Le pire plus beau jour de ma vie

Je lisais cet article ce matin pis c’est peut-être un peu égoïste, mais ça m’a donné envie de raconter mes affaires parce qu’en même temps, ça me fait du bien quand je lis les affaires des autres. C’est surtout parce que ça m’a fait réaliser que c’était quand même grave que, comme pour bien d’autres femmes, le jour de la naissance de mon fils ait été le « pire plus beau jour de ma vie ».

Moi qui suis loud avec mes douleurs, celle-là, j’ai vraiment de la misère à y toucher parce qu’on dirait que j’aurais pu me défendre plus que ça voyons, moi la féministe! Pis il me semble que ce n’est pas grand-chose si je compare mon expérience à celles d’autres femmes qui me racontent leurs affaires, je veux dire, c’est pas loin d’être anodin et, comme je l’écrivais ailleurs plus tôt cette semaine, quand on résiste à ce genre de petites violences, on nous fait sentir qu’on est « trop ».

Bon.

Je devais accoucher à la maison de naissance, mais les eaux ont envahi le plancher de mon appartement avant la 37ème semaine. La maison était en bordel, la chambre n’était pas prête, je n’avais pas acheter de couche. J’étais en train de préparer le vernissage d’un grand événement dont j’étais commissaire. Ça fait que j’ai crié « arrête, arrête, je ne suis pas prête, mais vraiment pas ».

Je travaillais fort pour accueillir la réalité qui me coulait entre les jambes. Je savais en plus que j’allais me retrouver dans le petit lit déprimant que je ne voulais pas, que j’allais être monitorée et immobilisée sur le dos parce que c’est la procédure à suivre quand l’enfant est prématuré.

L’hôpital a donné à mon corps un deadline de 12 heures pour commencer à avoir de « vraies bonnes contractions », après quoi on allait m’injecter l’ocytocine. Quand j’ai vu que le 12 heures approchait et que les infirmières commençaient à installer le petit kit pour faire les injections, il y a eu un resserrement dans mon ventre.

Je me suis dit que ce devait être une contraction, donc j’ai demandé à l’une des infirmières si je pouvais avoir un peu de temps encore: « svp, j’aimerais vraiment que ça se fasse naturellement, on peux-tu attendre un peu? » Elle ne m’a pas répondu, c’est l’autre qui, en regardant sa collègue, a dit : « Tell her to stop asking questions, we know what we’re doing ! »

Je lui ai dit avec beaucoup de fébrilité que j’avais compris ce qu’elle venait de dire. Elle a ajouté, en évoquant mon choix d’accoucher naturellement auprès d’une sage-femme « See, it’s always like that, when you have a problem, you all come here. So now that you are here, let us do our job ».

Ça faisait déjà 12 heures que je luttais contre mon chaos intérieur, que j’essayais d’apaiser mes résistances, alors j’ai commencé à pleurer, mais genre vraiment sangloter. Tout mon être cherchait un cocon; je rêvais d’un bord de rivière sauvage, d’une forêt dense et même d’un désert total.

C’est là que mon corps, décidé et fier, est arrivé en renfort : j’ai eu une énorme contraction qui a fait une wave dans le petit écran à côté de moi. La médecin qui était dans la salle à ce moment m’a dit « ok, je te donne une autre chance, ça a l’air parti ton affaire et je sais que tu veux ça naturel ».

La médecin était super gentille (et une bonne partie de l’équipe était géniale), mais ce n’était pas elle qui allait faire le suivi durant l’accouchement. C’était un résident tellement débile que je ne saurais pas par où commencer pour traduire le désarroi qu’il nous a fait vivre.

Pendant que je me perdais dans mes larmes, il me disait « vous savez, d’où je viens, les femmes ne se plaignent pas, elles accouchent comme des vaches, en rang » ou quelque chose du genre. À un moment, mon chum a fini par exploser lui aussi: « c’est pas vrai que ça se passe comme ça, c’est pas ce débile-là qui va t’accoucher ». Voyant qu’il crashait à son tour, j’ai repris mes esprits par le collet et je lui ai dit « hey, personne ne m’accouchera, c’est MOI qui vais accoucher, je suis la seule à accoucher dans cette salle! ».

Inutile de dire que la douleur des contractions devenait de plus en plus intense pis à travers ça, j’avais confiance. J’adorais la sensation d’être une mammifère, malgré l’image des vaches en rang dans ma tête.

Le résident ne revenait que pour les touchers vaginaux, mais il laissait ses doigts à l’intérieur de moi longtemps, interrogeant le plafond en même temps. Alors que je lui disais que la contraction était de retour, il n’était pas foutu de retirer ses doigts, parce que, disait-il, ce n’était pas facile à mesurer. Il fallait que j’arrête de bouger (tu me niaises-tu?).

Une infirmière d’expérience qui le voyait faire était en crisse contre lui, elle l’engueulait, elle lui disait qu’il se trompait, pis au beau milieu d’une prise de bec à mon chevet, elle s’est emportée pis elle m’a rentré violemment les doigts dans le vagin jusqu’au col en regardant son collègue avec des couteaux dans les yeux  : « Ça c’est pas dilaté à 5, mais à 8, ok? Rentre tes doigts comme du monde pour le sentir ! »

Il a recommencé son toucher de manière plus ferme, plus profonde pour montrer à son adversaire qu’il était capable, lui aussi, pis il a dit « ok ok, 8 ». Elle m’a regardée comme si elle venait de s’occuper de moi, comme si elle venait de me défendre ou quelque chose comme ça. Comme si elle ne venait pas plutôt de faire de mon corps un lieu pour exprimer son pouvoir, un petit champ de bataille temporaire.

Je suis disparue, je veux dire, je pourrais jurer que je n’étais plus dans la pièce, mais je ne sais pas trop où j’étais. Je suis à peine revenue pour voir mon fils sortir pis j’ai eu peur qu’il ressemble à mon père (j’ai vécu l’inceste). C’était une peur incontrôlable et dont le déclenchement ne saurait être complètement déconnecter du contexte dans lequel j’accouchais.

Enfin, il y en aurait long à dire sur le fait que beaucoup de femmes ont des souvenirs intrusifs durant ou après leur accouchement à l’hôpital comme ce fut mon cas. C’est vraiment cette expérience qui a tout déclenché.

Après, j’étais partagée entre des émotions complètement contradictoires. Je me disais que mon accouchement avait été court et magnifique. J’étais super émue de voir mon chum avec notre fils dans les bras. Je les regardais pendant que la médecin expliquait au résident débile comment recoudre ce qui avait déchiré. Elle a pogné les nerfs contre lui, elle aussi, utilisant l’aiguille avec plus de vigueur en disant « non, c’est comme ça ! ».

Je voyais leur tête entre mes jambes, je les entendais s’obstiner, je sentais les aiguilles me transpercer. Je me demandais quelle boucherie cet homme sans considération pour les femmes était en train de faire à cette partie de mon corps que j’aurais du mal à me réapproprier des mois après. J’avais envie de hurler « laissez-moi tranquille, je vais m’arranger », mais quand ils ont eu fini de me « réparer », comme je suis vraiment trop polie, j’ai dit « merci ».

Militante épanouie

Durant le mois de mai, j’essaierai de faire de l’oxymore « militante épanouie » un pléonasme; je célèbrerai mes résistances quotidiennes à la Villa réflexive où je suis en résidence d’écriture virtuelle, accompagnée de Klermor.

Il y a longtemps que je me demande comment être militante féministe et épanouie. Ça me triture, ça m’obsède, ça me désespère. Maudits livres de croissance personnelle, mais c’est pas pire qu’une formation intellectuelle. S’agit de voir où ça merge. Je médite là-dessus, pas zen pantoute. Tu pourras lire mes courtes tergiversations

ici

Psychopopatty #9 : les impulsions

Je lui ai dit que j’étais un peu mélangée, un peu déprimée, qu’il avait fallu que je me garroche dans quelque chose qui me grounderait solide, quelque chose qui ressemble à avoir les mains dans la terre, pis que ça me rendait un peu insécure parce que j’avais l’impression de fuir ou de gâcher une potentielle carrière juste pour suivre une impulsion, comme ça, sans trop réfléchir, pis elle m’a dit, MAIS C’EST SUPER et je lui ai répondu avec un regard confus :

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Selon elle, il est ESSENTIEL de suivre une impulsion comme celle-là et de plonger dedans, de l’é t i r e r  d a n s  l e  t e m p s. Parce qu’une impulsion, ça ne vient pas pour rien, c’est là parce que ça fait longtemps que le désir s’étrangle dans le fond des tripes et qu’un jour ou l’autre, ça émerge, ça explose sort of. Alors, autant y aller une bonne fois pour toutes, autant se foutre de la pression sociale et

arrêter de tourner la manette de serrage pour maintenir notre POSITION dans un monde qui devient alors aussi étroit qu’un ÉTAU.

J’ai pensé C’EST BIEN TROP VRAI: je n’ai jamais suivi une impulsion JAMAIS parce que je me disais qu’il ne fallait surtout pas faire ça pour réussir quelque chose dan’ vie, pour finir happy, mais c’est tellement pas vrai, mais TELLEMENT PAS. J’ai quand même un peu résisté à sa théorie parce que ça me faisait peur, parce que ça disait quelque chose comme « t’es vraiment libre fille don’t you see? ». J’ai rectifié mon enthousiasme pis je lui ai dit OUI MAIS OUI MAIS OUI MAIS ÇA PREND QUAND MÊME UN ÉQUILIBRE UN PEU DE CONTRÔLE SINON ON N’ABOUTIT À RIEN DAN’ VIE PIS ON SERA PAS PLUS HAPPY, pis elle m’a dit NON C’EST LE CONTRAIRE FAUT SUIVRE SES IMPULSIONS FAUT Y ALLER À FOND. Mon petit monde bien contrôlé venait de virer à l’envers sauf qu’il était devenu tout grand tout clair ça fait que j’ai dit OK, OK,

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d’abord ! MAIS…

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Prévisible

Je m’étais promis que je prendrais le premier low hanging fruit dans le fig tree, que je le savourerais pis c’est ça que je fais, mais faut dire que le sucre raffiné ou pas, ça donne un boost sur le coup, mais ça finit toujours par épuiser un peu je veux dire :

JE SUIS CREVÉE !

Ces temps-ci mon fils dit toujours « JE LE SAVAIS». Genre : « je le savais que tu allais revenir tard» ou « je le savais que tu allais étudier ce livre-là ». Évidemment, il ne le savait pas vraiment, mais il dit ça pour se rassurer parce que, comme toi pis moi, il a besoin de croire qu’il a un peu de contrôle sur sa vie. Dans ce temps-là, je lui réponds (c’est un peu poche, je t’avertis) : « mais non, tu ne le savais pas vraiment, il faut que tu dises les vraies affaires mon chou ». Je lui dis ça surtout parce que j’ai peur qu’il se mette à penser que rien ne peut changer; j’ai peur qu’il perde espoir pis qu’il lutte sans ne jamais rien créer parce que ÇA VA TOUT ENSEMBLE CES AFFAIRES-LÀ. En même temps, je me sens tellement coupable d’être moins présente, de ne pas lui passer une brosse dans le toupet le matin pis de ne pas l’amener faire du bike dans la fontaine du parc Outremont. Je sais que c’est pour ça qu’il n’arrête pas de dire qu’il sait tout d’avance : c’est parce qu’il ne sait plus trop et qu’il n’a pas envie d’être déçu. En tout cas, c’est temporaire pis je te jure que je travaille là-dessus.

Ça me fait penser: quand le verdict « Gomeshi » était en train de tomber comme des centaines de briques vers ma poitrine, pour arrêter la chute parce que ça allait faire mal, parce que ça allait peser lourd longtemps, parce que ça allait me détruire, j’ai failli faire comme plein d’autres pis dire que « je le savais », que « c’était prévisible ». Pourtant, j’étais certaine que ça marcherait cette fois-ci parce qu’elles étaient une bonne gang avec un bon vent dans le dos. Chaque fois que je voyais le petit mot « prévisible » dans les articles, les posts, les commentaires, même si je le comprenais, je me sentais comme une naïve, une conne, une pas lucide. Je me sentais loin loin loin des gens, genre pas dans leur camp. J’avais envie de gens déçus, de gens tristes pis en crisse. De gens qui, pour un petit instant, ne savaient plus.

RIEN DE PLUS DÉSESPÉRANT QUE QUELQU’UN QUI CONTEMPLE NOTRE DÉCEPTION DU HAUT D’UN

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Je me suis réfugiée intérieurement en me disant: « Sont-tu vraiment en train de dire haut et fort à ces femmes (et à toutes les autres) qui ont dénoncé (ou non) que c’était prévisible? Qu’elles doivent lutter sans espérer? Et qu’avec leurs actions, elles n’ont rien créé? Tout ça pour ne pas trop ressentir? ». Je me disais qu’il faudrait peut-être ranger les « JE LE SAVAIS », surtout quand on est sur le fait, parce que collectivement pis intimement, le prévisible, ça nous défait un peu le sensible…

Not Loud ❤

Ils nous ont jugés, j’te jure, un tape à mesurer dans leurs yeux, ils ont pensé que c’était le vide, que c’était pour ça qu’on se laissait vivre ce qu’on avait à vivre pis moi j’les ai crus parce que j’ai oublié qu’ils étaient aveugles à notre espace en creux, qu’ils n’avaient aucune idée de sa densité, de son intensité, j’ai même penser qu’ils pouvaient le traverser, comme si.

« Câlisse. Câlisse. Câlisse. »

pour copier Geneviève Desrosiers: « le seul qui ait froid, c’est mon foie », je veux dire :

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d’avoir fait des parallèles avec les autres, d’avoir pensé qu’on n’était pas assez LOUD parce que j‘te jure qu’astheure, j’me crisse de tout ce qui nous croise pas, j’ai fini de chercher à donner du volume à notre espace avec des mots pis des esti de photos, pis des gestes forcés pour faire du visible ou du lisible avec ce qu’il y a entre nous; j’ai fini de figer l’élan jusqu’à faire l’amour comme dans une image, mais HEY! Ça t’arrive toi aussi même si ça prend d’autres formes, c’est normal: c’est la peur du vide qui fait ça. En tout cas, j’te jure qu’astheure, j’vais plus ignorer les photons qui nous unissent, j’vais pas non plus les encadrer, les mettre à mort avec des pixels. La lumière, celle qui se lève, qui se meut pis qui se couche va être notre seul témoin.

Love is not boastful
Love is not loud

(Lauryn Hill)

J’te jure que j’ai fini d’envier les duos d’agneaux qui font leur show, qui chantent  « un et un ça fait UN, mais ça fait aussi DEUX, euh non, attends, ça fait TROIS parce que la psychologie dit ça pis blah blah blah », j’y ai jamais cru pis toi non plus. Nous ne sommes ni UN, ni DEUX, ni TROIS mon amour, nous sommes

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just a little cloud ☁

On as-tu encore le droit d’aimer un homme à se pitcher à terre sans se trahir sans se faire dire qu’on aime trop [les hommes] pis de le trouver grand PLUS GRAND ENCORE pis d’aimer SES CHEVEUX SES MAINS SES YEUX EUX EUX comme chantait Marijo Thério dans le Jam à Beaumont parce que l’heure est au rétrécissement de l’amour : faut comme plus aimer à moins d’avoir pris la mesure de notre propre liberté (wtf) mais

Y’A PU DE HÉRO NULLE PART PU PERSONNE QUI RISQUE RIEN PIS Y’A L’HIVER QUI S’EN VIENT (MÊME PAS).

J’ai vu ta photo passer sur Internet avec une annonce en POP UP à côté, c’était écrit : « are you good in bed? » Ça a fait un genre d’effet kouletchov mais mon instinct d’inertie a opéré tout de suite une décontamination sémantique. Une chance parce qu’il fallait surtout pas que je commence à ouvrir le chakra du coeur:

C’EST VRAIMENT PAS LE TEMPS, , OK?

Il était ben plus tranquille quand il n’existait pas, ce chakra-là, ça m’apprendra à tenir longtemps les poses de yoga pis à m’ouvrir à l’infini sans me concentrer sur mes appuis.

On peut pas tout avoir il parait, mais j’ai tout ce que je veux sauf que j’ai aussi plein d’affaires que je veux pas, qui se transforment en émotions, qui s’accumulent, qui pile up par-dessus ma volonté ça fait que je prendrais ben un week-end comme dans

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avec Glenn Close qui me console sans me prêter son mari pis sans ami qui meurt svp ce sera tout avec la sauce bbq à côté pis tiens v’là ton tip je veux dire garde le change ça va être pour un take out oui parce que je suis tellement écoeurée de faire à souper de torcher de ranger non laisse faire c’est pas important j’ai rien dit don’t worry be happy.

Ce matin, je traversais le parc en diagonale, le soleil, le bleu, Veredis Quo dans les écouteurs, mais IL ME PLEUVAIT DESSUS FOR CHRIST SAKE! Je me suis arrêtée toute insultée pis incrédule, j’ai tendu la main. Y’a un passant qui m’a dit en échappant un sourire « don’t worry, it’s just a LITTLE CLOUD… it’s gonna pass… ». J’ai failli m’agenouiller devant lui parce que j’avais décidé de croire en cet horoscope improvisé pis d’inclure toute ma pile de marde dans le LITTLE CLOUD que j’avais pris au sens figuré. Ça fait que demain, je vais rouler jusqu’au Nord, là où les plus grands arbres se dressent fièrement pis je vais envisager ma destinée au-delà du « LITTLE CLOUD » avec des racines dans la plante des pieds.

Psychopopatty #8: les frontières

Si quand t’entends le mot « frontières », t’imagines immédiatement des MURS étanches avec des petites portes BIEN GARDÉES, ça veut dire que t’es mûr pour une SOLIDE RÉFLEXION sur la notion en question parce que des frontières qui sont des MURS, ça fait pas BLOOMER TON ÊTRE HUMAIN pantoute, au contraire : ça le séquestre, ça le torture pis ça l’achève en plus de créer de l’entropie dans le MONDE ENTIER, je veux dire, il faut ABSOLUMENT que tu soignes ton affaire. Si tu ne le fais pas pour toi, fais-le donc pour la PLANÈTE TERRE.

Je sais ben qu’il y a un char pis une barge de gens en ce moment qui philosophent en disant que les MURS pourraient devenir quelque chose d’un peu moins dur même si dans leur FOR INTÉRIEUR, ils savent qu’ils ne troqueront JAMAIS leur ciment pis leurs briques pour des rideaux translucides.

TOUT LE MONDE veut du changement EN DEHORS, mais PERSONNE ne veut changer son EN DEDANS parce que ça implique de se regarder la PSYCHÉ, de consoler l’enfant traumatisé qui fait tout le temps

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avec son identité. Ça te brise l’égo de regarder là où il y a des INSÉCURITÉS que la réalité actuelle ne saurait justifier.

La seule chose que t’as à faire, en fait, c’est de te pratiquer à associer le mot frontière avec quelque chose de VIVANT, avec des pores qui inspirent et qui expirent, mais VIENS SURTOUT PAS me dire, dans le confort de ta PETITE PROPRIÉTÉ, que dans le fond j’ai raison, que dans le fond il ne devrait pas y avoir de frontières parce que là je vais te répondre que tu mélanges les affaires. LET’S FACE IT: sans frontière, y’a pas de rencontres enrichissantes, y’a pas de ground à partir duquel on peut SE CRÉER, pis y’a plus rien à TRAVERSER. Les frontières faites de MURS, ça ISOLE, mais l’absence de frontières, ça UNIFORMISE. L’uniformité aussi, ça fait

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L’HUMANITÉ!

ça fait qu’assouplis donc tes frontières jusqu’à ce que s’effritent les MURS de ta propriété pour faire de la place à l’ACCUEIL pis à la RESPONSABILITÉ. Ça va tellement être capoté.