Psychopopatty #9 : les impulsions

Je lui ai dit que j’étais un peu mélangée, un peu déprimée, qu’il avait fallu que je me garroche dans quelque chose qui me grounderait solide, quelque chose qui ressemble à avoir les mains dans la terre, pis que ça me rendait un peu insécure parce que j’avais l’impression de fuir ou de gâcher une potentielle carrière juste pour suivre une impulsion, comme ça, sans trop réfléchir, pis elle m’a dit, MAIS C’EST SUPER et je lui ai répondu avec un regard confus :

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Selon elle, il est ESSENTIEL de suivre une impulsion comme celle-là et de plonger dedans, de l’é t i r e r  d a n s  l e  t e m p s. Parce qu’une impulsion, ça ne vient pas pour rien, c’est là parce que ça fait longtemps que le désir s’étrangle dans le fond des tripes et qu’un jour ou l’autre, ça émerge, ça explose sort of. Alors, autant y aller une bonne fois pour toutes, autant se foutre de la pression sociale et

arrêter de tourner la manette de serrage pour maintenir notre POSITION dans un monde qui devient alors aussi étroit qu’un ÉTAU.

J’ai pensé C’EST BIEN TROP VRAI: je n’ai jamais suivi une impulsion JAMAIS parce que je me disais qu’il ne fallait surtout pas faire ça pour réussir quelque chose dan’ vie, pour finir happy, mais c’est tellement pas vrai, mais TELLEMENT PAS. J’ai quand même un peu résisté à sa théorie parce que ça me faisait peur, parce que ça disait quelque chose comme « t’es vraiment libre fille don’t you see? ». J’ai rectifié mon enthousiasme pis je lui ai dit OUI MAIS OUI MAIS OUI MAIS ÇA PREND QUAND MÊME UN ÉQUILIBRE UN PEU DE CONTRÔLE SINON ON N’ABOUTIT À RIEN DAN’ VIE PIS ON SERA PAS PLUS HAPPY, pis elle m’a dit NON C’EST LE CONTRAIRE FAUT SUIVRE SES IMPULSIONS FAUT Y ALLER À FOND. Mon petit monde bien contrôlé venait de virer à l’envers sauf qu’il était devenu tout grand tout clair ça fait que j’ai dit OK, OK,

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d’abord ! MAIS…

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Prévisible

Je m’étais promis que je prendrais le premier low hanging fruit dans le fig tree, que je le savourerais pis c’est ça que je fais, mais faut dire que le sucre raffiné ou pas, ça donne un boost sur le coup, mais ça finit toujours par épuiser un peu je veux dire :

JE SUIS CREVÉE !

Ces temps-ci mon fils dit toujours « JE LE SAVAIS». Genre : « je le savais que tu allais revenir tard» ou « je le savais que tu allais étudier ce livre-là ». Évidemment, il ne le savait pas vraiment, mais il dit ça pour se rassurer parce que, comme toi pis moi, il a besoin de croire qu’il a un peu de contrôle sur sa vie. Dans ce temps-là, je lui réponds (c’est un peu poche, je t’avertis) : « mais non, tu ne le savais pas vraiment, il faut que tu dises les vraies affaires mon chou ». Je lui dis ça surtout parce que j’ai peur qu’il se mette à penser que rien ne peut changer; j’ai peur qu’il perde espoir pis qu’il lutte sans ne jamais rien créer parce que ÇA VA TOUT ENSEMBLE CES AFFAIRES-LÀ. En même temps, je me sens tellement coupable d’être moins présente, de ne pas lui passer une brosse dans le toupet le matin pis de ne pas l’amener faire du bike dans la fontaine du parc Outremont. Je sais que c’est pour ça qu’il n’arrête pas de dire qu’il sait tout d’avance : c’est parce qu’il ne sait plus trop et qu’il n’a pas envie d’être déçu. En tout cas, c’est temporaire pis je te jure que je travaille là-dessus.

Ça me fait penser: quand le verdict « Gomeshi » était en train de tomber comme des centaines de briques vers ma poitrine, pour arrêter la chute parce que ça allait faire mal, parce que ça allait peser lourd longtemps, parce que ça allait me détruire, j’ai failli faire comme plein d’autres pis dire que « je le savais », que « c’était prévisible ». Pourtant, j’étais certaine que ça marcherait cette fois-ci parce qu’elles étaient une bonne gang avec un bon vent dans le dos. Chaque fois que je voyais le petit mot « prévisible » dans les articles, les posts, les commentaires, même si je le comprenais, je me sentais comme une naïve, une conne, une pas lucide. Je me sentais loin loin loin des gens, genre pas dans leur camp. J’avais envie de gens déçus, de gens tristes pis en crisse. De gens qui, pour un petit instant, ne savaient plus.

RIEN DE PLUS DÉSESPÉRANT QUE QUELQU’UN QUI CONTEMPLE NOTRE DÉCEPTION DU HAUT D’UN

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Je me suis réfugiée intérieurement en me disant: « Sont-tu vraiment en train de dire haut et fort à ces femmes (et à toutes les autres) qui ont dénoncé (ou non) que c’était prévisible? Qu’elles doivent lutter sans espérer? Et qu’avec leurs actions, elles n’ont rien créé? Tout ça pour ne pas trop ressentir? ». Je me disais qu’il faudrait peut-être ranger les « JE LE SAVAIS », surtout quand on est sur le fait, parce que collectivement pis intimement, le prévisible, ça nous défait un peu le sensible…

Not Loud ❤

Ils nous ont jugés, j’te jure, un tape à mesurer dans leurs yeux, ils ont pensé que c’était le vide, que c’était pour ça qu’on se laissait vivre ce qu’on avait à vivre pis moi j’les ai crus parce que j’ai oublié qu’ils étaient aveugles à notre espace en creux, qu’ils n’avaient aucune idée de sa densité, de son intensité, j’ai même penser qu’ils pouvaient le traverser, comme si.

« Câlisse. Câlisse. Câlisse. »

pour copier Geneviève Desrosiers: « le seul qui ait froid, c’est mon foie », je veux dire :

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d’avoir fait des parallèles avec les autres, d’avoir pensé qu’on n’était pas assez LOUD parce que j‘te jure qu’astheure, j’me crisse de tout ce qui nous croise pas, j’ai fini de chercher à donner du volume à notre espace avec des mots pis des esti de photos, pis des gestes forcés pour faire du visible ou du lisible avec ce qu’il y a entre nous; j’ai fini de figer l’élan jusqu’à faire l’amour comme dans une image, mais HEY! Ça t’arrive toi aussi même si ça prend d’autres formes, c’est normal: c’est la peur du vide qui fait ça. En tout cas, j’te jure qu’astheure, j’vais plus ignorer les photons qui nous unissent, j’vais pas non plus les encadrer, les mettre à mort avec des pixels. La lumière, celle qui se lève, qui se meut pis qui se couche va être notre seul témoin.

Love is not boastful
Love is not loud

(Lauryn Hill)

J’te jure que j’ai fini d’envier les duos d’agneaux qui font leur show, qui chantent  « un et un ça fait UN, mais ça fait aussi DEUX, euh non, attends, ça fait TROIS parce que la psychologie dit ça pis blah blah blah », j’y ai jamais cru pis toi non plus. Nous ne sommes ni UN, ni DEUX, ni TROIS mon amour, nous sommes

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just a little cloud ☁

On as-tu encore le droit d’aimer un homme à se pitcher à terre sans se trahir sans se faire dire qu’on aime trop [les hommes] pis de le trouver grand PLUS GRAND ENCORE pis d’aimer SES CHEVEUX SES MAINS SES YEUX EUX EUX comme chantait Marijo Thério dans le Jam à Beaumont parce que l’heure est au rétrécissement de l’amour : faut comme plus aimer à moins d’avoir pris la mesure de notre propre liberté (wtf) mais

Y’A PU DE HÉRO NULLE PART PU PERSONNE QUI RISQUE RIEN PIS Y’A L’HIVER QUI S’EN VIENT (MÊME PAS).

J’ai vu ta photo passer sur Internet avec une annonce en POP UP à côté, c’était écrit : « are you good in bed? » Ça a fait un genre d’effet kouletchov mais mon instinct d’inertie a opéré tout de suite une décontamination sémantique. Une chance parce qu’il fallait surtout pas que je commence à ouvrir le chakra du coeur:

C’EST VRAIMENT PAS LE TEMPS, , OK?

Il était ben plus tranquille quand il n’existait pas, ce chakra-là, ça m’apprendra à tenir longtemps les poses de yoga pis à m’ouvrir à l’infini sans me concentrer sur mes appuis.

On peut pas tout avoir il parait, mais j’ai tout ce que je veux sauf que j’ai aussi plein d’affaires que je veux pas, qui se transforment en émotions, qui s’accumulent, qui pile up par-dessus ma volonté ça fait que je prendrais ben un week-end comme dans

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avec Glenn Close qui me console sans me prêter son mari pis sans ami qui meurt svp ce sera tout avec la sauce bbq à côté pis tiens v’là ton tip je veux dire garde le change ça va être pour un take out oui parce que je suis tellement écoeurée de faire à souper de torcher de ranger non laisse faire c’est pas important j’ai rien dit don’t worry be happy.

Ce matin, je traversais le parc en diagonale, le soleil, le bleu, Veredis Quo dans les écouteurs, mais IL ME PLEUVAIT DESSUS FOR CHRIST SAKE! Je me suis arrêtée toute insultée pis incrédule, j’ai tendu la main. Y’a un passant qui m’a dit en échappant un sourire « don’t worry, it’s just a LITTLE CLOUD… it’s gonna pass… ». J’ai failli m’agenouiller devant lui parce que j’avais décidé de croire en cet horoscope improvisé pis d’inclure toute ma pile de marde dans le LITTLE CLOUD que j’avais pris au sens figuré. Ça fait que demain, je vais rouler jusqu’au Nord, là où les plus grands arbres se dressent fièrement pis je vais envisager ma destinée au-delà du « LITTLE CLOUD » avec des racines dans la plante des pieds.

Psychopopatty #8: les frontières

Si quand t’entends le mot « frontières », t’imagines immédiatement des MURS étanches avec des petites portes BIEN GARDÉES, ça veut dire que t’es mûr pour une SOLIDE RÉFLEXION sur la notion en question parce que des frontières qui sont des MURS, ça fait pas BLOOMER TON ÊTRE HUMAIN pantoute, au contraire : ça le séquestre, ça le torture pis ça l’achève en plus de créer de l’entropie dans le MONDE ENTIER, je veux dire, il faut ABSOLUMENT que tu soignes ton affaire. Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le donc pour la PLANÈTE TERRE.

Je sais ben qu’il y a un char pis une barge de gens en ce moment qui philosophent en disant que les MURS pourraient devenir quelque chose d’un peu moins dur même si dans leur FOR INTÉRIEUR, ils savent qu’ils ne troqueront JAMAIS leur ciment pis leurs briques pour des rideaux translucides.

TOUT LE MONDE veut du changement EN DEHORS, mais PERSONNE ne veut changer son EN DEDANS parce que ça implique de se regarder la PSYCHÉ, de consoler l’enfant traumatisé qui fait tout le temps

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avec son identité. Ça te brise l’égo de regarder là où il y a des INSÉCURITÉS que la réalité actuelle ne saurait justifier.

La seule chose que t’as à faire, en fait, c’est de te pratiquer à associer le mot frontière avec quelque chose de VIVANT, avec des pores qui inspirent et qui expirent, mais VIENS SURTOUT PAS me dire, dans le confort de ta PETITE PROPRIÉTÉ, que dans le fond j’ai raison, que dans le fond il ne devrait pas y avoir de frontières parce que là je vais te répondre que tu mélanges les affaires. LET’S FACE IT: sans frontière, y’a pas de rencontres enrichissantes, y’a pas de ground à partir duquel on peut SE CRÉER, pis y’a plus rien à TRAVERSER. Les frontières faites de MURS, ça ISOLE, mais l’absence de frontières, ça UNIFORMISE. L’uniformité aussi, ça fait

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L’HUMANITÉ!

ça fait qu’assouplis donc tes frontières jusqu’à ce que s’effritent les MURS de ta propriété pour faire de la place à l’ACCUEIL pis à la RESPONSABILITÉ. Ça va tellement être capoté.

Team tourterelles

tourterelles

Je passe beaucoup de temps dans les bois ces temps-ci pis je marche comme pour m’assurer qu’il y a bel et bien quelque chose de FERME qui dort en dessous mes SEMELLES ADHÉRENTES parce que tout le reste a foutu le camp. C’est moi qui ai fait un FEU DE JOIE avec tous mes projets de carrière, y’a jamais personne qui m’a dit que c’était ça qu’il fallait faire! C’était des projets avec des plans pour construire des murs, TOUJOURS PLUS DE MURS, mais j’ai besoin d’espaces en creux entre les arbres, les maisons, les pensées, j’ai besoin d’espaces en creux dans les sentiers pour aller au bout de mes INSPIRATIONS dans tous les sens du terme. Je me demande comment j’ai pu survivre aussi longtemps dans l’incubateur en me disant que c’était ça, RESPIRER DE L’AIR, en pensant que j’allais même finir par m’y épanouir. C’était un HUGE leap of faith de sortir de là pour m’écouter respirer, pour faire taire ceux qui m’ont suivie en marge du sentier où j’ai marché comme une CONQUISTADORA DE L’INUTILE. Ce sont les mêmes qui m’ont dit, avec un soupçon de mépris, que le bon chemin, ce n’était pas celui-là, qu’il était trop petit, trop hasardeux, trop frette pis pas assez DRETTE ni assez prestigieux pour une fille avec un doctorat. J’ai commencé à penser qu’ils devaient être affamés à force d’essayer de m’attirer sur la grande route, dans les GRANDS FOSSÉS, avec des PETITS PAINS PÉRIMÉS PIS DES CROÛTES. C’est comme s’ils ne voyaient pas que, même si je ne savais pas où je m’en allais, j’avais tout ce qu’il fallait. Non pas pour survivre, mais bien pour

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J’étais sur la trail quand Justin, le même qui m’avait charmée en gueulant «PIECE OF SHIT» dans la chambre des communes, est rentré majoritaire. Même si on dirait qu’il récite soudainement les ateliers de « communication non violente » de Marshall Rosenberg, j’étais contente quand mon téléphone a pogné pour me dire qu’il avait gagné. Ça m’a aussi rappelé que je n’étais pas venue ici pour m’échapper, mais pour me confronter. Ça fait que j’ai regardé une grosse tourterelle dans LE BLANC DE L’OEIL en disant « YES! », pis elle a fait trrrrr avec son aile pis j’ai comme entendu WHAT THE FUCK PATTIE? T’ES-TU HORMONALE? YUK YUK! Hey, tourterelle, je ne vote ni libéral, ni hormonal, je vote pour les femmes, l’environnement, la culture pis l’accueil de la différence, du moins, pour ce qui s’approche le plus d’un AMOUR pour ça pis quand une grande route ne m’entraine pas dans son fossé, je ne me sens plus l’obligation de me terrer dans un sentier pour me convaincre que je suis plus originale, plus intelligente, plus consciente pis plus militante que ça.

J’argumente EXCLUSIVEMENT avec les tourterelles en chaleur depuis que Justin a du POWER, mais prends pas ça pour du mépris ou de la lâcheté, CE N’EST PAS ÇA! Si ça me rendait cynique, les bois, je n’y retournerais pas. Le cynisme, ça vient des MURS LATÉRAUX pis c’est juste parce que j’ai pas le sens de l’orientation que je me crisse de la gauche pis de la droite, mais je peux t’aligner la GRANDE OURSE avec L’ÉTOILE POLAIRE pour te prouver que le Québec s’est trompé d’une couple de degrés quand il a décidé de l’orientation de son Nord. Après ça, je te montrerai comment ne pas cramer à côté d’un POÊLE À BOIS.

Fig tree

Je suis en train de peindre tous les murs de mon appartement, tous les murs en BLANC, pis je me sens LOST AS HELL, mais c’est « pô grave » comme ils disent, c’est TELLEMENT « pô grave », faut tellement « pô s’en fère » de ne pas trop savoir quoi faire de sa VIE : « IT’S ONLY LIFE AFTER ALL » comme elles chantent, les Indigo Girls, juste avant de gueuler

I spent four years prostrate to the higher mind/got my PAPER/and I was FREE

Et ce FREE-LÀ, finalement, c’est comme le FIG TREE de Sylvia Plath, le MAUDIT FIG TREE. Elle se voyait assise au pied de l’arbre, « STARVING TO DEATH », juste parce qu’elle n’était pas capable de choisir une figue, juste parce qu’elle « WANTED EACH AND EVERY ONE OF THEM » et qu’en choisir une seule ça voulait dire de perdre toutes les autres. Elle restait là, incapable de choisir une figue et les figues commençaient à pourrir, à devenir noires et « ONE BY ONE », elles tombaient à ses pieds. Ça m’a renversée, j’étais tout à l’envers, j’ai refermé le BELL JAR pis je me suis dit « FUCK ». C’est sûrement parce que je savais que tôt ou tard, j’allais être prise en dessous du même FIG TREE parce que j’aurais trop longtemps cru, en faisant du déni, que c’était ÇA, ÊTRE FREE : avoir plein de choix QUI N’EN SONT PAS VRAIMENT, avoir rien devant soi et deux enfants qui nous regardent,

je veux dire des enfants plein d’envie de GRANDIR, de s’épanouir, de faire BOUGER DES MONTAGNES avec leur sourire.

Ces enfants-là, ça nous regarde aussi AVOIR PEUR de voir des figues tomber, des fruits pourrir, la VIE partir.

Je me suis fait une promesse parce que la détresse c’est pas mon genre comme si c’était le genre de quelqu’un tu vas me dire, mais c’est « pô grave », je le dis pareil : C’EST PAS MON GENRE, LA DÉTRESSE, JE ME PITCHE DANS L’ACTION. Ça fait que je me suis promis de prendre le premier LOW HANGING FRUIT pis de le savourer pis de pas chialer pis de pas brailler pis pour l’instant, ça veut dire de PEINTURER, de remettre les choses un peu en ordre, d’effacer les traces de doigts, les éclaboussures pis les dessins sur les murs COMME SI JE POUVAIS faire disparaitre les autres affaires en même temps : les engueulades, les LUTTES pour mon espace, les TENTATIVES RATÉES d’être qui je suis.

Parce qu’on se prépare à souligner nos dix ans de vie commune, nos dix ans de disparition l’un dans l’autre à ne pas s’imaginer une seconde que ça pourrait finir. Mais ÇA POURRAIT FINIR, on le sait TELLEMENT maintenant pis TOUT LE MONDE nous dit: « mais pourquoi vous allez pas à l’hôtel chic, pourquoi vous buvez pas du champagne, pourquoi vous prenez pas un bain avec des roses, pourquoi vous allez pas au spa, POURQUOI VOYONS VOUS ALLEZ DANS LE FIN FOND DES BOIS MANGER DE LA BOUFFE IONISÉE SANS POUVOIR VOUS LAVER? » Parce que les Appalaches 

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que les draps blancs pis les murs blancs ne savent pas. Parce qu’IL VA FALLOIR qu’elles nous parlent les Appalaches parce qu’à un moment donné, ça sert plus à rien d’analyser, de raisonner, d’accuser, de s’obstiner, de s’insulter; à un moment donné, il faut juste marcher, accueillir, écouter: OUI! Juste marcher, s’éloigner du FIG TREE pis espérer que ça marche.