Trop humain

Vendredi, mai 11th, 2012

Quand je pense à lui, je veux dire, quand son image s’introduit dans mes pensées, je deviens tellement écœurée que c’est toute l’espèce humaine qui me donne envie de vomir. Ça a l’air débile, mais quand l’espèce humaine prend le bord, je ne peux juste pas pleurer pour moi-même, parce que je fais malheureusement partie de la tribu. Je dois sonner un peu primitive lorsque j’affirme que, de la même manière que "quand un membre de la tribu saigne, c’est le sang de la tribu qui coule", quand un homme viole, c’est la nature humaine au complet qui viole.

Dans ce temps-là, la seule manière d’y arriver, je veux dire, de pleurer, c’est de penser à un animal domestique, genre, à un oiseau dans une cage :

crisse, il a des AILES!

J’ai toujours eu un amour profond pour les animaux, à ma manière. Je ne supporte pas les animaux domestiques, ils me font peur, parce que l’expression « animal domestique » est un oxymore qui ne devrait pas être une réalité. Tout ce qui est castré ou dégriffé (les deux pires tortures pour un être humain, soit dit en passant) et tout ce qui est enfermé ou assujetti à un être humain d’une quelconque manière, ça me donne mal au coeur. Je me dis qu’on va finir par payer pour tout ce qui est comme rendu « normal » de faire subir à un animal au nom d’un amour humain.

Récemment, une fille sur Facebook a mis un lien vers l’histoire d’une chimpanzé utilisée comme prostitué dans un quartier d’une ville chinoise. On la rasait partout puis elle se faisait violer par des caves tous les jours. En regardant la vidéo, j’ai commencé à pleurer parce que j’arrivais enfin à m’identifier, en tant qu’humaine, à l’innocence, celle d’un animal qui se fait violer. Mais ça n’a pas duré longtemps, je veux dire, l’innocence.  J’ai pleuré beaucoup plus longuement en m’identifiant carrément et plus largement à la nature animale, je veux dire à la wildness et à la liberté de l’enfant que j’étais, ainsi qu’à la souffrance humaine reliée au fait de perdre contact avec celle-ci.

Tout ça au nom d’un amour humain, trop humain (parce qu’il me dit qu’il m’aime et m’a toujours aimée) qui ne peut résister à des ostie de pulsions de domestication :

crisse, j’avais des AILES!

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2 commentaires sur “Trop humain

  1. Jane dit :

    Awww, en lisant ton texte, je me vois… c’est vrai, on est wild and free puis soudain on se sens enchaînées, torturé, écraser… on nous a brisé les pattes pour ne plus courir, on nous a brisé les ailes pour ne plus voler…
    Mais ces manipulateurs qui disaient nous aimer parce que ce n’était pas nécessairement violent… une belle image tordu de l’amour qu’ils nous on enfouis dans le coeur et dans la tête… ça me dégoûte quand j’y pense… parce que l’amour c’est pas ça.. c’est leurs pulsions qu’ils assouvissent… leurs perversions… rien à voir avec l’amour..

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