues femmes. Je me prends pour un calinours dans l’espoir de désamorcer une dynamique qui m’habite aussi. Je ne veux pas juste quitter le ring pour me faire croire que « moi, j’embarque pas là-dedans ».  Je reste. Je veux guérir. Il me semble que c’est ce que tu ferais toi aussi.

Sinon, je me colle aux quelques gars, façon de parler. Ça se passe surtout dans ma tête. Ils m’apaisent parce qu’ils ne sont pas dans le ring; ils ne le voient même pas. En même temps, je les perçois plutôt perturbés. On dirait que le chemin pour se rendre à leurs émotions, c’est comme un labyrinthe. C’est leur ring à eux. Je sais que tu es passé par là et que c’est comme ça que tu es devenu gracieux. J’essaie de leur faire sentir que je comprends, qu’ils peuvent me faire confiance, qu’ils ne sont pas énormes pour autant.

HoméoPattie

Ô Pattie, l’indigne descendante des MÈRES ÉSOTÉRIQUES soignées au jus de pomme chaud pis à l’HOMÉOPATHIE (fuck yeah!), éduquée au Jodorowski, celle qui fait sniffer de l’eucalyptus à ses enfants qui n’ont jamais avalé un produit de l’industrie. Shame on me, la concierge qui a éradiqué les punaises de lit répandues sur les quatre étages de son immeuble avec des CONCOCTIONS aux huiles essentielles pendant que le reste de la ville dormait au gaz pis aux pesticides en attendant le printemps silencieux.

Ô Pattie, la folle DÉCONNECTÉE qui achète des légumes bio au lieu de manger des brevets de Monsato pis qui avale naïvement son CHAGA le matin avant de partir en vélo pour son école d’ÉCOLOS DÉJANTÉS qui apprennent à semer, à repiquer, à arroser. La future horticultrice qui cultive l’aloe vera pour soigner son eczéma, pis qui fait sécher des herbes à infuser pour apaiser les petites douleurs, pis pour guérir les têtes débranchées de leur CŒUR.

Ô Pattie, la naïve qui lit The Art of SEXUAL ECXTASY pis WOMB WISDOM, pis qui termine ses MÉDITATIONS en faisant résonner son BOL TIBÉTAIN, en serrant dans sa main sa pierre de SÉLÉNITE pour rediriger son ÉNERGIE all over son body. Oui c’est moi la risible, la ridicule, la naïve, la pas scientifique, la SANS ESPRIT CRITIQUE, je dirais même la FÂCHANTE, LA SORCIÈRE :

FÂCHEZ-VOUS DONC TOUT LE MONDE, C’EST TRÈS IMPORTANT DE SE CHOQUER, DE S’INDIGNER

de réitérer sa représentation du monde, de montrer combien elle est dominante, forte, fière, patriarcale jusqu’à la moelle, je veux dire, C’EST VRAIMENT FÂCHANT L’HOMÉOPATHIE pis c’est tellement apaisant l’industrie pharmaceutique qui crosse la planète au complet, qui disempower les plus démunis, pis qui invente de nouvelles maladies à mettre dans la petite bible de la psychiatrie. La belle industrie qui fabrique les pires pesticides pour perpétuer la monoculture en détruisant les plus belles cultures jusqu’à ce que l’on ne puisse plus rien faire émerger de cette Terre qui s’écroule sous le poids d’une vision du monde homogène, mais combien

FORTE, VIRILE, SANS VULNÉRABILITÉ, SANS FAILLES

Une vision PROUVÉE pour son EFFICACITÉ, voilà, c’est ça l’affaire, c’est tellement

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que ça soigne TOUT ce que ça rend malade ou presque, c’est pour ça que c’est tellement RÉVOLTANT cette histoire de médicaments dilués dans l’eau: c’est DANGEREUX ces affaires-là dites HOLISTIQUES, ça nous détourne des vraies affaires.   

Alors faut rire TRÈS FORT de ces gens qui avalent de l’air au lieu d’encourager Pfizer, pis après, faut sortir le mépris parce que GOD KNOWS QUE ÇA DÉVELOPPE L’EMPATHIE. C’est comme ça qu’on entre dans le camp des lucides, des consciencieux, des défenseurs de la justice humaine au Québec. C’est comme ça qu’on peut prêcher le seul et unique jugement dernier qui a été prouvé, je parle de cette Science dont on ne s’attarde jamais à l’épistémologie parce que WHO CARES ABOUT THAT AUJOURD’HUI, faut choisir ses batailles, comme on dit, pis la guerre est déclarée à l’homéoPattie.

Apprivoiser la douve

On devrait faire comme Abramovic et Ulay, on devrait marcher peut-être pas le mur de Chine, mais genre la Appalachian trail ou la Pacific Crest trail avec pas de tente et en commençant chacun d’un bord de la trail pour braver un peu la wildness avant de se dire Adieu dans le milieu parce que là, c’est tellement immense que j’ai l’impression qu’on se regarde chacun d’un côté du Grand Canyon ou d’une autre crevasse terrestre béante qui donne le vertige et que, malgré tout, on essaie de se tenir la main, de s’entraider, de se consoler tout en luttant pour ne pas tomber, pour ne pas sombrer ensemble dans le tumulte d’une rivière qui se crisse ben de nos petites misères quotidiennes, de nos cœurs brisés, de nos os qui ont pris l’humidité, je veux dire : on a touché le fond.

Tu penses que je réfléchis tout longuement, mais cette fois-ci, je t’ai simplement transmis le message de mes viscères qui m’ont confirmé la semaine dernière qu’il n’y aurait plus de pont, qu’il faudra désormais apprivoiser la douve entre nous, puis dans nos estomacs, sans se faire la guerre, sans monter aux barricades parce que c’est la seule manière d’enfin vivre ma vérité et de ne plus jamais au grand jamais faire partie de la grande mascarade qui se prend pour l’humanité. Je me suis groundée dans mon corps, pis on dirait que tout a pris le bord, mais le plus fou dans tout ça c’est que tu comprends; tu comprends que quand on s’est rencontrés, il y a douze ans dans un party à peine arrosé, j’étais vraiment loin d’habiter mon corps, ce corps que j’ai lentement réanimé au fil des années, pendant que toi, tu t’es complètement oublié en me demandant de t’aimer.

Tu veux que je reste encore « un peu » et j’essaie de ne pas entendre « toujours » pour qu’on puisse apprendre, ensemble, à ne plus vivre l’un à travers l’autre comme on le faisait quand on s’entretuait. Tous mes espoirs sont réunis autour de la petite chambre qu’on est en train d’improviser dans le salon qui envahira à son tour la salle à manger; une petite chambre où je pourrai fermer la porte et m’envelopper dans ma couverture fair trade de yoga avec une bougie, un cahier pour écrire, mes guits, mes livres et mon amour propre. On s’est dit : peut-être que les enfants trouveront ça un peu amusant malgré tout de nous visiter dans nos petits espaces respectifs le samedi matin, de nous réveiller tout à tour pendant que, dans le reste de l’appart, les meubles s’entassent pour donner un peu plus de chaleur aux pièces communes où nous nous sommes promis de cohabiter en s’accueillant l’un l’autre au grand complet pour une fois.

Echinacea purpurea

Puisque tu navigues dans le monde comme dans un livre de Gombrowicz, j’ai cherché la signification de la fleur que tu m’as donnée en m’attirant dans le guêpier. J’ai cherché ton message. Pis comme par hasard, hier, dans le cours, le prof nous a parlé de l’échinacée pourpre. Je connaissais ses vertus guérisseuses, mais pas son pouvoir de ralentir la croissance des plantes qui l’entourent. Pour se protéger. Pour ne pas se laisser envahir. Pour pouvoir bloomer! Pour s’enraciner comme du monde. Des frontières invisibles, mais nécessaires pour grandir. Pour guérir les autres ensuite.

Je sais pas trop si c’est ça que tu voulais me dire, mais je te le dis tout de suite : je peux pas bloomer! Pas maintenant! J’ai des affaires à régler, je veux dire : faut que mon père meure, faut que ma sœur sorte de son internement, faut que mon fils s’épanouisse à l’école, faut que ma fille arrête de vouloir devenir une princesse pis faut que celui avec qui je vis apprenne à s’aimer.

Je me laisse envahir, tu vas me dire dans tes silences, tes maudits silences qui me parlent tout le temps, mais c’est pour ne pas ressentir l’abandon. J’en mourrais, je veux dire, je suis pas mal sûr que je pourrais mourir d’un sentiment d’abandon. En fait, je suis certaine parce que j’ai eu un sale glimpse l’autre fois pis ça ressemblait franchement à un trou noir ou pire encore, mais peut-être pas, en tout cas me semble que je survivrais pas, me semble que c’est pas possible de ressentir ça sans mourir, sans ressusciter dans un monde fait uniquement d’abandons partout, partout. Pis c’est pas comme si t’étais un safety net.

Tu m’as dit que j’allais trouver des solutions, que ça pouvait aller très vite, en insistant sur le « très vite ». T’avais l’air convaincu. Coudonc, le savais-tu que ça imploserait, ça exploserait, que je me demanderais « c’est-tu ça le bonheur? » la face en pleurs? Parce que toi tu fais la chasse aux volcans, tu cherches des affaires qui jaillissent de la terre, mais moi je cours après la mer, pis j’ai besoin d’air, de beaucoup d’air. Mon feu. Ton eau. Mon ground. Ton éther. Mais tu t’en crisses ben, ça fait que whatever.

What a fucker. (thx).

Pattie

❤ & 💪

Le sarcasme, ça tue l’âme, ça tue  l’AMOUR, je veux dire ça tue TOUTE ok? Arrête donc, là.  En plus, ça a pas l’air d’être ben bon pour le teint, t’as même plus de COULEURS dans la face. Sois donc COUNTRY, mais pour de vrai, pas juste pour avoir l’air de ça parce que c’est don’ cool pis rugged pis toute, je veux dire fais-toi des BICEPS pour de vrai en bêchant le sol avec la fourche pis invente une toune pendant que la terre se

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« Country music tries its best to be HONEST with itself. When it’s sad, it SAYS it’s sad »

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Ressens donc ce que t’as à ressentir au lieu d’étendre tes sarcasmes sur les réseaux sociaux. Si t’es pas capable, mets ta main sur mon COEUR pis regarde moi dans les yeux, je vais t’allumer le TROISIÈME OEIL pour que tu puisses dire « I HAD THE TIME OF MY LIFE » au moins une fois avant de mourir.

Je vais te dire une affaire: j’ai les pieds dans la terre, les mains sur un tronc pis mes cheveux sont des ANTENNES COSMIQUES FULL COSMIQUES. Je suis une WITCH. Je connais toutes les concoctions, les décoctions, je vais semer mes affaires bientôt, pis ça va te GUÉRIR même si t’es pas game, même si tu me méprises avec ton ami le Pharmachien pis les autres adeptes de la rhétorique sarcastique. HEY!

NIAISE DONC PAS AVEC LES SORCIÈRES!

Je fais du HEALING avec mes mains, pis je te haircut le spectre de ton AURA, mais détrompe-toi, je suis pas en train de slaquer intellectuellement, de céder à la médiocrité : NON! J’aime trop l’exigence, c’est avec ça que je FIGHT contre le sarcasme et sa négligence. Ça fait que si tu continues de m’entretenir sur des affaires qui ne viennent pas de ton COUNTRY intérieur, si tu continues du me montrer le muscle de ton cerveau en négligeant le pouvoir de tes BICEPS, je vais te dire:

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comme une adolescente insolente pis après je vais TOUTE faire pour te voir pour de vrai, pour t’accueillir AU COMPLET, même avec ce que tu détestes le plus de ta personne, pis si ça marche toujours pas, je vais retourner dormir avec celle qui m’a appris à TOUT DIRE, à TOUT RESSENTIR.

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Le guêpier

On a regardé le paysage reculer dans le truck. On a retourné la terre pour planter de l’abondance. On s’est dit à quel point « ça faisait du sens ». Tu m’as dit que tu laissais tout aller, que tu ne t’attachais à rien, que les choses t’arrivaient au moment où tu en avais besoin. Rien ni personne ne te manque, crisse? Je m’efforce de te détester parce que le contraire m’est insupportable.

Hier, je n’ai pas dormi de la nuit. Les guêpes s’accumulaient dans le logement du dixième rang. Je me levais pour les attraper avec du papier de toilette. J’ouvrais la porte pour les libérer. Elles revenaient à l’intérieur par je ne sais où. Elles se tenaient en groupe dans les coins des fenêtres. Elles n’étaient pas vraiment agressives. Elles ne m’ont jamais piquée. Si au moins elles m’avaient menacée, j’aurais pu les tuer! Elles pratiquaient l’inertie, mais en bourdonnant tellement fort que ça m’empêchait de dormir. Je les imaginais franchir la porte de ma chambre. Alors je restais éveillée pour surveiller. Pis je pensais aux choses qu’on s’était dites sans se parler cette semaine. Je pensais à toi.

C’est peut-être la première fois de ma vie que mes fantasmes s’arrêtent là où ça pourrait commencer. Je te cherche, c’est tout. Je n’ai pas d’images, ni de positions, ni de mots dits dans l’oreille parce que je sais que, toi aussi, tu as pris l’engagement de créer en dehors de toutes les images existantes. Je sais que, pour toi aussi, le sexe est un espace sacré, un échange d’énergie, une création infinie. C’est tellement rare. Ça fait que mon corps t’a reconnu tout de suite.

Tu me disais que tu trouvais que j’étais centrée, groundée, émerveillée. Une artiste qui porte une enfant dans son cœur. Pis tu m’as refilé une fleur. De l’échinacée pourpre. Tu sais bien que les pétales se mangent. Que leur jus traite les blessures légères. L’intuition était bonne, mais il m’en aurait fallu trois ou quatre tonnes.

Le dernier jour, dans le truck, je t’ai dit « c’est ta faute ». Je parlais de ma confusion. Tu m’as dit « pourquoi? » J’ai dit « ta présence ». Je t’ai dit un peu en riant que j’allais m’ennuyer de toi. Tu t’es éloigné avec un sourire en me disant « oui, mais peut-être pas pour longtemps… ». T’as mis la potentialité de nos retrouvailles entre les mains de l’univers.

Parce que tu crois aux esti de synchronies, tu pratiques l’inertie. T’as pas une once d’agressivité. Tu ne m’as jamais piquée, mais tu ne veux même pas être mon ami sur Facebook for christ sakes. Si au moins tu m’avais menacée, j’aurais pu m’en crisser.

Tu m’as entrainée subtilement jusqu’au fond du guêpier, dans mon cœur, pis tu m’as abandonnée là avec mes affaires à régler pis ma douleur.

What a fucker. (thx)

Pattie ❤