Archive pour la catégorie ‘Réagit fortement

On est forcément en crisse! #GGI

Lundi, mai 21st, 2012

Je ne fais pas grand chose mais je fais ce que je peux. Je ne vais pas manifester, ma situation ne me le permet pas pour l’instant. La violence me fait peur à un point incroyable. S’il fallait que mon corps se retrouve en dehors de mon contrôle, je n’y survivrais pas. Avant, je manifestais et cette peur n’était  pas du tout présente. J’aimerais retrouver ce courage tout simple de descendre dans la rue pour défendre les valeurs qui me sont les plus chères. Ce courage que j’avais lorsque j’étais présidente de mon asso. Alors, comme bien d’autres, je suis déchirée par ce que je vois et ce que je lis. Et, comme bien d’autres, j’aimerais ne pas être jugée (« tu n’es pas dans la rue, alors tu n’es pas vraiment avec nous ») ou défiée (« oseras-tu descendre dans la rue? ») par le fait que je reste à la maison, avec mon fils. Non, je n’oserai pas et je l’assume. Je sais qu’il y en a d’autres comme moi. Avec leurs raisons émotives, comme moi.

Pour une « Journée des étudiants dans les médias Québécois »

Pendant ce temps, je suis déçue et j’en ai marre de tout, même des journalistes qui appuient la cause. Certaines personnes sont entendues parce qu’elles ont le titre requis pour s’exprimer dans les médias pendant que les autres doivent parcourir les rues tous les soirs pour se faire entendre par les premières. Cela augmente ma colère. Si les journalistes voulaient vraiment être conséquents avec la liberté d’expression par les temps qui courent, ils organiseraient  une journée pour laquelle ils laisseraient leur spot dans leur média à un étudiant. HOW ABOUT THAT? J’en ai marre des traductions simplistes qui se font toutes dans le même langage prédigéré et spectaculaire du journalisme. Je lis mes collègues doctorants dans les médias sociaux et c’est EUX, leur intelligence et leur guts, que j’ai envie de lire dans le journal. On ne veut pas « faire parler de nous », on veut parler crisse! Je suis tannée des grands titres posés sur des photos de manif qui nous donnent un air de bétail dégénéré.  Bref, j’attends cette « Journée des étudiants » dans les médias québécois.

Démocratie de marde

Je suis aussi irritée par la manière dont les gens définissent la démocratie. Je sais que c’est un régime où le peuple exerce sa liberté, mais CE N’EST PAS JUSTE ÇA FOR CHRIST SAKE! Ça sonne tellement néo-libéral comme définition, je veux dire, cette définition-là, c’est de la bonne bouffe pour les capitalistes! Il faudrait ajouter « pour la justice sociale ». Lorsque j’entends des gens scander : « votons, nous verrons bien », ça me donne envie de vomir. Car il est toujours possible que le gouvernement libéral revienne en force. Et l’on dira que c’est la démocratie peut-être? On dira que cette loi spéciale et la manière dont les étudiants sont traités depuis le début du conflit sont démocratiques parce que la majorité sera d’accord? Ce n’est PAS à la majorité de décider d’une telle chose!

Charest est criminel, point. Sa loi est un crime, c’est évident. Invite-t-on le peuple en entier à voter lorsque quelqu’un subit une agression sexuelle? Non. Si on me faisait le coup pour ce que j’ai subi, je perdrais ma cause. Parce que mon agresseur, personne n’est prêt à le voir en prison. C’est ça la démocratie? Laisser tout le monde décider de ce qui est juste et injuste selon le feeling du moment? Selon les peurs, les désir de tranquillité et les petits besoins personnels de pouvoir circuler pour aller travailler? Non!! Cette ostie de démocratie de marde-là, je l’ai subie à petite échelle toute ma vie, elle m’a amenée à garder le silence.

Le silence, c’est aussi pire qu’une matraque.

Le Québec aime la démocratie quand les gens restent tranquilles, c’est la logique d’un agresseur, et moi je dis :

Est où ta conscience humaine?

Je suis aussi tannée de me retrouver dans des partys où je dois débattre avec des gens qui ont une conscience sociale hyper étriquée « j’ai bossé pour arriver où je suis, je ne dois à personne ma réussite, je ne vois pas pourquoi je paierais autant d’impôts » ou encore qui me parle en banquier « il est normal de s’endetter pour étudier, c’est un investissement pour le futur » ou encore des gens qui ne comprennent pas le principe de culture « mais c’est toi qui a choisi d’étudier dans un domaine qui fait pas de cash, il faut t’attendre à être endettée ». J’en ai marre parce que j’ai l’impression que nos visions sont irréconciliables. J’ai mal au cœur parce que j’ai l’impression de parler à des gens brainwashés au néolibéralisme et je cherche l’être humain, JUSTE L’ÊTRE HUMAIN.

J’ai toujours pensé que j’étais individualiste. Il m’apparaît tout à fait naturel qu’en voyant dans l’individu une valeur suprême, cette valeur suprême je la vois partout et en chacun de nous. C’est précisément ce qui déclenche ma colère, je veux dire, lorsque certaines personnes sont brimées et ne peuvent pas exprimer cette individualité. J’aime la différence et l’absence de consensus. Et dans cet individualisme qui m’habite, le bien collectif « FAIT » l’individu, je veux dire, on est rien sans les autres crisse! Pour que tu puisses aller travailler, y’a combien de gens qui travaillent pour toi (épicerie, essence, vêtements etc.)?

Now don’t tell me you did it ALL by yourself!!!!

L’individualiste qui ne voit pas à quel point sa vie dépend des autres est foutrement inconscient!

Love love love (et colère, PARCE QUE  ÇA VA AVEC)

Je suis peut-être naïve, mais il me semble qu’il suffit de se brancher sur notre amour de l’autre pour en arriver à cette posture. Cela est une tendance humaine que je croyais naturelle. Tout ce qui m’amène ailleurs, ailleurs qu’à l’amour de l’autre, peu importe les arguments convaincants pis les calculatrices, ça ne tient pas la route : ce n’est pas groundé! C’est pas compliqué tabarnak, la sensibilité à l’autre! Pis c’est loin d’être idéaliste, je veux dire, plus groundé que ça, ça existe même pas! Les idéalistes, ce sont les néo-libéraux. Let’s face it once and for all :  de manière pragmatique, à long terme comme à court terme, ça marche pas pantoute leur affaire.

On est forcément en crisse quand on AIME dans cette société de marde!

Trop humain

Vendredi, mai 11th, 2012

Quand je pense à lui, je veux dire, quand son image s’introduit dans mes pensées, je deviens tellement écœurée que c’est toute l’espèce humaine qui me donne envie de vomir. Ça a l’air débile, mais quand l’espèce humaine prend le bord, je ne peux juste pas pleurer pour moi-même, parce que je fais malheureusement partie de la tribu. Je dois sonner un peu primitive lorsque j’affirme que, de la même manière que “quand un membre de la tribu saigne, c’est le sang de la tribu qui coule”, quand un homme viole, c’est la nature humaine au complet qui viole.

Dans ce temps-là, la seule manière d’y arriver, je veux dire, de pleurer, c’est de penser à un animal domestique, genre, à un oiseau dans une cage :

crisse, il a des AILES!

J’ai toujours eu un amour profond pour les animaux, à ma manière. Je ne supporte pas les animaux domestiques, ils me font peur, parce que l’expression « animal domestique » est un oxymore qui ne devrait pas être une réalité. Tout ce qui est castré ou dégriffé (les deux pires tortures pour un être humain, soit dit en passant) et tout ce qui est enfermé ou assujetti à un être humain d’une quelconque manière, ça me donne mal au coeur. Je me dis qu’on va finir par payer pour tout ce qui est comme rendu « normal » de faire subir à un animal au nom d’un amour humain.

Récemment, une fille sur Facebook a mis un lien vers l’histoire d’une chimpanzé utilisée comme prostitué dans un quartier d’une ville chinoise. On la rasait partout puis elle se faisait violer par des caves tous les jours. En regardant la vidéo, j’ai commencé à pleurer parce que j’arrivais enfin à m’identifier, en tant qu’humaine, à l’innocence, celle d’un animal qui se fait violer. Mais ça n’a pas duré longtemps, je veux dire, l’innocence.  J’ai pleuré beaucoup plus longuement en m’identifiant carrément et plus largement à la nature animale, je veux dire à la wildness et à la liberté de l’enfant que j’étais, ainsi qu’à la souffrance humaine reliée au fait de perdre contact avec celle-ci.

Tout ça au nom d’un amour humain, trop humain (parce qu’il me dit qu’il m’aime et m’a toujours aimée) qui ne peut résister à des ostie de pulsions de domestication :

crisse, j’avais des AILES!

Ostie de gang de pas d’classe!

Mardi, mai 8th, 2012

HEY LES BOYS, vous faites encore des short cuts de MARDE  : la LIBERTÉ D’EXPRESSION en ce qui a trait à la GRATUITÉ SCOLAIRE n’a rien à voir avec la GRATUITÉ VERBALE. Moi aussi, ce que dit Line me fait chier, mais si vous lâchez pas les références à sa sexualité, genre, les “salope”, “plotte” et “pute”, mes chums de filles vont vous casser les

*chacun ses priorités

Je suis tellement, mais tellement

Mercredi, avril 18th, 2012

Mouchette #2 (Suivez-moi en secret)

Samedi, avril 14th, 2012

*Mouchette propose sur son site que l’on me suive en secret pour que je puisse continuer de dévoiler mon secret. Comme j’aurais aimé avoir une amie virtuelle comme Mouchette, lorsque j’étais petite.

N’importe où sauf ici

Samedi, avril 14th, 2012

(Quand j’écris avec des images, et c’est là l’avantage, je peux mettre ma vie entre parenthèses en-dessous. La première fois que je suis partie d’ici, je suis revenue presque un an et demi plus tard : Sainte-Lucie pour trois mois, New-York pour douze mois, puis Saint-Lucie encore deux mois et la France pour deux mois. Quand je suis revenue, on avait rendu Claudine malade. Je n’avais qu’une idée en tête : repartir. Chaque année, selon le montant amassé durant l’année, je partais au moins un mois et demi quelque part. N’importe où sauf ici, c’était plus sûr. Seule, c’était plus sûr aussi. J’étais moins habitée par un désir de découverte que par celui d’être en constant mouvement. Je voulais que mon corps, ce lieu dangereux et insoutenable, devienne enfin ma maison. À Montréal, j’ai encore du mal à marcher seule le soir, alors qu’au centre d’un pays du Moyen-Orient, là où les femmes ressemblent à des ombres chinoises, en plein milieu de la nuit, je m’en fiche. Je me suis retrouvée dans le milieu d’un champ, avec deux hommes débiles, à 15 km de la ville et je m’en foutais : j’ai couru jusqu’à l’auberge où on dort sur des tapis dans des grottes, jusqu’à la “maison”. Quand on peut s’enfuir en courant jusqu’à un endroit sûr, rien n’est vraiment effrayant. À 8 ans, je ne pouvais pas m’enfuir en courant vers un endroit sûr, alors je quittais mon corps. Je suis enfin de retour : s’tie que ça fait mal! Je vous raconte ça avec une envie folle de quitter Montréal et des screenshots d’une petite vidéo -saisie en Californie- que j’ai modifiés dans Photoshop avant de les rassembler pour former ce gif animé.)

Comment

Mercredi, avril 11th, 2012

COMMENT ça se fait que PERSONNE ne s’est aperçu de rien? Comment ça se fait crisse qu’il y a eu personne pour nous protéger, Claudine pis moi? Il y avait PLEIN DE MONDE autour de nous! TOUJOURS PLEIN DE MONDE AUTOUR DE LUI! Pourquoi personne n’a rien vu? Comment ça se fait que les symptômes post-traumatiques de Claudine ont été traités comme une maladie mentale non identifiée, un ostie de traitement qui n’a fait qu’empirer les choses et détruire sa vie? Comment ça se fait qu’il s’est fermé la gueule tout ce temps-là, alors que Claudine était au bord du gouffre? Comment il a pu fermer sa gueule lorsque, à 10 ans, j’avais des ulcères d’estomac pis un plan de suicide dans ma couverture? Comment ça se fait que tout le monde s’est mis à me reprocher d’être une petite fille froide, peu souriante et désagréable? Comment ça se fait qu’ils n’ont pas cherché plus loin?

Comment ça se fait qu’il a tout fait pour nous séparer et qu’il a réussi, durant plusieurs années? Patty + Claudine = vérité

ark

Lundi, avril 9th, 2012

J’écris longuement tous les jours, tous les soirs et parfois même la nuit dans mes cahiers lignés. J’en ai acheté une douzaine au Renaud-Bray depuis un mois. Je les mets à la récupération lorsqu’ils sont remplis en me disant que mes histoires de viols seront peut-être un jour recyclées en quelque chose d’aussi banale que des sacs d’épicerie en carton. J’écris les détails, les bruits, les sensations au fur et à la mesure qu’ils me reviennent pour éviter qu’ils restent emprisonnés dans mon corps. La pire douleur vient de cette idée que mon corps, dont je quittais momentanément l’enveloppe durant les agressions, aurait pu éprouver du plaisir par pur réflexe biologique.

J’écris les jambes tellement serrées l’une contre l’autre que je me fais mal.

Je viens de me souvenir qu’étant adolescente, durant mes nuits d’insomnie, j’avais cette image tellement réaliste qu’un couteau émergeait du plafond de ma chambre et se dirigeait tout droit vers mes organes génitaux. C’était à chaque fois une véritable lutte contre la lame tranchante. La lutte infernale commençait lorsque la lame se trouvait à un millimètre de mes organes et que ceux-ci réagissaient bien réellement par une tension incroyablement souffrante : INSOUTENABLE. Cette sensation de lutter contre une douleur physique et mentale imminente, sur laquelle je savais que je n’avais aucun pouvoir, était tout simplement atroce. Maintenant, je sais d’où elle vient, je connais sa réalité.

Mouchette #1 (I Won’t Hide Anymore)

Dimanche, avril 8th, 2012

*Mouchette m’a trouvée sur le Web et m’a mise sur son site.

It’s My Turn To Live (drawing is healing #9)

Mardi, avril 3rd, 2012

(Ce soir, en attendant que le poulet cuise, hum, doux quotidien…Quand je dessine, je n’essaie pas de représenter mon apparence, mais une émotion intense. Je me sentais comme obligée de le dire avec ce dessin/peinture, je veux dire, j’ai quand même pas l’air de ça, ça se passe à l’intérieur! Bon, c’est pas plus rassurant ma petite justification. Anyway : crayons de bois prismacolor, crayons feutres, acrylique et la peur de ne pas retrouver ma vie.)