D’une colère consciencieuse

Jeudi, avril 26th, 2012

Quand la maîtresse d’école tape sur les doigts des étudiants en colère avec sa règle trop petite pour mesurer l’ampleur de la bêtise humaine, c’est papa suprême qui a le dernier mot : « calmons-nous tous ».

On appelle au calme! C’est bien noble, mais le calme, l’absence d’agitation et de mouvement, ne change pas les comportements abusifs. Le calme ne protège malheureusement personne contre ceux-ci (des gens calmes se sont faits matraquer hier). Pas besoin de lire un essai de psychopop sur le sujet pour le savoir, je veux dire, on en a eu la preuve dès les premières semaines de grève! Le Dalaï Lhama médite pour sauver le monde, mais il n’a pourtant réussi qu’à sauver sa peau, laissant ainsi son peuple s’éteindre peu à peu dans une violence extrême. Le calme, dans des situations abusives, est une réaction causée par la peur pour sauver sa peau. Or, le fruit des actions générées par la peur ne voit jamais le jour.

Je ne crois pas au calme dans des situations abusives.

On appelle à la raison, mais, encore une fois, on ne change pas le coeur des gens avec le raisonnable. Les gens qui ont des comportements abusifs construisent des logiques implacables, font des mathématiques qu’eux seuls maîtrisent, pour justifier les abus. Tout est fucking justifiable avec la raison qui, en plus, est une invitation à réfuter. La raison est une patch de dernier recours pour sensibiliser les gens insensibles à une cause humaine, profonde, essentielle. La plupart du temps, la raison échoue.

Je ne crois pas à la raison dans des situations abusives.

On appelle jamais à la conscience, crisse! Une "colère consciencieuse" n’est pas un oxymore, c’est ce que l’on peut observer depuis 11 semaines chez les étudiants québécois. La colère fait partie de tout processus de changement, on ne peut l’éviter et ce n’est pas la colère qui engendre la violence « dangereuse » et improductive! C’est le manque de conscience! Une large part de cette conscience, de cette perception critique que l’on peut avoir de nous-mêmes et de notre environnement, passe par l’éducation.

Les manifestations contre la hausse des frais de scolarité sont des appels à la conscience humaine. Elles mettent de l’avant l’importance que le développement perpétuel et la non marchandisation de cette conscience jouent dans toute société démocratique. Ce sont des appels qui sont dirigés autant vers les acteurs du gouvernement, du corps policiers que des manifestions (casseurs) qui ne semblent pas en faire preuve. On sait trop bien que c’est ce manque de conscience qui génère le mépris dont sont victimes les étudiants à l’heure actuelle. Ce mépris attise à son tour la colère des étudiants, c’est bien naturel! Car c’est contre les racines même de ce mépris qu’ils manifestent, d’une colère toute consciencieuse.

Alors demandez n’importe quoi, mais ne demandez pas aux étudiants de se calmer for christ sakes!

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