Archive pour octobre, 2011

Long Stretches of Nothing : A Garbage Patch

Jeudi, octobre 20th, 2011

I just spoke to Laura. I feel bad. Maybe if I’d totally collapsed instead of having a little breakdown, people would excuse this indomitable wildness of mine. Some people only respect my needs when I’m dispirited. Otherwise, it’s just a matter of time before they tear me down.

Laura makes me feel guilty for turning my back on stuff right now. On her, on them…on myself.

“Weak”

You’re probably wondering why I’m telling you this in the Californian language. English is the easiest way to my mournful heart. It always been. French is for my goofy heart. It always been.

Double.

Freesurfing on whatever language is good for the moment. Freestyling on whatever tone is good for the mood.

Triple.

Libre como el aire.

A free bird

California went bankrupt by the way. Just as its marvelous birds. They hang around, but they can’t really fly anymore.

I keep wondering why I’ve built such an enclosing territory for myself. I don’t really want to be alone. I just need time. Temporal length to close my eyes. A little eternity to wipe them. Long stretches of nothing for my body’s ticking clock to go forward by itself again.

Who’s body is it, anyway?

Two people longing for the same breast. And I’m learning to shift : 

Feeding him, making love, feeding him, making love, feeding him…

(where am I?)

I hang around, but I can’t really fly anymore.

I wish I lived alone on the Pacific Ocean.  A deserted island in the middle of 165.2 million square kilometers of salty water. Actually, a wrecked raft would be awesome right now. But I’m scared of waves. Mind waves. I’m scared that they’d take away from me what I genuinely dig in this world : love and music. Sometimes waves draw things into the ocean’s womb. Thereby, they sink in a curl, dovetailing with the shit that people throw away by overweening impulses.

 

Overweening impulses hidden behind an

ABSOLUTE IMPETUS.

Have you heard about the Great Pacific Garbage Patch?


A Plastic Ocean. A whirlpool made of garbage. A turmoil carrying all the crap tossed abroad by people. They do it without thinking of anything else then catapulting their own crap away from themselves. They don’t care where it goes. They believe in a “beyond” or something. CAN YOU IMAGINE? Tons and tons of garbage turning on themselves indefinitely. And the loop gets greater and greater every day. And it comes back. A trash vortex going back an forth :

The shore, the womb, the shore, the womb, the shore…

  (I am…)

Hear me sing please :

People throw shit. Other people dig it up. World goes bankrupt. Fish die. Birds stop flying over. Some people wake up. They try to go back in the womb. Chanting for a new life to emerge.

 

They hang around. But they can’t really fly anymore.

 (I’m done singing)

The shore, the womb, the shore, the womb. Feeding, making love, feeding, making love, feeding..

Wouldn’t you be scared of light in such a turmoil? I believe this is how eyesight becomes one’s phobia.

I feel happy though. (I guess honesty has something to do with it…)

Dans ta tête (un exercice d’empathie) :: 4

Mercredi, octobre 19th, 2011

Après le baiser du café de l’Excentris, je vivais dans un monde parallèle avec Patty au travail. Ce monde-là, il existait par à-coups le temps d’un clin d’œil, d’un sourire ou d’un regard. Anna avait remarqué quelques tisons dans mes yeux et se les était appropriés. Et pis le feu a pogné dan’ grange, comme on dit. Anna s’était mise à se la jouer solide avec Patty. De son côté, Patty semblait complètement ignifuge. Elle me donnait l’impression d’avoir l’habitude avec les volcans. Anna, c’était comme un petit feu de camp tranquille pour elle.

Je m’étais quand même mis à les  imaginer en train de se bûcher dans la toilette des filles, Patty tirant violemment la tignasse grise d’Anna en la traitant de vieille folle. Ça m’amusait, finalement.

La guerre avait toutefois pris une autre tournure. Anna avait commencé à me dévoiler des bouts de seins en catimini en passant devant mon cubicule. Elle savait trop bien qu’elle n’avait qu’à me montrer quelques vergetures pour que tout s’effondre autour de moi. Elle avait ce pouvoir-là sur moi, Anna.

Il faut dire que la rareté et l’attente avaient fini par me rendre fou d’elle. Mais j’avais besoin d’aller au bout du monde parallèle avec Patty pour revenir serein dans le lit d’Anna, à côté du ourlet qu’elle faisait dans son drap pour se protéger de moi.

A Short Stretch of Nothing : the Thing

Dimanche, octobre 16th, 2011

He did it just for fun. He thought she would find it funny. She would come at around 9 pm, as usual. She would knock at his door and he would open it. She would laugh out loud for at least half an hour. They would fuck all night, still laughing about the thing.

But she came a little earlier. She was nervous, she didn’t even see the thing. She left him. She didn’t want to be in this relationship anymore. He felt like a loser. Twice a loser because of the thing he had created on his face to make her laugh. You can’t be sad and have a funny mustache. It’s kind of awkward.

Dans ta tête (un exercice d’empathie) :: 3

Jeudi, octobre 13th, 2011

Patty avait vite compris que ce n’était pas vraiment fini, entre Anna et moi. Elle refusait pourtant catégoriquement le statut de relation éponge. Elle avait décidé qu’elle serait spéciale, coûte que coûte, même si ça supposait d’être spécialement pathétique.

Elle m’avait embrassé passionnément au café de l’Excentris, dès notre première sortie. Elle portait son manteau de cuir noir ajusté et des skinny jeans avec des bottes de cowboy. Je la trouvais tellement sexy ce soir-là et je lui avais dit. C’était le genre de fille à qui tu pouvais dire n’importe quoi une fois qu’elle t’avait regardé avec complicité.

Elle avait saisi le collet de ma chemise avec ses petits doigts un peu froids. Elle m’avait regardé droit dans les yeux, jusqu’à ce que je devienne mal à l’aise. Je me tortillais nerveusement sur le banc du bar. J’étais à moitié assis et un peu en déséquilibre. On aurait dit que ça l’amusait. Puis elle s’était approchée jusqu’à ce que nous respirions littéralement le même air. Elle avait ensuite collé ses lèvres sur les miennes en faisant remonter délicatement sa main sur ma nuque. Je ne savais pas trop comment son autre main était arrivée dans mon dos, sous ma chemise.

À ce moment-là, je lui avais reconnu toute l’intensité d’un authentique tempérament bouillant. Ça ne semblait pas être quelque chose qu’elle arrivait à maîtriser, en général, dans la vie. J’aurais dû m’en méfier.

Ça avait duré longtemps, il me semble. C’était doux et hyper violent en même temps. C’était comme si elle avait voulu me démontrer de l’affection et de la haine en même temps. Il y avait tellement de courant électrique dans ce baiser là que, à bout de souffle et les yeux plein de désir, je lui avais demandé :

-veux-tu venir coucher chez moi?

Elle m’avait répondu : « t’es-tu malade crisse? »

Dans ta tête (un exercice d’empathie) :: 2

Dimanche, octobre 9th, 2011

On travaillait tous pour la même boîte, moi, Anna et Patty. Je me disais que c’était risqué de fréquenter Patty, mais qu’en même temps, si Anna pouvait être un peu jalouse, elle arrêterait peut-être définitivement de me lire la page trente neuf de son vieux magazine. Peut-être même qu’elle se laisserait tenter par ce qui se passait de l’autre côté de la reliure, page quarante, et qu’elle enfilerait ce que la fille de l’annonce de Loréal portait.

Cette journée-là, j’avais demandé à Patty comment s’était passé son cours, car je savais qu’elle revenait de l’université. Elle avait l’air tellement contente d’avoir trouvé un exutoire! Elle s’est mise à argumenter sur l’impertinence des jugements de valeur dans les cours d’université. Elle s’indignait contre un étudiant qui disait toujours son opinion « comme si ça importait les autres, crisse ». On dirait qu’elle se débattait, alors que je ne la contredisais même pas. Je ne faisais que lui sourire en essayant subtilement de deviner quelques formes dans sa robe à col roulé et ses leggings. C’était plus un réflexe qu’une véritable recherche. Puis, sous le poids de mon regard pas si subtil que ça finalement, j’ai compris qu’elle se disputait la place avec ses propres jambes, ses propres seins et ses propres fesses. C’est là que je me suis mis à bander car je savais que je l’aurais très facilement.

-Tu as bien raison, une fille intelligente comme toi n’a pas de temps à perdre avec les jugements de valeur des autres.

Il n’y a rien de plus efficace que de flatter l’intelligence d’une femme pour qui c’est important, justement, l’intelligence. Quand on sait ce genre de choses, les femmes intelligentes sont pas mal plus faciles que les femmes stupides. C’est la stupidité, au bout du compte, qui rend les femmes imprévisibles.

Dans ta tête (un exercice d’empathie) :: 1

Jeudi, octobre 6th, 2011

Je fréquentais une femme qui avait presque deux fois mon âge dans ce temps-là. On passait notre temps à s’aimer et à s’haïr. On prenait des pauses environ à chaque trois mois pendant un mois, en s’assurant de passer Noël, l’Halloween et la Saint-Valentin ensemble.  Pâques, c’était pas grave.

Elle avait deux enfants d’un mari précédent et moi, j’avais deux testicules bien à moi. Tout ce beau monde-là ensemble, c’était pas toujours compatible. D’autant plus qu’il fallait toujours une bonne raison à Anna pour faire l’amour et que l’envie, c’était pas raisonnable. À chaque fois que je lui proposais, elle me sortait un vieux magazine de femmes dans lequel elle avait pris soin d’insérer un échantillon de parfum. C’était pas parce que je puais, c’était simplement pour pouvoir me lire la statistique de la page trente neuf à côté de la pub de Loréal.

-Regarde Mathieu, ils le disent ici : le sexe, c’est 10% d’un couple.

Quand on prenait des pauses, je me trouvais toujours une fille de mon âge ou plus jeune, question de me remettre sur le piton avant de retrouver Anna pour un autre trimestre. Comme tout bon intello, je croyais que plus les trimestres étaient pénibles, meilleures seraient les pauses.

Quand j’étais pas avec Anna, j’avais juste envie de baiser sans détour, sans rituel, sans lubrifiant pendant une couple de semaines. C’est pendant une de ces pauses-là que j’ai décidé de travailler sur le cas de ma collègue Patty.

Un set de granges étranges (Partie 4)

Lundi, octobre 3rd, 2011




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