Fig tree

Je suis en train de peindre tous les murs de mon appartement, tous les murs en BLANC, pis je me sens LOST AS HELL, mais c’est « pô grave » comme ils disent, c’est TELLEMENT « pô grave », faut tellement « pô s’en fère » de ne pas trop savoir quoi faire de sa VIE« IT’S ONLY LIFE AFTER ALL » comme elles chantent, les Indigo Girls, juste avant de gueuler ça :

I spent four years prostrate to the higher mind/got my PAPER/and I was FREE

Et ce FREE-LÀ, finalement, c’est comme le FIG TREE de Sylvia Plath, le MAUDIT FIG TREE, elle se voyait assise au pied de l’arbre, « STARVING TO DEATH », juste parce qu’elle n’était pas capable de choisir une figue, juste parce qu’elle « WANTED EACH AND EVERY ONE OF THEM » et qu’en choisir une seule ça voulait dire de perdre toutes les autres. Elle restait assise, là, incapable de choisir une figue, et les figues, elles, commençaient à pourrir, à devenir noires et « ONE BY ONE », elles tombaient à ses pieds. Ça m’a renversée, j’étais tout à l’envers, j’ai refermé le BELL JAR pis je me suis dit « FUCK ». C’est sûrement parce que je savais que, tôt ou tard, j’allais être prise en dessous du même FIG TREE, parce que j’aurais trop longtemps cru, en faisant du déni, que c’était ÇA, ÊTRE FREE : avoir plein de choix QUI N’EN SONT PAS VRAIMENT, avoir rien devant soi et deux enfants qui nous regardent,

je veux dire des enfants plein d’envie de GRANDIR, de s’épanouir, de faire BOUGER DES MONTAGNES avec leur sourire.

Ces enfants-là, ça nous regarde aussi AVOIR PEUR de voir des figues tomber, des fruits pourrir, la VIE partir.

Je me suis fait une promesse, parce que la détresse, c’est pas mon genre, comme si c’était le genre de quelqu’un, tu vas me dire, mais c’est « pô grave », je le dis pareil : C’EST PAS MON GENRE, LA DÉTRESSE, JE ME PITCHE DANS L’ACTION. Ça fait que je me suis promis de prendre le premier LOW HANGING FRUIT, pis de le savourer, pis de pas chialer, pis de pas brailler, pis pour l’instant, ça veut dire de PEINTURER, de remettre les choses un peu en ordre, d’effacer les traces de doigts, les éclaboussures pis les dessins sur les murs, COMME SI JE POUVAIS faire disparaitre les autres affaires en même temps : les engueulades, les LUTTES pour mon espace, les TENTATIVES RATÉES d’être qui je suis.

Parce qu’on se prépare à souligner nos dix ans de vie commune, nos dix ans de disparition l’un dans l’autre à ne pas s’imaginer une seconde que ça pourrait finir. Mais ÇA POURRAIT FINIR, on le sait TELLEMENT maintenant, pis TOUT LE MONDE nous dit: « mais pourquoi vous allez pas à l’hôtel chic, pourquoi vous buvez pas du champagne, pourquoi vous prenez pas un bain avec des roses, pourquoi vous allez pas au spa, POURQUOI, VOYONS, VOUS ALLEZ DANS LE FIN FOND DES BOIS MANGER DE LA BOUFFE IONISÉE SANS POUVOIR VOUS LAVER? » Parce que les Appalaches 

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que les draps blancs pis les murs blancs ne savent pas. Parce qu’IL VA FALLOIR qu’elles nous parlent, les Appalaches, parce qu’à un moment donné, ça sert plus à rien d’analyser, de raisonner, d’accuser, de s’obstiner, de s’insulter; à un moment donné, il faut juste marcher, accueillir, écouter: OUI! Juste marcher, s’éloigner du FIG TREE, pis espérer que ça marche.

L’oeil de l’ouragan

Un récit d’aventure, mais surtout un hommage aux iles, aux kitesurfeurs-euses, à mon fils.

« L’oeil de l’ouragan »  dans Revue Zinc – Spécial eau salée.

INVITATION-ZINC-EAU-SALÉE

Avec des textes de Carl-Keven Korb, Françoise Major, Mikella Nicol, Laurence Gough et Véronique Malouin.

En librairie début mai!

Le swing de Jésus

Dans Les chemins de ma liberté, Nathalie ne tait plus le nom de Guy Cloutier comme dans son premier livre. Et dans un passage particulièrement glauque, elle relate les gestes précis et obscènes qu’il a commis à son endroit. Bien que ce dernier ait payé ses dettes à la société. (Nathalie Petrowski : ici)

Décidément, au Québec, on en a contre les victimes d’abus dans l’enfance! Quand ce n’est pas pour parler de leur pauvre mère qui pardonne à l’agresseur au détriment de la santé mentale de leur enfant, c’est pour les gronder, les vilaines.

Il se trouve que cet agresseur a payé sa dette à une société dans laquelle les sentences ne sont pas équitables en matière d’agressions sexuelles si l’on tient compte de l’ampleur des conséquences que subissent les victimes. Parce qu’on oublie quelqu’un dans l’équation société/agresseur : c’est la victime. Et il faut vraiment manquer d’empathie pour ne pas comprendre la necessité de raconter.

La moindre des choses, quand une victime raconte un viol, c’est de ne pas la faire passer pour une glauque qui cherche à punir son agresseur qui en a soi-disant assez bavé. Guy Cloutier est victime de Nathalie Simard, maintenant? On est-tu rendu là?

Dites-le-moi tout de suite parce que, si oui, je vais m’enrôler pour Mars One pis je vais m’assurer que ça fonctionne, c’te projet de téléréalité-là. Vous allez pouvoir me regarder gruger mon dernier radis radioactif devant votre télé en vous disant, « ayoye, pauvre elle, moi mon pop corn est full bon en tout cas! »

«C’est un être que je voudrais oublier, mais ce n’est pas possible. Il m’a marquée à vie, mais il ne m’empêchera plus de me tenir debout. Le pire est passé, le meilleur est à venir», dit-elle avec une volonté farouche de passer à une autre étape de sa vie.

Oh, la farouche! Il faudra la dompter:

Y réussira-t-elle? Malgré sa haine de Guy Cloutier? Malgré sa tendance à toujours blâmer les autres pour ses malheurs? Malgré un destin souvent placé sous le signe de la tragédie?

Ça sent le swing de Jésus par ici, on dirait le Moyen-Âge! On va devoir passer nos soirées à s’enlever des poux dans la tête pis on n’a pas fini de se gratter parce que la phrase que j’ai lue le plus souvent pendant #agressionnondénoncée c’est « bravo pour votre résilience, les filles ». C’est quoi cette obsession avec la résilience et le pardon? Si Nathalie Simard pardonnait, comme une bonne petite femme, Dieu lui offrirait un plus beau destin? Quelle est cette puissance inéluctable qui détruit la vie des victimes qui sont prises dans ce genre de pattern? C’est leur incapacité à pardonner? Vraiment? Ah, les victimes, ces êtres fondamentalement inaptes et inadaptés…Qu’elles se taisent une bonne fois pour toutes et qu’elles nous reviennent de bonne humeur!

On veut un état laïc, on en devient même fasciste, pis on suinte le judéo-christianisme? On s’étonne que les choses ne changent pas en ce qui a trait aux agressions?

BRAVO NATHALIE SIMARD POUR TA COLÈRE ENVERS CELUI QUI T’A AGRESSÉE.

Parce que quand la colère est à la bonne place, c’est là que la vie passe enfin du noir et blanc à la COULEUR. On n’est plus au Kansas, Toto! Ici, on n’a plus besoin de prendre soin des cochons.

(Moins en colère qu’attristée par ces continuels manques d’empathie)

INCEST IS THE NEW HOCKEY

-Esti que je suis tanné d’entendre des histoires de filles qui ont été violées dans l’enfance.

Ok, on va jouer une game, trouve 100 LIVRES QUÉBÉCOIS dans lesquels un dude, je veux dire, UN GRAND ÉCRIVAIN, parle de hockey. En fait, peut-être qu’y’a même une coup’ d’universitaires sérieux qui ont déjà fait la job, je veux dire, si tu fouilles dans les thèses, il doit y avoir une SUPER RECENSION de ce sujet FONDAMENTAL!

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IL Y EN A DES MILLIERS

pis sérieux, j’aime ça quand des écrivains écrivent sur le hockey parce que c’est ÉMOTIF, pis j’aime ça les émotions de dude, ça me fait du bien. D’ailleurs, je me disais qu’un jour, il faudrait ABSOLUMENT que j’écrive un billet sur les dudes qui m’ont aidée, Y’EN A BEAUCOUP, je parle de ceux qui ont eu d’autres choses à me dire que : « esti que je suis tanné d’entendre des histoires de filles qui ont été violées dans l’enfance ».

C’est GUÉRISSEUR, l’empathie des GARS quand t’as été violée par la même sorte de GENRE

Anyway, juste dans ma bibliothèque de FIFILLE BEN BEN GIRLY qui lit des affaires FULL PLATH, j’en ai une trentaine de livres québécois qui parlent de hockey. Pis mon chum CAPOTE là-dessus, le hockey, pis ma fille porte le t-shirt rouge, pis je trouve ça ben ben cute, bon je suis moins fan quand y’a des FEMMES BATTUES de l’autre côté de la bande, MAIS HEY FAUT PAS GÉNÉRALISER, JE LE SAIS pis laisse-moi te dire que quand ça gagne, c’t’équipe-là, je suis une vraie de vraie

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parce que quand la société québécoise s’énarve en choeur pour quelque chose, je veux faire partie de la gang quitte à être une petite POSER.

Bon, maintenant, trouve 100 LIVRES QUÉBÉCOIS qui parlent d’inceste, je veux dire, explicitement d’inceste ou d’abus dans l’enfance. Non mais, penses-y, l’abus dans l’enfance pour les femmes est une expérience AUSSI COMMUNE que le hockey, mais on est toujours tanné d’en entendre parler même si on sait qu’au moins 99.99999…etc.% des écrivaines n’écrivent jamais là-dessus, même si on sait qu’on devrait plutôt être tanné que les filles se fassent violer, mais bon, peut-être que ça, ça nous dérange pas dans le fond. WHAT? HEY WATCH OUT:

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J’ai été violée plus souvent que j’ai vu de game de hockey SHAME ON ME pis je comprends mieux la dynamique de pouvoir qu’implique le viol pis qu’on retrouve partout ailleurs dans la société que les règles du fucking jeu de hockey. Pourtant, c’est important de savoir les règles, c’est VRAIMENT IMPORTANT, JE TROUVE, parce que sinon, on comprend n’importe quoi! Comme l’autre jour, j’ai dit de quoi à mon chum en écoutant le hockey, pis il a trouvé ça ben drôle, il y avait une bataille pis on aurait vraiment dit que les joueurs avaient envie les uns des autres, que c’était ça la pulsion :

-MAIS REGARDE COMMENT ILS SE PRENNENT, REGARDE ÇA, C’EST FOU, ILS NE PEUVENT PAS RÉSISTER, ILS ONT BESOIN DE CE CONTACT, REGARDE LES GESTES PASSIONNÉS, ET ILS SE DÉSHABILLENT LES UNS LES AUTRES EN PLUS! WOW!

Esti que je suis fuckée, ça n’a pas d’allure, VOIR que la violence part d’un désir frustré de posséder l’autre, d’un vrai beau désir de dominer, de forcer, d’achever, de rentrer sa fucking puck dans un net, pis de faire une couple de pucks sur les corps au passage. Ok, c’est biaisé mon affaire, J’AVOUE, c’est full sain, le hockey.

GO HABS GO!

QUIET, GIRLS, QUIET!

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Achète-toi un O’Green

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Remixe ta Saint-Patrick, pis « ACHÈTE-TOI UN O’GREEN! », c’est vraiment un must pour la parade cette année! Il y a du vert irlandais, mais c’est surtout rempli de JAUNE. Ça  illumine dans le noir pis ça a des airs de famille avec un Carnet écarlate.

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J’aurais voulu écrire tout ça SUR LES MURS, mais Valérie Lefebvre-Faucher m’a proposé un ESPACE PUBLIC avec des pages : c’est encore mieux quand ça se passe aux Éditions du Remue-Ménage! Elle m’a indiqué les passages mous pour que le SLAM WESTERN mette la hache comme il faut dans nos tabous. Ça prenait une GRAFFITEUSE pour l’illustrer, c’est là que Delphine Delas est arrivée avec une hache pis des BOP BOP BRÛLÉS :

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Anne Migner-Laurin a fait de la MAGIE pour qu’on ne se rende pas compte que les mots 

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pour qu’on voit que j’écris à HAUTE VOIX quand je dis que le monde manque cruellement d’empathie et de créativité pour accueillir la douleur humaine. 

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Le livre est petit, mais c’est comme infini. Y’a MES COEURS dedans. Ils sont tous là. Il te reste juste à prendre le pont pour L’AUTRE CHAIR DU MONDE. C’est douloureux, mais y’a un genre de HAPPY END dans lequel on se hold each other’s hands.

Pattie xx

 

Comment faire bloomer son être humain [Billet d’astuces]

Je capote sur les billets d’astuces, je trouve que c’est une forme littéraire trop peu exploitée, pourtant, c’est super accrocheur, je ne peux pas faire autrement que de les lire pis comme les astuces ne marchent jamais, je lis toujours plus de billets d’astuces, je me dis qu’à un moment donné, je vais trouver le bon qui va régler tous mes problèmes, mais je ne le pense pas vraiment. Parce que ce qui est trippant, dans les billets d’astuces, c’est précisément l’illusion, je veux dire, à l’origine, le mot « astuce », ça veut dire « tromperie » ou « ruse », c’est le billet qui est astucieux : souvent, il crée un problème pis il te fournit la fausse solution en même temps. Chaque astuce commande une action loufoque qui donne l’impression d’être rusée : tu peux bien t’étendre du jaune d’œuf dans la face ou du jus de citron sur le cuir chevelu, t’auras l’air de tout sauf d’une personne rusée.

Les billets d’astuces, ça commence toujours par une genèse d’une révélation des astuces, genre : « récemment, j’ai vécu une expérience intense pis j’ai compris ce qu’il fallait mettre en oeuvre pour faire bloomer son être humain ».

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Je te le jure !  J’ai rencontré une gang de gens, maudit qu’ils étaient beaux, je les aurais tous mariés, femmes et hommes confondus, n’importe lequel, je me serais soumise à tous leurs caprices, juste pour en avoir un, comme si c’était une garantie d’épanouissement. Ça m’a rappelée quand le gars du film Little Women travaille sur le cas des soeurs March pour en marier une :

Just as you have always known that you would never marry a pauper, I have always known that I belong to the March family.

Je peux pas croire qu’elle finit par dire oui, cette soeur-là ! La première soeur, il avait essayé de la convaincre de même :

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Heureusement, elle lui a dit non, celle-là ! Quand tu penses que t’as besoin d’un type de personne pour BLOOMER, c’est un signe que t’as VRAIMENT un craving de billet d’astuces. Ça fait que j’ai arrêté de vouloir me marier à un de ces humains fabuleux, je les ai observés méticuleusement pis j’ai déniché leurs astuces. Depuis ce temps-là, je BLOOM moi aussi. 

Astuce #1 : Regarder les gens DANS LES YEUX : TOUJOURS. Pas le cul, pas les seins, pas la bosse dans le pantalon, pas les vêtements ni la coiffure, non. Les yeux et rien d’autre. Straight dans le fond. Le fond des yeux est plein d’amour le reste est plein de bullshit. L’être humain ne peut PAS BLOOMER quand il regarde toujours la bullshit des autres. NAMASTE.

Astuce #2 : Ignorer TOUS LES DÉTAILS : TOUS. Se concentrer sur ce qui est plus grand. Le reste, tu mets ça dans la dompe : petits traits de caractère gossants, petits malaises inquiets, petite « vaisselle pas encore faite côlisse », petits vêtements qui trainent, petits conflits d’égo, petits désirs sexuels compulsifs, petites envies d’équeuter son prochain, petites games intellectuelles, petits parlages contre les autres, petits refoulements émotionnels, petites critiques complexées. C’est tellement petit tout ça, pis c’est tellement HUGE, un être humain. Faut pas le confiner dans de petits espaces parce qu’il va faner.

Astuce #3 : S’AUTO-DÉTRUIRE RÉGULIÈREMENT. Ça implique de manger BEAUCOUP DE BONBONS ET D’AUTRES COCHONNERIES, de boire BEAUCOUP D’ALCOOL, de SE COUCHER TRÈS TARD, de FUMER TOUTES SORTES D’AFFAIRES, d’HURLER DES BÊTISES. C’est le miel dans le BLOOM, l’auto-destruction. C’est aussi le liant humain. On ne va pas se faire croire qu’on est capable de détruire nos égos mastodontes à coups de croissance personnelle. IMPOSSIBLE. Il faut S’AUTO-DÉTRUIRE AVEC DES SUBSTANCES, MAIS FAUT PAS FAIRE ÇA TOUTE SEULE, JAMAIS : il faut le faire en chœur et dans la joie.

Au bout d’un certain temps, tu vas voir, tu vas ATTIRER DE LA COZYNESS AUTOUR DE TOI. Je ne parle pas du confort qui te rend inerte, mais bien de la cozyness, pis c’est pas comme si le monde était d’emblée cozy, mais le tien va le devenir pis il va te fournir la chaleur nécessaire pour que tu 

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